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Plus jamais Mozart

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Ne jamais poser « la question Mozart » au grand violoniste Paolo Levi, telle est la seule directive donnée à la jeune journaliste appelée à l’interviewer à Venise à la veille d’un concert important. Et justement, parce qu’elle lui dit qu’elle ne mentionnera pas le nom de Mozart et qu’elle lui demande plutôt comment le violon est entré dans sa vie, le violoniste se servira de cette question comme tremplin pour lui raconter sa vie. Ou du moins une partie de celle-ci, puisqu’on ne peut parler de soi sans parler des siens.

Et c’est ce qui arrive à Paolo qui va livrer son histoire à la journaliste, des rues de Venise où il va écouter Benjamin qui sera en cachette de ses parents son professeur de violon jusqu’au troublant passé de ses parents, l’un venu d’Italie, l’autre de Pologne, réunis dans un camp parce qu’ils étaient juifs. Une histoire où Mozart sera évoqué, mais dont je ne dirai pas davantage, parce que Michael Morpurgo la raconte si bien que je préfère que vous lisiez Plus jamais Mozart et que vous en profitiez pour admirer le très beau travail de l’illustrateur Michael Foreman.

La passion d’Odilon : les fautes d’orthographe

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Un titre comme Le buveur de fautes d’orthographe ne pouvait qu’attirer mon attention! Et il ne l’a pas qu’attirée, il l’a aussi retenue, car quel livre captivant que ce roman destiné aux jeunes lecteurs. Septième titre d’une série, qui en compte sept, le roman d’Éric Sanvoisin (dont on peut visiter le blog) vous invite à découvrir Draculivre — qui est aussi le titre de la série —, un vampire qui ne supporte plus le sang et qui est désormais buveur d’encre, sa nièce Carmilla et Odilon, un jeune buveur d’encre passionné par les fautes d’orthographe, lesquelles donnent à tout ce qu’il boit un goût bien particulier, Si bien qu’il s’en délecte quand il a le bonheur d’en goûter une au hasard de ses lectures jusqu’à ce que Draculivre, découvrant la passion d’Odilon lui confisque le livre aux deux fautes…

La suite? À vous de la découvrir… Un livre savoureux, qui vous permettra de faire connaissance avec le grand psychiatre Freudkenstein qui vit dans un bâtiment en forme de divan et qui vous donnera envie de lire toute la série.

Un roman bouleversant

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Parce qu’un jour Antoine Gaussec, le père adoptif d’Héléna Kolbe, met la main par hasard sur une pipe qui aurait été fabriquée récemment par le père naturel de la jeune fille qu’on a arrêté en même temps que sa femme, en 1942, il y a dix ans de cela, et dont on n’a aucune nouvelle depuis, il doit remonter le temps, faire parler les souvenirs, aller au bout de sa propre enquête et laisser Héléna mener la sienne de son côté, même s’il sait qu’après plus rien ne sera pareil.

Roman sur la culpabilité, sur le mensonge, sur cette guerre que les héros portent en eux bien des années après sa fin parce que quelque chose est là, inachevé, Une si petite flamme, roman destiné à la jeunesse écrit par Robert Bigot est un livre bouleversant. De ceux dont on ne sort pas intact.

La mort a-t-elle un sens quand on a 17 ans?

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Sylvia a dix-sept ans, deux petites sœurs de cinq ans et des parents qui ont choisi la garde partagée au moment de leur séparation. Une situation dont elle ne veut plus et dont elle a parlé avec sa mère qui n’a rien contre le retour à temps plein de son aînée chez elle. Une situation dont elle a touché à son père dans un message et avec lequel elle a une courte conversation avec lui à ce sujet, jusqu’à ce que celle-ci se trouve interrompue par un bang fatal.

Ne plus vivre avec son père, ça ne voulait pas dire ne plus avoir de père. C’est pourtant ce à quoi Sylvia, qui a toujours douté de l’amour de son père, se verra confrontée. C’est aussi pour elle la découverte d’un père qu’elle ne connaissait pas et dont le décès va changer la vie et jusqu’à un certain point lui donner un sens, puisque c’est elle qui prendra en charge toute la cérémonie des funérailles, selon un livre sur le culte des morts et des ancêtres au Vietnam qu’elle a trouvé sur la table de chevet de son père.

