Le jour de Noël est maintenant chose du passé. Et grâce à vos textes qui viennent tout juste d’être validés, nous savons ce que contenait la liste du père Noël. Textes que je vous invite d’ailleurs à lire alors qu’est déjà bien entamé le dernier dimanche de l’année.
Et pour finir l’année en beauté, je vous propose d’animer en vos mots cette jolie scène peinte par l’artiste italien Giuseppe Cacciapuoti, où l’amour de la lecture est mis en évidence.
Nous vous lirons l’an prochain avec grand plaisir. D’ici là, bon dimanche, bon réveillon de la Saint-Sylvestre et bon jour de l’An à chacun d’entre vous.

5 réponses
La nuit sous la peau d’ours
la jouissance l’attendait
avec un livre et un fanal.
Mon défunt beau-père avait une conception de la famille qui m’a toujours échappé. Veuf, il avait épousé ma mère, plus par nécessité que par amour. Il est vrai que, pour ma mère, mère célibataire, ce mariage avait été une chance. Comme elle disait.
Entre lui et moi le dialogue n’a jamais été ni aisé ni fructueux. Quelques mots. Pas plus. Jamais aucun sujet digne d’intérêt.
De leur union de raison était née Clara. Une fille discrète, que je protégeais plus que de raison, comme un grand frère attentionné, fort de notre quinzaine d’années d’écart.
Cette année-là, et malgré le désaccord de mon grincheux de beau-père, j’avais décidé d’offrir pour ses cinq ans son premier sapin de Noël à Clara. J’avais déposé, de la part dupPère Noël en personne, au pied du sapin La véritable histoire de Santa Claus que j’avais eu la précaution de dédicacer : Pour Clara avec toute mon affection. Père Noël.
Et même les mots aigris de mon beau-père, prétendant que le père Noël n’existait pas et que je ne devrais pas raconter de sottises à la petite n’ont pas eu raison de son émerveillement et de sa certitude que le père Noël existe.
LIPOGRAMME ET COLEGRAM…
Petit conte a-phone, pour dormir bien !
Un jour, une fois, un keum gentilhomme s’encoiffe en démesure et s’épouse en noces secondes une michetonne, le genre d’éhontée meuf top drôlesse, des plus fières et des plus bégueule qu’onques nous eûmes vues. Ici. En cette contrée. Elle emmène en prime deux filles de son humeur, et qui lui kiffent en toutes choses. Et son Jules, le bougre d’homme, prends soin de son côté d’une jeune fille, sienne, qui inversement sémille en toute chose en une douceur et une bonté hors ligne ; elle tient ceci de son ex exquise feu mère, qui fut l’une des meilleures et l’une des plus frisquettes femmes du monde. Les noces ne sont plus tôt terminées que l’ignoble belle-mère explose de son humeur immonde ; délétère ; elle ne peut souffrir les bonnes dispositions de cette jeune donzelle, qui rendent ses deux péronnelles encore plus merdeuses. Elle lui donne en servitude les besognes les plus viles du logement : c’est elle qui nettoie les plonges et les montées, qui frotte le dortoir de Super Belle-Doche, et ceux de mesdemoiselles ses filles. Elle couche sous les toits de l’inesthétique demeure en un sordide grenier, sur le pire des pieus, une litière, une bordille, comme ses sœurs se reposent sur des bois cirés, où elles ont des lits des plus mode, et des miroirs où elles se voient et se mirent bellement tout entièrement.
L’indigente mendigote souffre tout droitement et n’ose rien seriner près de son drôle de père de peur d’être grondée, comme son ébouriffée de femme le goupille entièrement. Son indigne besogne une fois terminée, elle se prostre en coin de cheminée, et se pose sur les cendres, ce qui donne qu’on l’interpelle communément en tout le logis comme « Cucendron ». Oui, Cucendron. Vous lûtes bien. Benji-minette, qui n’est point si infecte que son hérissonne Première-née de sœur, crie plutôt « Cendrillon » ; Or Cendrillon, sous ses horribles frusques ne concède point d’être cent fois plus belle que ses sœurs, quoique vêtues somptueusement. Il vient un jour, une fois, que le fils du roi donne une reve, et qu’il y invite confidemment toutes les personnes de prestige : nos deux demoiselles en sont bien sûr invitées, en effet elles font si belle figure pour les gens du bled. Du coup, elles sont bien cools et trop occupées pour choisir les fringues et les coiffures qui leur siéront le mieux ; nouvelle peine pour Cendrillon, en effet c’est trop elle qui défrippe le linge de ses esbrouffeuses de sœurs et qui godronne leurs poignets : on ne discute plus que du style choisi pour se mettre sur son trente et un – »Moi, dit l’insolente Première-née, je mets mes vêtements de velours rouge et mes ornements norvégiens. » -« Moi, dit l’excessive Dernière-née, je ne porte qu’une jupe toute simplette ; sinon, en sus, nesciemment, je mets mon poncho de vison et de fleurs d’or, et mes ceintures de pierres précieuses qui ne sont point des plus indifférentes » …
Cavalier – 6 ans déjà – Bonne année à toutes et à tous
Je vous le livre tel quel : la tempête Dirk en Bretagne la priva derechef d’électricité, et donc de télévision. Mais, encore une fois, à la lueur de la Grande Ourse, elle pu lire trente-six chandelles (sans Jean Nohain) aux kaléidoscopes jolis de fanal +…
… et sans Jean Nohain, en plus. Zut alors.