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Le journal de la lectrice

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Ce n’est pas faute d’essayer, je vous l’assure, mais les lecteurs de Montréal semblent se cacher, ou si j’ai le bonheur d’en trouver sur ma route, je n’arrive qu’à retenir d’eux un flou qui n’a rien d’artistique. Heureusement qu’Armando veille au grain et m’approvisionne…

Il le fait si bien!

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Ce n’est pas que je ne croise pas des lecteurs et des lectrices, mais pour réussir mes photos, il me faudrait m’approcher et ce n’est pas très discret, disons. Ou alors il me faudrait un appareil plus sophistiqué et un zoom. Ou laisser faire Armando, il le fait si bien!

Heureusement qu’il est là!

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J’ai beau les chercher, je ne les trouve pas. Les lectrices seraient-elles toutes en vacances à Bruxelles où Armando peut les photographier à loisir tandis que je rentre l’appareil carrément vide? Heureusement qu’il est là, finalement, l’ami Armando!

La lectrice du 18

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C’était samedi matin, dans le 18 Beaubien. J’allais rejoindre Denis. Je me disais qu’il faisait beau et que nous allions passer une belle journée. Ce qui a été le cas, d’ailleurs. Je disais donc que j’étais dans le 18 vers le métro Honoré-Beaugrand. Peinarde. Tranquille. Jusqu’à ce que je sois frappée par l’effet Armando. Je venais de voir une lectrice.

La lectrice et son ombre

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Un dos de lectrice qui s’offre joliment au soleil tandis qu’au sol son ombre continue à lire. Il n’en fallait pas plus pour que je me précipite sur mon Sony. Juste à temps. Une minute plus tard, l’autobus était là.

Livre sous le bras

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Elle se promenait dans Bruxelles, livre sous le bras. Inconsciente de l’effet que ça allait avoir sur Armando. En moins de deux, il avait repéré l’objet. Je me demande même s’il a vu la tête de la fille. Je ne suis pas sûre du tout.

Le mot a dû circuler

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Le mot a dû circuler pour que lecteurs se pressent autant pour s’installer dans le champ de vision de notre ami Armando. Même l’ancien bourgmestre de Bruxelles, Karel Bruls, a pris la pause sachant qu’il allait se retrouver dans les pages de Lali.

Les bancs bruxellois

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On pourrait croire que les bancs de Bruxelles existent pour le seul bonheur des lectrices. Si, si, on pourrait le croire! Il n’y a qu’à regarder celles-ci, plongées dans leur lecture tandis que le soleil les éclaire, sous un Armando qui ne rate rien de la scène.

La maman de Mireille

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Voilà quelque temps que Mireille, une de mes lectrices belges, m’a envoyé une photo de sa maman. Une maman qui n’est plus. Une maman qui a passé les derniers moments de sa vie clouée à un lit dans une chambre. Mais une maman qui a pu lire jusqu’à la fin. Les cartes postales que ses nombreux enfants et petits-enfants lui envoyaient et qui décoraient la pièce. Des livres.

Sur la photo, elle a 95 ans et elle lit un roman d’Amélie Nothomb.

En ce jour de la fête des Mères, que cette journée soit vraiment une fête. Pas une obligation ou un jour de culpabilité. Mais une vraie fête. Une fête qui souligne nos mères. Exceptionnelles ou imparfaites. Courageuses ou pas. Présentes ou totalement absentes. Qui nous ont donné la vie, même si dans certains cas elles n’ont fait que cela. Ce n’est pas le jour des reproches mais des mercis.

Je dédie ce jour à ma mère, à vos mères. Qu’on devrait célébrer davantage qu’une journée par année. Et de plus, je le soulignerai à ma manière, c’est-à-dire en vous offrant toutes les heures une toile et une citation.

De plus, je remercie Mireille pour le partage. La photo n’est pas triste. Elle représente le bonheur non pas de se contenter de peu, mais de faire de ce peu une raison de vivre. La présence des siens et les livres. L’essentiel, quoi.

Dans l’avion

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Quelle tendresse entre la mère et le fils plongés dans le même livre. Quelle douceur entre eux, en route pour le Portugal, sous les yeux d’Armando qui n’a rien raté de la scène hier matin.