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Le jardin d’images d’Alain Lefèvre

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La réputation d’Alain Lefèvre l’interprète n’est plus à faire. Celui qui a joué avec certains des plus grands orchestres du monde et qui a interprété les classiques comme les compositeurs contemporains est par contre moins connu pour ses compositions, alors qu’il a pourtant enregistré quatre albums les mettant à l’honneur. Tout cela en faisant découvrir ou redécouvrir des artistes comme André Mathieu, en faisant une incursion du côté du jazz et en animant une émission hebdomadaire à la radio de Radio-Canada.

Alain Lefèvre, le polyvalent, le touche-à-tout, qui travaille actuellement sur les 24 préludes de François Dompierre, dont la création aura lieu l’an prochain plutôt que cette année, a, avec Jardin d’images, produit un album sensible, tout en nuances et en glissements, qu’on écoute en boucle sans se lasser. Et duquel j’ai extrait Tendresse juste pour vous :

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À fredonner en marchant seul

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Une fois de plus, c’est chez Armando que j’ai fait une agréable trouvaille. Celle qui affirme qu’elle rêve en anglais, s’attendrit en français et chante dans le deux langues qu’il vient tout juste de découvrir malgré le fait qu’elle ait fait les premières parties de Yannick Noah et de la Grande Sophie, pour ne nommer que ces deux-là, s’appelle Elsa Kopf.

Elle qui aime Blossom Dearie a le même accent qu’elle quand elle chante en français ses propres chansons, car Elsa Kopf a tous les talents. C’est elle qui écrit paroles et musiques des chansons aux accents folk qu’elle interprète sur Acoustic Joys, son premier album, paru il y a quelques mois. Des chansons qui charmeront toute oreille aimant se laisser bercer. Notamment Walk Alone, dont je ne me lasse pas et qui vous donnera envie de marcher seul. Juste pour la fredonner.

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Aimez-vous Brahms?

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La réputation de la pianiste Hélène Grimaud n’est plus à faire. Plus d’un quart de siècle après son premier concert public à Aix-en-Provence, sa ville natale, à l’âge de 14 ans, et après avoir joué avec les orchestres les plus prestigieux et sous la direction des plus grands chefs, la musicienne, qui a depuis peu franchi le cap de la quarantaine, a enregistré près d’une vingtaine d’albums.

Dès ses débuts, elle s’est attaquée au répertoire de Johannes Brahms et à celui de Robert Schumann, si bien qu’on retrouve ces compositeurs sur quelques-uns des albums enregistrés depuis 1989. Pour Reflection, paru en 2005, elle a fait se croiser ses compositeurs fétiches et Clara Schumann, et a invité pour nous faire découvrir celle-ci Anne-Sophie Von Otter et pour l’accompagner au violoncelle le Norvégien Truls Mørk, lequel avait brillamment enregistré les suites pour violoncelle de Benjamin Britten en 2000.

Et parce que j’aime Brahms et parce que j’aime Hélène Grimaud, voici les trois mouvements de la sonate pour violoncelle et piano opus 38 en mi mineur.


1er mouvement – Allegro non troppo


2e mouvement – Allegretto quasi minuetto


3e mouvement – Allegro – Più presto

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Marco Rodrigues, à écouter en boucle

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Une fois de plus, c’est chez Armando que j’ai fait une découverte qui m’a emballée. Une de ces découvertes qu’on a envie d’écouter en boucle en faisant bouger les hanches lascivement. Mais chut! N’éventez pas la chose, j’ai eu autrefois un voisin adepte de jumelles.

La « découverte », c’est Marco Rodrigues, un fadiste au charme certain qui fera craquer qui aime le fado, il va sans dire, mais aussi quiconque ne le connaît pas encore tant il apporte à ce chant lisboète imprégné de saudade, ce sentiment aux définitions aussi nombreuses que les formes des nuages, un souffle nouveau. Avec Tantas Lisboas, Marco Rodrigues signe un album que je qualifierais volontiers de pur enchantement.

Inverso do Fado devrait vous séduire, tout comme Valsa das paixões, qu’il interprète avec la talentueuse Malfalda Arnauth.

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Anne-Marie Gélinas, celle qui se fait trop rare

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Elle est d’une autre époque, celle des belles années du Bistro d’Autrefois, rue Saint-Hubert, à Montréal. Elle est de ces années ’80 où Philippe Noireault accompagnait au piano ces auteurs, compositeurs ou interprètes qui prenaient parfois sa place. Elle est d’avant les Star Ac de tout genre qui ont tué les chansons à textes. Elle est de l’ère des dernières boîtes à chansons où je traînais mes vingt et des poussières, rêvant d’un Saint-Germain-des-Prés qui n’existait plus, ou alors parfois dans ce demi-sous-sol de la rue Saint-Hubert.

Elle est aussi de ceux et celles qui fréquentaient Place aux Poètes qu’animait Janou Saint-Denis chaque mercredi et que celle-ci appelait volontiers « le lieu de résistance de la poésie » où poètes connus ou pas (dont j’ai fait partie) prenaient la parole devant poètes et amoureux de la poésie.

Elle est de ceux et celles qu’on n’oublie pas. Avec son sens inné du drame, ses talents de tragédienne, la musique de ses mots et de ses notes, elle est de celle qu’on aurait voulu voir davantage et dont il fait bon écouter dix ans après les albums qui offrent autre chose que vingt mots et deux accords interchangeables d’un titre à l’autre des tout droit sortis des émissions qui fabriquent des vedettes.

Anne-Marie Gélinas est une artiste douée, même si elle se fait trop rare — on ne l’a pas vue sur scène depuis 2008. Une artiste que je vous invite à découvrir grâce à Intermède et Comme ça tu t’en vas, chansons tirées de son album Frères d’âme, paru en 2002, paroles et musiques de son frère Gilbert Gélinas.

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Belmiro Carlos : vous ne pourrez plus vous en passer

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Comme Armando nous avait laissé entendre dans ce billet que Belos rumos de l’artiste angolais Belmiro Carlos était parfait pour désencrasser les carcasses, je me suis mise aux rythmes de cet album qui m’a moi aussi conquise. Seul danger : le besoin croît avec l’usage. Vous êtes prévenus. Et maintenant, place à Doce melancolia :

C’est du belge 24

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Pierre Rapsat interprétant Un cœur qui bat

*pour les personnages peints par Thomas Webster

C’est du belge 23

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Perry Rose interprétant Because of you

*pour les personnages peints par Jean-Jacques Nattier

C’est du belge 22

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Urban Trad interprétant De luz, amor y nada

*pour la musicienne peinte par Christina Robertson

C’est du belge 21

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Curt Close interprétant Nuits d’ébène

*pour les musiciens peints par Carl Zewy