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I left my heart in Dinant, Belgium (sur un air connu)

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Jean-Marc a raison quand il dit que ma tête est ailleurs en ce moment, à des milliers de kilomètres d’ici, dans des souvenirs qui me nourrissent. Dans des images auxquelles j’ai parfois peur de trop m’accrocher, même si je sais que sans elles, sans la pensée que je retrouverai la Belgique l’an prochain, je serais sûrement moins vivante. Oui, bien entendu, je serais fonctionnelle. J’irais travailler, je ferais ce que j’ai à faire, je me poserais moins de questions. Mais surtout, je rêverais moins. Enfin, je crois. Mais peut-être aussi rêverais-je à autre destination que la Belgique. Or, c’est à la Belgique que je rêve. À mes amis belges qu’il me tarde de revoir ou de connaître enfin. À des paysages et des villes. À des promenades et au partage.

Et alors que je me faisais une telle joie il y a encore quelques mois de repartir, tout cela bien avant que ma vie change du tout au tout, c’est maintenant, depuis quelques jours, que je réalise encore plus le manque. Je ne suis pas en cette minute là où mon cœur est.

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Car il est là-haut, à la citadelle de Dinant, depuis un an. Non pas parce que c’est là, fort probablement, que je suis tombée amoureuse, car ce n’est que plus tard que je ne l’ai compris. Mais pour ce sentiment de plénitude qui m’avait envahie.

Il y a, dans mon parcours, de nombreux instants où j’ai vécu ce sentiment. Ici ou ailleurs, seule ou pas, devant une toile ou un paysage, en pleine session d’écriture ou en parcourant les mots des autres, en savourant un plat ou en humant des parfums. Oui, ils sont nombreux ces moments où j’ai ressenti cette sorte de plénitude. Mais aucun de ces moments de grande sérénité, de bonheur et de paix avec moi-même, ne ressemble à aucun autre. Chacun d’eux a sa couleur. Et Dinant sera à jamais un des plus marquants.

Le chignon fou de Mimi

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Michelle aime ce qu’elle fait et je la laisse faire. Lisser mes cheveux avec le fer, si l’envie lui prend; déplacer la raie si c’est son humeur du jour; couper ça et là pour donner du « bouffant »; ou alors, comme aujourd’hui la laisser me monter les cheveux sur le dessus de la tête pour que tombent çà et là des bouclettes.

Je ne m’occupe pas beaucoup de mes cheveux. Sauf depuis février. Enfin, disons que je les brosse et les remarque plus. Parce que, pour la première fois depuis dix ans, je retrouve une complicité avec une coiffeuse. Et qu’à cause de cette confiance je laisse ma tête entre ses mains. Je ne lui pas quoi faire: c’est son métier.

Et moi, je m’amuse devant la glace à regarder ma tête de star qui libère ma nuque alors qu’il fait si chaud. Ça tombe pile ce chignon désordonné. Qui, défait, va me faire encore une autre tête. Vraiment, cette Mimi, elle sait y faire avec moi.

Rêver pour effacer la distance

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J’aime repenser à Bruges. J’aime revoir une à une les photos de cette journée mémorable en compagnie de Nathalie. Et c’est ce que je fais ce soir, alors qu’un an tout juste a filé depuis. Je revois nos visages de gamines émerveillées et ils sont aussi beaux que l’architecture de cette ville.

Nath et moi rêvions de Bruges depuis si longtemps qu’il nous fallait la voir ensemble. Et si l’amitié était née depuis quelque temps, c’est là qu’elle a été scellée. Peut-être à la minute où je l’ai poussée à acheter ce collier qui lui faisait envie. Ou avant, dans une de ces rues qui nous laissaient béates. Ou parce que ce jour-là les longs trajets en train nous ont donné l’occasion de faire le tour de nos vies.

Nath me manque beaucoup ce soir. Il y a tellement de moments qu’on ne peut pas partager à distance. Des conversations qui n’ont pas lieu. Des rires complices qu’on imagine devant une scène qui se déploie sous nos yeux. Oui, ce soir, je voudrais être à Bruges avec Nath à étirer le plus possible cette journée comme il y a un an. Ou même ailleurs, sur les marches de l’escalier de la gare de Bruxelles, devant une glace à Esneux, les pieds dans l’eau à Hamoir, devant un café chez elle ou à boire une bière à Ciney.

Quand nous nous retrouverons, deux ans ou presque auront passé. L’amitié sera-t-elle intacte ? La plupart du temps je suis sûre que oui. Mais il m’arrive de douter, de penser que cela va s’effriter. Alors, je pense à Bruges, à notre Bruges, et je sais que la vie nous réunira encore. Il y a trop de paysages qui nous attendent.

