C’est la lectrice de Rafael Arvilla Jimenez qui sera la première à se laisser séduire par les vers des poètes de chez nous. Qui se laissera tellement séduire qu’elle aura du mal à choisir. Jusqu’à ce que son regard se pose sur ces vers de Pamphile Le May.
Fruits mûrs
C’est août qui flambe. Au bois comme au champ tout est mûr.
Le sauvage raisin offre son jus qui grise;
Le soleil a pourpré la pomme et la cerise;
La ronce est toute noire et l’airelle est d’azur.
Fruits mûrs les seigles blonds que fauche l’acier dur,
Les vierges du foyer dont l’œil doux électrise,
Les brillants papillons dont le jardin s’irise,
Les oiseaux dont les nids chantent le soir obscur.
Et sous les grands vergers que la nuit lustre,
Dans l’enivrante odeur, fruit mûr le poupon rustre
Qu’une mère caresse et fait boire à son sein.
Ah! sur ma lèvre et dans mon cœur, quoi qu’on en dise,
Devant tant de fruits mûrs qui s’offrent à dessein
Je sens se réveiller l’antique gourmandise!

Une réponse
Ces premiers vers « Fruits mûrs » sont de toute beauté !