Le lecteur de Remo Michael Farruggio a laissé là le livre. Peut-être avait-il à causer avec la Lune : on dit souvent qu’elle est bonne conseillère. Mais l’est-elle vraiment ou est-ce encore une de ces choses qu’on raconte sans savoir?
Il veut croire qu’elle l’éclairera autrement que par la lumière qu’elle dégage. Il veut croire qu’elle saura le guider. Et probablement qu’il faut cette foi pour que la Lune – au même titre que la nuit – porte conseil.

3 réponses
« La lune brille pour toi »
Fermes les yeux
Et laisses les étoiles
S’accrocher à tes doigts
Comme des papillons, mon amour
La nuit est belle
Approches-toi de moi
Ouvres tes ailes
La lune est telle un ange
Veille sur toi
Si tu as peur d’apprendre à voler
Les battements de mon coeur
Disent je suis tout près
J’ai demandé un ciel parfait
Pour que tu puisses enfin rêver
Fermes les yeux
La nuit sera ton amie
Sens comme le vent
Caresse ton visage
Gageons que le temps
Ne soit juste qu’un mirage
La nuit est belle
Approches-toi de moi
On ne voit plus qu’elle
La lune, mon amour
Brille pour toi
Fermes les yeux
Et laisses les étoiles
Briller de tout leurs feux
Comme d’immenses soleils, mon amour
La nuit est belle
Approches-toi de moi
Ouvres grand tes ailes
C’est toi, mon amour
Qui brille pour moi
C’est toi mon amour
Qui brille pour moi.
Vanessa Paradis
LA LUNE BLANCHE
La lune blanche
Luit dans les bois;
De chaque branche
Part une voix
Sous la ramée…
O bien aimée.
L’étang reflète
Profond miroir,
La silhouette
Du saule noir
Où le vent pleure…
Rêvons, c’est l’heure.
Un vaste et tendre
Apaisement
Semble descendre
Du firmament
Que l’astre irise…
C’est l’heure exquise.
Paul Verlaine
Du tréfonds de ma mémoire…remontent les souvenirs d’une écolière….
Ballade à la Lune
C’était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.
Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d’un fil,
Dans l’ombre,
Ta face et ton profil ?
Es-tu l’œil du ciel borgne ?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard ?
N’es-tu rien qu’une boule,
Qu’un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras ?
Es-tu, je t’en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L’heure aux damnés d’enfer ?
Sur ton front qui voyage,
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité ?
Est-ce un ver qui te ronge
Quand ton disque noirci
S’allonge
En croissant rétréci ?
Qui t’avait éborgnée,
L’autre nuit ? T’étais-tu
Cognée
A quelque arbre pointu ?
Car tu vins, pâle et morne,
Coller sur mes carreaux
Ta corne
A travers les barreaux.
Va, lune moribonde,
Le beau corps de Phébé
La blonde
Dans la mer est tombé.
Tu n’en es que la face
Et déjà, tout ridé,
S’efface
Ton front dépossédé…
Lune, en notre mémoire,
De tes belles amours
L’histoire
T’embellira toujours
Et toujours rajeunie,
Tu seras du passant
Bénie,
Pleine lune ou croissant.
T’aimera le pilote,
Dans son grand bâtiment
Qui flotte
Sous le clair firmament.
Et la fillette preste
Qui passe le buisson,
Pied leste,
En chantant sa chanson…
Et qu’il vente ou qu’il neige,
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je
Venant ici m’asseoir ?
Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i.
Alfred de Musset