Quand les livres et les mots suffisent

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Rien ne peut déranger la lectrice. Ni une musique, ni quelqu’un qui entrerait dans la pièce. Elle est dans son monde, le seul où elle soit vraiment bien, le seul qui lui apporte ce dont la vie l’a souvent privée. Enfin, j’imagine. Je ne sais pas l’histoire de chacune. Je regarde les lectrices une à une et je leur invente une vie, mais curieusement l’idée de la solitude revient chaque fois comme une évidence.

Dans la plupart des toiles, les lectrices sont seules avec pour tout univers un seul objet: un livre. Lui seul a droit à un regard qui ne se lasse pas, à une attention soutenue, à une passion quasi dévorante. Le livre reçoit peut-être ce que la lectrice n’est en mesure de donner à quiconque.

Ce n’est pas une vérité, mais juste une impression qui se détache de cette toile de Henry Lamb comme de bien d’autres. L’impression que les livres ont un pouvoir sur certaines femmes, un tel pouvoir que ceux-ci peuvent remplacer – parfois, pas dans tous les cas – les hommes, les histoires sentimentales qui défilent, semblables et sans intérêt, les rencontres où entre en jeu la séduction. Mais je me trompe peut-être, ou pas. Ou alors je parle de moi, toujours et encore. Moi qui ai choisi les livres et les mots. Moi qui ai mis une croix ce qui est autre chose que l’amitié et qui y arrive très bien. Sans souffrir de ce manque dont on me parle.

Les livres et l’écriture m’ont toujours apporté davantage que l’amour, et les moments de solitude plus que les soirées à deux. C’est triste, me disent certains, que je sois rendue aussi rébarbative. Et pourtant, ce supposé vide dont on me parle est rempli et nullement triste. Je n’ai rien à défendre, rien à vendre et je ne veux convaincre personne.

Je suis dans mon monde comme est la lectrice de Lamb dans le sien. Et sûrement aussi bien qu’elle semble l’être.

Plouf!

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Combien d’heures ai-je pu passer dans la piscine chez mes parents ? C’est cette question que je me posais tout à l’heure alors qu’une fois de plus j’y nageais. Des heures, tellement d’heures que je ne saurais les compter. Des étés entiers, ai-je envie de dire. Natation et lecture constituaient l’essentiel des vacances. J’avais dix ans, douze ans, quatorze, plus encore.

Je me rappelle des bains de minuit avec ma sœur. Trempette pour évacuer la chaleur et dodo avec le maillot trempé sur soi en espérant conserver ainsi assez de fraîcheur pour ne pas tout réveiller tout de suite. Je me rappelle aussi des pièces de monnaie qu’on lançait à tour de rôle et qu’il fallait trouver. Et je me souviens du ballon multicolore qu’on lançait à l’un ou à l’autre, surtout à celui qui ne s’y attendait pas, en prenant bien soin qu’il procède à un amerrissage qui éclabousse bien.

Il y a tant de souvenirs reliés à cette piscine. Tant d’heures à m’y amuser et à rêver.
Le bonheur, c’est aussi parfois juste un plouf.

Un peu de mon décor

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Quand je lève les yeux de mon écran et que je regarde le mur juste au-dessus d’une des bibliothèques, c’est cette aquarelle de Steve Hanks que je vois. Non pas encadrée ainsi, mais un laminage. Il y a sept ans qu’il est accroché là, immuable. Avant ça, il a été un an sur un autre mur, mais je n’arrive pas à visualiser lequel dans cet appartement où je n’ai fait qu’un bref séjour. Et encore avant, je crois bien qu’il a tenu sept ou huit ans au-dessus de la table de travail.

Je ne suis pas très changeante. J’installe et je n’en change pratiquement plus. Une reproduction comme une toile, un objet comme l’intérieur des armoires et des placards. Je mets longtemps à choisir et je fais en sorte de ne pas me lasser de ce qui va me tenir lieu de décor. L’aquarelle de Steven Hanks n’échappe pas à cette règle. Je l’ai choisie parce que je savais qu’elle me plairait très longtemps.

J’aime, il va sans dire, les livres alignés. Mais aussi la lumière qui se glisse en douce et dont les chats profitent. C’est tout simple, je sais. Et de plus, très réaliste.

