C’est la lectrice du peintre John Hemming Fry qui a ouvert ce soir Les fleurs du mal de Charles Baudelaire. Elle savait exactement ce qu’elle cherchait. Un poème qu’elle aime depuis longtemps et qu’elle voulait partager avec nous.
Tristesses de la lune
Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse;
Ainsi qu’une beauté, sur de nombreux coussins,
Qui d’une main distraite et légère caresse
Avant de s’endormir le contour de ses seins,
Sur le dos satiné des molles avalanches,
Mourante, elle se livre aux longues pâmoisons,
Et promène ses yeux sur les visions blanches
Qui montent dans l’azur comme des floraisons.
Quand parfois sur ce globe, en sa langueur oisive,
Elle laisse filer une larme furtive,
Un poète pieux, ennemi du sommeil,
Dans le creux de sa main prend cette larme pâle,
Aux reflets irisés comme un fragment d’opale,
Et la met dans son cœur loin des yeux du soleil.

2 réponses
Je connais bien ce poème merveilleux, si accordé à la Toile, merci pour ta sensibilité et amitié à Baudelaire ! sourire
Invitation à voguer sur la clairière pour toi Lali …
Oh quand je tombe sur ce genre de machin, je me dis que j’ai beau prendre de l’air… c’est aussi du beau de l’air, non?