C’est un magnifique livre, plein de tendresse et de rage, de douleur et d’amour, que nous offre Eva Kavian dans ce livre destiné aux adolescents mais que je conseille à tous. Parce que l’auteure a cette écriture pleine d’images qui me touche à tous les coups, cette manière à elle de dédramatiser, ce regard sur la beauté du monde et la fragilité de la vie qui n’appartiennent qu’à elle.

Le maître de piano

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Le maître de piano se déroule à Vienne en 1938 en pleine montée du nazisme et raconte l’amitié entre un professeur de piano et une jeune pianiste dont le frère, qui était promis à une belle carrière de musicien si elle n’avait pas d’abord souffert de problèmes reliées à sa maladie (l’hémophilie) puis été interrompue par son décès.

Et parce que son frère était un enfant malade, Nina a toujours vécu dans l’ombre de celui-ci, tout en souhaitant un jour, non pas prendre sa place, mais devenir pianiste, inspirée par l’enseignement et la passion qu’il lui a transmis. Tant et si bien que la musique est la seule chose qui l’intéresse, ce qui l’isole des autres.

C’est donc auprès de la meilleure amie de sa mère, une exquise vieille dame qui fait des gâteaux fabuleux et auprès de ce professeur à la retraite qui a fui Munich et dont elle est la seule élève qu’elle apprendra à s’affirmer et à prendre sa place.

Une belle histoire qui met en relief les éléments de l’Histoire, l’héroïsme de certains individus, le secret de d’autres et le climat de terreur qui s’est installé graduellement en Autriche.

Un roman destiné aux adolescents, mais qui saura vous charmer à cause de ses personnages et malgré petites failles grammaticales (de mauvaises concordances de temps pour la plupart, ce que je juge impardonnable dans un livre destiné à la jeunesse).

Un conte inspiré d’une légende portugaise

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C’est à partir d’une légende portugaise que lui a raconté l’auteur et illustrateur Stéphane Poulin que François Gravel, auteur pour les grands comme pour les tout jeunes et les adolescents, a écrit Madame Misère, un album qu’a illustré Patrick Bernatchez.

Madame Misère portait bien son nom. Rien ne lui réussissait et elle n’avait rien à elle jusqu’à ce qu’un arbre étrange se mette à pousser près de son humble cabane. Et pas un arbre ordinaire : un jujubier. Cet arbre pouvait enfin la nourrir. Mais c’était sans compter sur les voleurs des environs qui lui volaient les meilleurs pour ne lui laisser que les noirs.

Avec l’aide de monsieur Malheur, elle pourra enfin se débarrasser des voleurs, mais comme un malheur ne vient jamais seul, madame Mort est aussi venue visiter madame Misère. Mais madame Misère avait plus d’un tour dans son sac et grâce à un astucieux stratagème ne mourra jamais.

Un bien joli texte, des illustrations réussies, voilà ce qu’est Madame Misère, un conte plein d’imagination et de rebondissements qui donne envie de découvrir d’autres légendes portugaises. Au fait, connaissez-vous celle-ci?

Le grand déménagement

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Quand on annonce à Sabine, née en France de parents portugais, que dans deux mois c’est le grand déménagement, c’est la plus mauvaise nouvelle qu’elle a entendue de toute sa vie. Elle, la Française, devrait aller s’enterrer dans le bled d’où viennent ses parents au fin fond du Portugal?

Bien entendu que ce ne sera pas facile pour l’adolescente de passer de Paris au village de sa grand-mère où il n’y a ni libraire ni disquaire. Bien sûr qu’elle ne fera aucun effort pour s’intégrer à sa nouvelle vie, ce qui fera d’elle « l’étrangère ». Et pourtant, la nature sauvage n’est pas pour lui déplaire. Et pourtant, le ciel est presque toujours bleu. Et pourtant, elle voudrait bien découvrir le secret de l’oncle Manuel. Et pourtant, ce n’est pas si moche que ça la danse folklorique.