Je peux aimer le surréalisme de Magritte, l’imaginaire de Klee, des toiles impressionnistes de Monet de Renoir, certaines peintures naïves et d’autres plus réalistes. J’ai toujours été éclectique tant en peinture qu’en littérature, en cinéma ou en musique. Je me vois mal changer et me cantonner à des époques ou des genres.

Je regarde l’aquarelle et quelque quinze ans après l’avoir choisie, je la trouve toujours aussi lumineuse. Et même si elle est là, dans mon champ de vision, quotidiennement, je la regarde encore, je ne fais pas que la voir en la sachant là.

Un des plaisirs de l’été s’appelle melon d’eau

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À défaut de me retrouver dans la foule en ce dernier soir du festival de jazz où je ne suis pas allée, un événement qui fait sûrement partie des plaisirs de l’été, j’ai mangé du melon d’eau. Et ça, c’est bel et bien un des plaisirs incontestables et incontestés de la saison estivale. Certains disent que la pastèque n’a pas de goût. J’imagine que certaines sont plus savoureuses que d’autres.

Je suis chaque fois heureuse de les apparaître. Parce qu’autant j’aime le goût, autant j’aime lancer les pépins dans un bol comme quand j’étais gamine. Comme si cela faisait partie du plaisir. Et ce soir, qu’il était délectable ce melon d’eau savouré en écoutant la musique des guitares de Paco de Lucia et Manitas de Plata que Ric m’a envoyée tout à l’heure. Tout s’additionnait pour faire une fois de plus de cette soirée un beau moment.

Il reste sur mes lèvres un goût d’été, un goût de pastèque juteuse et de bonheur.

La lectrice de partitions

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Les lectrices ont très souvent des profils intéressants et une nuque invitante où le regard se pose. Celle de William Franklin n’échappe pas à ces faits, mais elle se démarque pour un détail bien précis. Ce ne sont pas sur des mots que se fixent les yeux de la lectrice, mais sur des notes. Un cours de solfège ? Une partition musicale pour un instrument ou un solo qu’elle devra chanter ? Tout est possible, il va de soi. À chacun de choisir.

Pour ma part, j’y vois comme toujours une partie de moi-même. J’y vois un prélude de Chopin que je travaillais au piano ou bien quelque chose que je devrais chanter au spectacle de fin d’année avec les autres sans me laisser déranger et en ne perdant pas de vue que j’étais soprano.

La lectrice de romans, d’essais, de guides touristiques, de poèmes et de théâtre, que je suis, a jadis été aussi une lectrice de partitions. Mais je crois bien que j’étais nettement moins concentrée que la demoiselle de la toile de William Franklin !

La guitare sensuelle de Vicente Amigo

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Il a le regard et la crinière sombres de certains Espagnols. Mais c’est quand il tient sa guitare entre ses bras que se dégage de lui sa véritable sensualité. Celle du flamenco qui sait faire bouger des hanches et des épaules celles qui ne s’adonnent pas à cet art.

À l’instar de son maître, Paco de Lucia, avec qui il a eu l’occasion de partager la scène et de jouer sur disque, Vicente Amigo possède une maîtrise sûre de son instrument, son double, la prolongation de ses bras. Celui qui, de plus, a accompagné Sting sur Send your love, est un grand musicien.

C’est avec sa musique que je passe la soirée et que je danse sur ma chaise.
Et il fait bon l’Espagne. Ne manque que la sangria pour un tableau parfait.

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Vous avez dit mammatus ?

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C’est fou ce qu’on peut apprendre en ne sortant même pas de chez soi !
Un courriel de Denise, celui-ci accompagné de photos de mammatus, et j’étais plongée dans l’étude de ces nuages qui ressemblent à de la ouate.

Étonnamment, ils n’annoncent pas de tornade, mais peuvent être précurseurs d’orages.
Car…
Ces nuages rares se produisent souvent pendant des événements météorologiques intenses. Le mammatus se forme souvent au-dessous des cumulonimbus lorsque l’air frais et humide descend dans un environnement plus chaud. Ces nuages peuvent vous sembler étranges mais ils sont inoffensifs. Le danger vient en général des orages qui les accompagnent.
Les mammatus se forment au moment d’une forte perturbation dans l’atmosphère associée avec des poches d’air froid et humide qui se séparent du nuage principal. Ce mouvement vers le sol des protubérances continuera aussi longtemps que ces poches d’air resteront plus froides et humides que l’air environnant. Même si leur apparence peuvent être menaçante, ils sont peu «méchants» et ne sont ni des nuages en entonnoir ni des signes avant-coureurs de l’apparition d’une tornade.

Je crois que le ciel a encore beaucoup à m’apprendre !