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Des oiseaux qui cognent à ma fenêtre

surlabranche

Je ne connais rien aux oiseaux, sinon que leur vol dans le ciel et le sentiment de liberté qu’ils inspirent. Et samedi matin, deux d’entre eux donnaient des coups de bec à la fenêtre du bureau, comme s’ils voulaient entrer. Ou voulaient-ils m’inviter à les suivre ?

Je ne puis que dire des choses banales à propos d’eux, comme je ne connais rien aux oiseaux. Je n’ai même pas été en mesure de les photographier alors qu’ils cognaient à la vitre givrée et ainsi immortaliser leur plumage qui vous aurait donné un indice sur la variété à laquelle ils appartiennent. Je peux juste dire que dès que je me suis approchée de la fenêtre, ils se sont envolés pour aller se poser là, dans l’arbre, en face. Et que pendant quelques minutes, nous nous sommes regardés.

J’ignore quel message ils voulaient me livrer. Peut-être celui du ciel qu’il ne faut jamais cesser de regarder. Ou peut-être voulaient-ils me rappeler que nous sommes libres et que nous sommes responsables de notre propre liberté. Ou, peut-être bien, étaient-ils tout simplement curieux, à la manière des humains, et cherchaient-ils à voir ce qui se passait à l’intérieur…

Une vie de bonheur devant moi

brokenglass

Ou je suis très, très maladroite, ou alors je vais être très, très heureuse… Deux coupes de verre blanc en trois jours, il faut le faire! Celle chez ma sœur ne s’est brisée qu’en trois ou quatre morceaux, ce qui annonçait déjà trois ou quatre années de bonheur. Ça faisait ça de pris ! Mais hier soir, j’ai fait fort. Un geste trop ample et la coupe de la veille abandonnée sur la table est allée valser avant de s’écraser au sol en tellement de morceaux que je me demande si j’ai bien tout ramassé avec le balai puis l’aspirateur… Alors, donc, si tout ça est vrai, me voilà devant des décennies de bonheur. Autant dire jusqu’à la fin de mes jours.

Je ne suis pas superstitieuse, mais là, en cette minute où je viens d’aller marcher dans la neige lourde dans un parc, j’ai envie de croire à toutes ces années de bonheur devant moi. La neige qui se glissait dans mon cou était si douce. Une neige heureuse, presque. Annonciatrice de ce que j’ai découvert en voulant vérifier la signification du verre blanc brisé ? Qui sait. C’est quand même bien des années de bonheur pour compenser pour faire contrepoids à la maladresse, non?

Ma baignoire de rêve

baignoire

Parfois, je rêve d’une telle baignoire, bien profonde, à l’ancienne, comme mon amie Manon en avait une dans la chambre à coucher, rue de Châteaubriand. Il me semble que j’y passerais des heures… Lieu pour lire, pour s’adonner au rêve, avec de la musique et des bougies…

Alors que la mode est aux salles de bain immenses – plus grandes que deux pièces de mon apprtement, en fait -, avec des baignoires aussi grandes que des piscines, tout ce que je voudrais, moi, c’est une telle baignoire pour moi toute seule. De toute manière, les modes, je laisse ça aux autres et je fais à ma tête, comme toujours.

Un jour viendra peut-être où je vivrai dans un lieu où il y aura une telle baignoire à l’ancienne. On peut rêver, non ?

Au bout de la rue, l’été 1976

pyramidesolympiques

Petite marche pour la pause de 15 h que je ne prends pratiquement jamais. Pas bien loin: je ne suis pas du genre à étirer une pause si jamais je la prends. Quelques pas jusqu’au bout de la rue ou jusqu’à l’hôpital. Dans le second cas, avec un but précis: un grand café vanille française du Tim Hortons.

