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La voix de Ferré

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La veille lui est revenue cette envie d’Aragon auquel elle revient toujours. Parce qu’il sait lui parler. Parce qu’il sait faire trembler son cœur comme peu. Et la lectrice de Vladimir Ezhakov a laissé le livre là, pour le trouver aux petites heures du jour. Et elle a beau tenter de lire les mots, c’est comme chaque fois la voix de Léo Ferré qui s’interpose pour lui lire ce poème qu’elle aime tant :

Il n’aurait fallu
Qu’un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

Qui donc a rendu
Leurs couleurs perdues
Aux jours aux semaines
Sa réalité
A l’immense été
Des choses humaines

Moi qui frémissais
Toujours je ne sais
De quelle colère
Deux bras ont suffi
Pour faire à ma vie
Un grand collier d’air

Rien qu’un mouvement
Ce geste en dormant
Léger qui me frôle
Un souffle posé
Moins une rosée
Contre mon épaule

Un front qui s’appuie
A moi dans la nuit
Deux grands yeux ouverts
Et tout m’a semblé
Comme un champ de blé
Dans cet univers

Un tendre jardin
Dans l’herbe où soudain
La verveine pousse
Et mon cœur défunt
Renaît au parfum
Qui fait l’ombre douce

Il n’aurait fallu
Qu’un moment de plus
Pour que la mort vienne
Mais une main nue
Alors est venue
Qui a pris la mienne

Une réponse

  1. Comme je comprends la lectrice. Lire ce magnifique poème d’Aragon chanté par Léo Ferré et surtout bien chanté !

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