Alors que je validais les commentaires déposés sur la toile de dimanche dernier, la lectrice peinte par Alexander Yanin s’est endormie. Trouverez-vous les mots pour la réveiller? Lui raconterez-vous une histoire ou choisirez-vous de relater celle que vous imaginez être la sienne?
Libre à vous de choisir l’angle et la forme, tant que vous le faites en vos mots. Un exercice dominical auquel ont été nombreux à participer fidèles et auteurs de passage depuis près de sept ans, et qui aura sa place tant qu’il y aura au moins un participant à cette aventure.
Puisse la toile de la semaine inspirer de nouveaux envosmotistes tout autant que ceux qui, chaque semaine ou à l’occasion, se laissent porter par une image. Suite dimanche prochain.

6 réponses
Et dans « La Recherche », il est toujours question de quelque chose d’exceptionnel et d’immatériel, quelques phrases entre des milliers de phrases, qui parlait à mon coeur.
Je m’endormais sur le papier et ce n’était pas la Joconde qui me hantait, mais le Petit pan de mur jaune, de Vermeer. Comment imaginer mépriser la maladie pour aller, une dernière fois, contempler un tableau? Si c’était à faire, quel tableau irais-je contempler avant de mourir? Je me le demande. Irais-je à Compiègne contempler l’Impératrice Eugénie et sa cour? Ou me contenterais-je d’un Bruegel, au musée d’art ancien – c’est ce qui me rapprocherait le plus de Vermeer – entre Flamands, on se comprend.
Et puis, il y avait aussi un moment suspendu, exceptionnel, dans la petit Sonate de Vinteuil, ou plutôt, il s’agissait d’une petite phrase, dans la sonate de Vinteuil, quelque chose d’immatériel et d’indescriptible qu’il rendait si bien dans son livre. Et c’était ça que je recherchais. Je ne pouvais savoir que c’était cela que je rechercherais toute ma vie.
Car toute ma vie, j’ai vécu avec l’idée qu’il allait m’arriver quelque chose…
Dix heures au café des amours oubliées,
Je serai là.
Elle m’a promis,
Rien que pour toi
Pour le restant de nos vies…
Et moi j’ai rêvé
Toute la journée
De caresser sa bouche
D’embrasser son corps
L’amour sous la douche
Et l’entendre dire : encore
Et moi j’ai eu vingt ans
Oubliés les cinquante printemps
Rêveries d’adolescence
Baisers longs et savoureux
A nous la nuit, l’insouciance
Des jeunes fous amoureux
Dix heures au café des amours oubliées,
Surtout sois bien à l’heure trésor,
Nous n’avons qu’un seul destin
Et moi qui l’entends encore
Et moi qui l’attends en vain…
Bravo Armando! Pur bonheur ce petit bijou de poème!
Bravo Pivoine pour ce joli texte! J’espère qu’en ce beau dimanche il se passe pour toi quelque chose d’exceptionnel 😉
Mal de dents, mal d’amour dit le dicton.
Cela devait bien lui faire mal pour s’endormir ainsi, assommé par la dernière dent de sagesse arrachée. Sa belle n’était pas venue lui faire le doux baiser qui sauve toute blessure. Il avait pris le grand mouchoir de batiste qu’elle lui avait offert, et comme enfant sa mère le faisait, s’entoura la tête. Il recouvrit ses oreilles et posa sa machoire douloureuse sur son avant-bras et s’endormit.
Il rêva toute la nuit d’oeufs en chocolat et au réveil s’étonna de voir sa tête aussi décorée que l’oeuf de Pâques dans la vitrine du pâtissier voisin.
Joyeuses Pâques Lali…
Merci Flairjoy !
Aïe ! Il est question de dents et de gencive enturbannée o;))) JOLI ! Comme transposition !