La lectrice de Jane Carpenter, à la faveur de la nuit, a ouvert au hasard La poésie québécoise. Ne sachant ce qu’elle allait trouver. Ne sachant rien du poème de Lucien Rainier qu’elle a recopié pour nous.
Nocturne
Ce soir, par cette lune éteinte, à voix couverte,
le vent léger, qui rôde au milieu des roseaux,
endort, en la frôlant, l’immobilité verte
des larges nénuphars qui sont au bord des eaux;
qui sont au bord des eaux calmes de l’étang tiède,
pleins de charme attentif et d’ennui caressant;
où mon cœur douloureux s’attarde, guérissant
son ancienne amertume à cet ancien remède.
L’ombre est dans le silence. Un oiseau fuit. La nuit
sur tout mal lentement descend consolatrice;
Toi qui n’as pas sommeil dans le sommeil du bruit,
pourquoi te souvenir et gémir?… L’heure glisse.
Mais, un astre paraît dans le stagnant miroir,
lointain comme un appel, imprécis comme un rêve,
et qui naît et grandit, comme naît et s’élève,
le beau scintillement, dans l’âme, de l’Espoir!

Une réponse
A voir la mine réjouie de la lectrice, je suis persuadée qu’elle n’a pas été déçu de lire le merveilleux poème de Lucien Rainier, tout comme moi !