Tant de livres pour quelques vers
Elle possède tant de livres, ceux-ci éparpillés dans toutes les pièces, qu’elle avait oublié ce merveilleux recueil de Jacques Brault intitulé L’en dessous l’admirable. Et depuis que la lectrice de Berndt Savig l’a parcouru, une fois de plus, alors qu’elle n’en avait pas tourné les pages depuis des années, c’est toujours aux mêmes vers qu’elle revient, à ces vers qui disent :
je t’ai cherché(e) sachant que je ne suis rien ni personne
sans toi et que tu n’existes pas sans mes gestes
qui tâtonnent autour de ce que tu fus seras
un peu de temps perdu nous sépare nous trépasse
je te cherchais déjà au détour de l’enfance et couvert de pâleur
par les ruelles chasseresses de vieilles rengaines clôtures déchiffrées
petite larve délavée d’insomnie j’étais trop tard dans ma vie
je te cherchais jusqu’à la sortie bouche édentée gloire de poussière
je te ferai folie de ce voyage on aura peine à plier mon bagage
et tu viendras chercheuse toi aussi de mon peu de corps

J’aime beaucoup ce tableau. Les teintes, l’ambiance.
Commentaire by Bellesahi — 4 novembre 2007 @ 7:51