Sur la route du retour, avant d’arriver au bureau, se dressent fièrement les pyramides olympiques, celles qui ont logé les athlètes il y a 30 ans avant de devenir des logements. Chaque fois je souris. Nadia et moi avions le même âge à l’été 1976. Et comme bien d’autres, venus de partout, c’est là qu’elle habitait. Ne me demandez pas pourquoi je salue encore ce lieu où habitait la petite fée des jeux. Je le fais. Et je ne me demande pas pourquoi. Les pyramides sont là, au bout de la rue, paysage quotidien et immobile. Preuve irréfutable de mon adolescence dans ce Montréal qui ne cesse de changer.

Ça, un cerveau féminin ?

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Mon ami Antonio m’a envoyé cette image en affirmant qu’il s’agit là de la résolution d’une grande énigme, à savoir comment fonctionne le cerveau féminin… Je ne suis pas très convaincue. Je vois plutôt là de quoi remplacer les fameux moutons quand on ne trouve pas le sommeil. À force de suivre les billes, les yeux vont finir par se fermer… Mais bon, sa théorie vaut la mienne. Et à titre de rappel: nous sommes dans la rubrique « Vraiment pas sérieux »…

Histoires de vêtements

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Alors que d’autres — ma sœur et plusieurs de mes amies — adorent faire les magasins, il est une autre façon de m’habiller qui me convient bien plus. Il n’y a rien que je n’aime plus que les séances d’essayage à même la garde-robe de ma sœur ou de ma mère qui, l’une comme l’autre, se lassent de leurs vêtements. Il n’y a pas non plus de chasse au trésor plus amusante que les poches de vêtements qui m’arrivent de chez Lyne ou de chez Nancy.

Et samedi, Nancy est arrivée avec trois sacs. Quelques jolis morceaux pour moi; les mis de côté iront à d’autres. Les vêtements, comme les livres, sont faits pour voyager. Et j’adore me vêtir à même les garde-robe des autres. J’ai ainsi l’impression de porter sur moi un peu des gens qui me sont chers. Peut-être que ma conception du troc est un tantinet étrange. Et puis ? Je n’en changerai pas. Et tout à l’heure, je serai bien aise de sortir avec la jupe de Nancy, les chaussures de Monique, le pull de Lyne et le collier de maman. Ça fait partie de mes petits plaisirs, plaisirs qui ne coûtent rien de plus. Et ça m’éloigne de la cohue des magasins !

Bien sûr, cela veut aussi dire que je me fais ma mode à moi, que je ne suis pas les tendances et n’en fais qu’à ma tête. Non, ce n’est pas demain la veille que je vais disposer de ma cape qui a 25 ans!

Quand de sérieux patrons ne se prennent pas au sérieux

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Imaginez un groupe de gens sérieux qui dirigent des recherches cliniques en vue de trouver de nouveaux médicaments. Vous les voyez austères et incapables de s’amuser, toujours le nez dans les formules chimiques, les calculs et les probabilités, n’est-ce pas? Et bien, cette fois, vous avez tout faux!

Il existe quelque part des gens sérieux qui ne se prennent pas au sérieux et dont le patron doit être celui qui se prend le moins au sérieux de tous ces gens sérieux: le patron de ma sœur. Il a trouvé un jeu pour occuper son équipe qu’il trouve trop peu au fait de… la chanson française et de ses classiques. Si, si. Et il a trouvé de quoi faire chercher son équipe de recherche.

26 chansons dont il fallait trouver le titre et l’interprète. Un jeu comme je les aime ! Et tout à fait pour moi, ma sœur le savait, puisqu’elle a dit que j’étais son « arme secrète ». Elle n’a pas eu tort. Et c’est avec un bonheur fou que j’ai trouvé les évidences — Guy Béart, Françoise Hardy, Sylvie Vartan, Daniel Guichard, Hugues Aufray, Juliette Gréco et autres — et même Ricet Barrier. Il n’en reste qu’une seule sur la liste qui me fasse un peu douter. Tant de gens ont interprété « Que reste-t-il de nos amours » en dehors de Trenet. Reste à voir si Eddy Mitchell est le bon choix pour que j’aie une note parfaite. Clin d’œil.