C’est à un beau roman que nous convie Flore Talamon avec L’étrangère. Un roman qui fera d’une adolescente déracinée une Sabine/Sabina fière d’être à la fois Française et Portugaise, après quelques aventures que je vous laisse découvrir, si le cœur vous en dit.

Un remarquable roman sur l’aphasie

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Certains livres abordent des sujets graves sans porter sur eux tout le poids de cette gravité. Tel est le cas de La dernière licorne de la Namuroise Eva Kavian, une auteure dont j’ai apprécié chacun des livres (voir ici, et là aussi) et qui, avec celui-ci, fait une incursion dans la littérature jeunesse. Un livre porté par l’amour : celui qu’on donne, celui qu’on reçoit, celui qu’on espère, celui dont on doute.

Et c’est cet amour plus fort que tout que Paula a pour Anna, sa sœur aînée devenue aphasique lors d’une chute où la plus grande a tout fait pour protéger la plus petite qui constitue la ligne directrice de ce splendide roman fait de tendresse et d’humour, ceux qu’on retrouve dans tous les livres d’Eva Kavian et qui en font des livres remarquables et marquants.

Un amour tel qu’un jour, pour sauver Anna, Paula ira jusqu’à prendre sa place dans une institution. Un séjour qui la révélera à elle-même et qui fera qu’en quelques semaines tous les événements venus bouleverser son quotidien (notamment la mort de son grand-père) déclencheront une suite d’événements dont tous sortiront métamorphosés.

Un livre qui pose en même temps un regard sur l’aphasie, sur ce monde dans lequel vivent ceux qui en sont atteints et sur les manières de les aider à vivre une vie normale. Un sujet grave, disais-je. Mais c’est sans compter la façon de raconter d’Eva Kavian, sa manière de présenter chacune des étapes de l’apprentissage de Paula avec les yeux d’Anna, qui savent donner juste assez de légèreté au sujet pour que nul n’étouffe, impuissant.

Une fois de plus, chapeau à Eva Kavian qui m’a transportée dans sa Wallonie le temps de quelques expressions bien belges (« faire les poussières », entre autres) tout en nous livrant un roman fort où domine l’amour.

101 bonnes raisons

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« Il faut aider les livres,
car ils n’ont pas de pieds pour aller se promener.
En revanche, ils ont des ailes,
et ils te les prêtent, pendant que tu lis,
aussi longtemps que tu le souhaites.
Il y a beaucoup de raisons pour lire… »

C’est ce qu’annonce Béatrice Masini dans la préface de 101 bonnes raisons de se réjouir de lire, petit livre récemment paru à La Joie de lire (à Genève). Des raisons sérieuses ou pas, qui font réfléchir ou sourire, lesquelles sont accompagnées d’illustrations pleines d’humour signées Guillaume Long. Un livre qui plaira aux petits comme aux grands surtout qu’ils y apprendront entre autres qu’une des bonnes raisons de se réjouir de lire est celle-ci : « On peut lire le menu au restaurant tout seul et commander la plus grosse glace. »

L’enfant sans nom

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Dès les premières phrases de L’enfant sans nom, je me suis trouvée plongée dans un univers séduisant, imaginaire et poétique qui m’a tout de suite conquise. Cet enfant sans père, sans mère, sans nom, créé par Yves Simon et auquel l’illustratrice Évelyne Faivre a donné un visage, a beau chercher, faire le tour du monde, puisqu’il n’a pas besoin de passeport, étant sans nom, nulle part il trouve celui qu’on lui a donné et qu’il ne connaît pas.

Et tout est poésie, rêve, voyages jusqu’aux deux dernières pages alors que l’enfant apprend enfin quel est son nom.

Or, fallait-il vraiment pour l’enfant sans nom et pour nous retomber platement sur terre à la fin? Je suis loin d’en être certaine.