Il te reste longtemps à vivre : ne fais que ce dont tu seras fier de te souvenir quand tu seras vieux. (Proverbe shinka)
*toile de Lila Cabot Perry
Il te reste longtemps à vivre : ne fais que ce dont tu seras fier de te souvenir quand tu seras vieux. (Proverbe shinka)
*toile de Lila Cabot Perry
Par toi la lumière atteint le midi,
sable qui se prolonge jusqu’à mes lèvres,
fil d’une terre ardente et empressée
d’où l’espace jaillit soudain plus intense.
C’est un geyser d’écume,
de lave interrompue,
de colombe incomplète
qui multiplie l’air en dimension de voix.
Tout est musique, note, diapason.
Et même les corps, dans le néant, résonnent.
Jaime Siles
(dans Les poètes de la Méditerranée)
*choix de la lectrice de Daniel Maidman
Je n’ai pas eu à lui dire à quel point ses remarques sont insipides, combien, en ce qui me concerne, tout ce qu’il dit tombe à plat, malgré les bouches béantes d’admiration qu’il semble susciter autour de lui. Il s’est éclipsé avant.
Je n’ai pas eu à lui montrer la porte en indiquant que je préférais les phrases de mes livres aux siennes truffées de clichés et de lieux communs empruntés aux émissions de télé ou de radio qu’il semble priser afin de se donner un peu de la culture qu’il n’a pas pour l’étaler sur les plages de son ignorance. Il ne m’adresse plus la parole.
Je n’ai pas eu à lui dire ses quatre vérités, qui seraient devenues dans la bouche de la plupart de ses admiratrices, car sa cour se constitue particulièrement de femmes, des méchancetés, contre lesquelles elles se seraient bien sûr élevées en me donnant tous les torts. Il change de trottoir pour ne pas me saluer.
Se rendre compte que je voyais clair dans son jeu, si tel est bien le cas, est la seule chose qui prouve qu’il n’est pas tout à fait bête. Quoique. Laissez-moi mes doutes.
*toile de Charles Kaufman
Le plus haut degré de la sagesse humaine est de savoir plier son caractère aux circonstances et se faire un intérieur calme en dépit des orages extérieurs. (Daniel Defoe)
*illustration de Laura Pelick
Éthique
J’arrive devant la mer, ses vagues,
les marées que septembre courrouce, les gris
et les bleus qui alternent avec d’étranges verts;
une voix traite de la folie, ou du regard vide
des poissons, ou d’un thème aussi desséché que les algues
à marée basse; un vent a parcouru la plage,
dans le silence du soir, restituant au corps des eaux
une unité ancienne. La mer, cependant, suppose
qu’on l’oublie. Dans ses profondeurs, dorment les images
que le sommeil ne conserve plus; des bras qui s’agrippent
aux mâts du naufrage. Un navire abstrait
est passé lentement sur l’horizon que le matin n’a pas vu,
pénétrant de l’autre côté de la terre, par instants
oublié par la musique des ports. Le poème, m’a-t-on dit,
a ignoré cette distraction : il a traversé
la limite de l’éternité, s’est vêtu de mots
nocturnes, a laissé la mort le contaminer.
En bord de mer, je ne m’aperçois de rien; et je le dis,
lentement, répétant à voix basse
toutes ses contradictions.
Nuno Júdice
(dans Les poètes de la Méditerranée)
*choix de la lectrice de GeriLou Smith
Bien sûr, ceux qui aiment vraiment les livres en achètent plus qu’ils ne pourront jamais en lire durant leur brève vie. Un bon livre posé sur une étagère, plein de majestueux potentiel, est le papier peint intellectuel le plus réconfortant qui soit. (David Quammen)
*toiles de John Frederick Peto
Ce qui reste
La mer où ton corps
reposait
comme si chaque vague édifiait
une grotte protectrice
est un champ relu Voilà ce qui reste
semblable au silence
Des corridors
me mènent à un autre temps parcourant
l’océan des lieux
Gastão Cruz
(dans Les poètes de la Méditerranée)
*choix de la lectrice de Joseph Lorusso
Voilà un moment que j’ai eu la chance de découvrir l’artiste Pierre Mornet, lequel a notamment peint des lecteurs. C’est donc avec bonheur qu’au hasard de mes promenades dans le rayon jeunesse de ma bibliothèque de quartier j’ai croisé le chemin d’un livre rouge intitulé Choses qui font peur.
Publié chez Autrement, un éditeur qui porte bien son nom, l’album signé Bruno Gilbert s’adresse à un public jeune. Mais pas aux plus petits, le sujet pouvant, à mon avis, les perturber. En effet, l’album dresse la liste de (presque) toutes les choses qui font peur, de la dent qui bouge toute seule au noir des caves, en passant par les soupiraux, les millions de microbes, des tour qui s’effondrent, des ouragans, de se perdre en forêt, des pieuvres, des châteaux gantés, des toiles d’araignées, des ombres au plafond, de ceux qui se dissimulent sous les lits, des cimetières, de Frankenstein, de la foudre, des bombes, du tableau noir et d’oublier de s’habiller pour aller à l’école.
Il laisse de plus la porte ouverte aux parents, bibliothécaires et enseignants dans le sens où il invite les enfants à allonger la liste en y ajoutant leurs propres peurs, ainsi que des noms et des lieux au besoin afin qu’un échange puisse se faire autant entre les enfants qu’entre adulte et enfants.
Choses qui font peur est un album à la fois ludique avec cette liste de peurs qui n’en finit pas et qui, à certains égards, en devient presque drôle, et utile, parce qu’il pourra aider tout enfant au prises avec des peurs. Un livre que tout enseignant du primaire devrait avoir dans sa classe.
Il ne faut pas peindre ce qu’on voit, il faut peindre ce qu’on sent. La ligne du dessin doit toujours être un peu la ligne du cœur… prolongée. (Henri Janson)
*toile de Francisco Pradilla y Ortiz
Comme ma mère, comme nombre de femmes dans la ville,
je pétris la pâte avec patience, car je veux qu’elle lève bien.
Je n’aime pas me presser
même quand les rues désertes me gèlent jusqu’à l’os.
Si mes questions tarissent
jamais je n’aurai ce qui est à moi.
La cadence de l’âme est la cadence du poème.
Leurs lieux sont les mêmes.
Ils s’invitent et passent le chemin.
Meta Kusar
(dans Les poètes de la Méditerranée)
*choix de la lectrice de Louis Gallait
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