Tout comme celles qui sont passées ces derniers soirs, la lectrice de Louis Buisseret a été conquise par les vers d’un autre temps, d’une époque òù la poésie était encore classique. Et c’est sur poème d’Albert Ferland qu’elle a laissée ouverte l’anthologie.
Le rêve du héron bleu
Dès l’aube un héron s’est figé comme un jonc
Sur le bord du lac vierge où son image plonge.
On le dirait surpris par le philtre d’un songe,
Évadé du réel, béat sur son pied long.
Oh ! bien loin de rêver, ce calme et beau héron
Fait devant l’onde grave un geste de mensonge.
Dans l’immobilité que sa ruse prolonge
Rien des flots recueillis n’échappe à son œil rond.
Qu’une carpe imprudente anime l’eau tranquille
Et prompt à la saisir avec son bec agile,
Il fera de sa vie errante, son festin.
Qu’importe à ce guetteur ce noble paysage?
Seul un désir brutal remplit son cœur sauvage,
Et, svelte dans l’aurore, il incarne la Faim.

Une réponse
En lisant ce magnifique poème, j’ai l’impression de revivre la descente du Rhône depuis Genève en bateau jusqu’au barrage de Verbois, où l’on peut admirer de nombreux hérons figés comme des branches…et tout à coup, ils prennent leur envol. Un héron, c’est saisissant de beauté tout comme ce poème.
http://www.jjkphoto.ch/rhone_geneve.htm