Mais quelle excellente idée d’inventer des jeux pareils. Trop de gens ne pensent pas que s’amuser ensemble par des défis et/ou des énigmes peut être aussi important que de bien travailler ensemble. Et j’applaudis quand je vois une telle initiative de la part d’un patron. Et si tout cela vous semble bien anecdotique et banal, c’est que vous avez perdu le sens ludique de la vie et que c’est bien dommage.

Anecdote d’un mardi matin

1cent

Je n’ai aucune idée du pourquoi. Pas plus que je n’ai idée depuis quand cela se perpétue. Je sais juste que trouver un « sou » par terre est un porte-bonheur. Que quand on trouve une pièce de un cent, il faut faire un souhait. Mais le pourquoi du comment, nada, je n’en ai aucune idée.

Je l’ai toujours fait, autant que je me souvienne, sans y attacher beaucoup d’importance, sans trop y croire, amusée quand ça arrive. Et ce matin, une pièce m’attendait dans l’escalier entre les deux paliers. Je l’ai ramassée, j’ai fait un vœu, et je l’ai mise dans la poche de mon ciré. Il n’a pas fallu longtemps pour que je me mette à rire. Comme mes voisins n’empruntent jamais cette porte, mais toujours celle de derrière, tout comme leurs visiteurs, vraisemblablement, cette pièce était tombée de mon sac ou de la poche de ma veste, peut-être en repêchant mes clés du fond de l’un ou de l’autre la veille.

Et j’avais ramassé ma propre pièce qui n’était pas là à 23 h quand j’ai monté les marches, mais qui m’attendait à 8 h 20. Je riais. Comme d’une bonne blague. Après tout, faire un souhait en tenant entre ses doigts une pièce qu’on a probablement laissé tomber soi-même, c’est tout de même assez drôle.

Et c’est en sortant les clés de ma poche pour prendre le courrier que j’ai retrouvé la pièce qui, visiblement, avait suivi le chemin d’une autre – ramassée quand? – puisqu’elles étaient maintenant deux.

Je n’ai aucune idée du vœu que j’ai fait lorsque la première pièce est venue rejoindre le fond de ma poche. Et je ne suis pas non plus certaine de me souvenir avec exactitude de celui de ce matin, puisque je n’y ai pas attaché beaucoup d’importance, faisant le geste machinalement, comme je le fais depuis toujours.

Mais ça m’amuse de penser que je vais laisser les pièces là. Que peut-être d’autres vont s’ajouter et que l’addition de tous ces vœux me donnera peut-être dans dix ans la mirobolante somme de deux dollars.

Où est le lion?

hiddenlion

Il y a un lion caché dans l’image, affirme un site de jeux de logique. C’est pourtant ce que j’ai vu en premier, avant même de lire la fameuse énigme. Est-ce parce que je suis dans la vie du signe du lion que je les repère vite ou mon œil est-il aguerri et qu’on ne le floue pas facilement ?

Je vous laisse chercher.
L’illustration était si jolie que je n’ai pas pu m’empêcher de vous l’offrir en cadeau.
Amusez-vous.

À bas les siestes du soir !

lagaffe

On se dit qu’on va s’allonger une petite heure pour recharger ses batteries et qu’après on pourra escalader des montagnes. Mais je ne vais m’attaquer à aucun projet d’enverure à l’heure qu’il est. Les siestes, c’est fait pour l’après-midi, je vais bien finir par le comprendre. Celles de début de soirée ne font que perturber, même si j’ai l’impression qu’elle a fait un certain bien.

Je ne tenais plus debout quand j’ai décrété qu’il me fallait une petite pause. Et là, j’ai peut-être encore de l’énergie pour deux ou trois petites choses, mais ce n’est pas ce soir que je vais laver l’intérieur du frigo. Ni décrocher les stores pour les laver. Mais bon, il reste encore quelque énergie pour lire, prendre un bain et surtout ne pas me casser la tête.

Gaston Lagaffe ne sait pas la chance qu’il a. Un roupillon au bureau, ça doit remettre d’aplomb. Enfin, je m’avance, je n’en ai aucune idée… Mais j’aime bien, une fois de plus, m’inventer des histoires.