Un livre ouvert vous attend. Et si jamais il ne vous dit rien, vous n’aurez qu’à en choisir un autre dans la bibliothèque afin de nous raconter en vos mots ce que ce tableau de l’artiste Antonio Flavio Augusti évoque pour vous.
Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera visible avant dimanche prochain. Cela vous laisse donc le temps de lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier, de les commenter si vous le souhaitez et d’écrire quelques lignes. C’est avec plaisi que nous vous lirons.
D’ici là, bon dimanche et bonne semaine à tous les envosmotistes et à celles et ceux qui les lisent.
2 réponses
Un livre m’attendait. C’était un jeu de piste. J’avais toute la bibliothèque à disposition. Un indice allait me renvoyer vers un autre. Et ainsi j’allais découvrir tous les ouvrages méticuleusement rangés sur les rayonnages. Une méthode astucieuse que mon père avait imaginée pour m’inciter à lire, moi qui n’y trouvais aucun plaisir. Cela fonctionna très bien. Quand j’eus tout dévoré, j’en demandai d’autres. Et dès l’adolescence, la lecture devint, et de loin, mon occupation préférée !
La pièce était restée identique à celle de mes souvenirs.
Il m’a semblé que son âme y était encore. Je me suis dit qu’il allait finir par surgir, comme un enfant farceur, et me crier : C’était une blague!… Poisson d’avril en mai.
Rien de tout cela. Seul le souvenir que j’avais gardé de lui était encore vivant.
Un soir, où il était moins bavard que d’habitude, il m’a dit : Quand je ne serai plus, je te laisse le soin de veiller sur eux. Je leur ai tant parlé de toi qu’ils te connaissaient presque aussi bien que moi. Tu es de la famille maintenant. Avec toi, ils n’auront aucune crainte d’être laissés au vent de l’abandon, entre l’inertie de l’épuisement des heures et le poids d’une poussière étouffante.
Je n’ai pu que lui sourire en lui lançant des p’tit comique, on verra ça le moment venu.
Et nous voilà. Le moment venu.
J’observe l’étagère peuplée de noms prestigieux à qui le monde doit les plus belles pages littéraires et poétiques, en me disant que j’avais devant mes yeux quelque 50 ans de lectures et d ‘amitié. Chacun des livres avait son histoire, parfois bien autre que celle qu’il racontait.
Et je l’entends me dire dans une éternelle logorrhée de ses souvenirs : Celui-ci je l’ai trouvé dans une brocante. D’occasion. Un livre sauvage, sans foyer, selon Virginia Woolf. Une trouvaille. Cet autre, je l’ai confisqué. Je devais avoir 10 ou 11 ans, sur l’étalage d’une librairie très connue. Il est né de l’imagination fertile et de la plume fiévreuse d’Achmed Abdullah. Le voleur de Bagdad. Amusant n’est-ce pas…
Il me parlait de ses vieux livres maintes fois lus, comme si c’était sa dernière famille. Tout ce qui lui restait d’humanité d’une vie à la Monsieur Lefebvre. Faite de silences, de livres et de solitude. Loin de la turbulence futile du temps qui passe.
Quant à moi, me voilà donc l’héritier de ses amis, adoptés au fil de ses voyages. J’avoue avoir longtemps hésité à prendre à mon compte un si lourd engagement. Puis, il m’est venu à l’esprit qu’il y a des héritages qui n’ont pas besoin d’être inscrits dans un testament.