Je m’éveille parfois dans un corps étranger
Tel un grain prisonnier qui bute à l’hivernage
Je m’éveille et me fraie, je me nomme, et voici
Que mon corps est ton corps et que j’ai ton visage.
Je renferme en tes bras la tiédeur que je suis
Je te fourrage et mords, fouillé, mordu de même
Tu mesures le temps à mon poignet qui vit
J’éprouve le silence affleurant ton oreille.
Noués jambes et mains, nœud marin de la nuit
Dénoués sous le fil d’un hache d’absence
Quelle force a posé ta face sur mon cri
Ou muré dans tes yeux notre neige crissante?
Luc Bérimont
(dans Je est un autre, anthologie de Bruno Doucey et Christian Poslaniec)
*choix de la lectrice de Dusan Miskovic

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