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Même les mangues ont des papiers!

Momo et Khady l’apprendront tôt ou tard. On ne voyage pas d’un pays à l’autre sans papiers. Même si c’est pour aller de l’autre côté du monde pour aider les siens à se nourrir. Puisque même les mangues qui partent à l’étranger sont estampillées et accompagnées de papiers prouvant leur provenance et leur destination.

Yves Pinguilly aborde avec cet album destiné aux jeunes lecteurs le sujet brûlant qu’est l’immigration illicite. Avec tout ce que cela signifie pour celui qui rêve de partir. Avec tout ce que comporte de tristesse quand son rêve lui est refusé.

Même les mangues ont des papiers est un album de toute beauté, autant par la finesse avec laquelle est exploré le sujet que par son aspect visuel grâce aux illustration signées Aurélia Fronty qui compte plus d’une quarantaine d’albums alors qu’elle n’a pas encore 40 ans.

Un album que devrait posséder toute bonne bibliothécaire scolaire. Parce qu’il ouvre sur le monde et pose des questions auxquelles il faut un jour ou l’autre répondre.

Le leçon de piano de Madame Butterfly

Madame Butterfly n’enseigne pas le piano comme on le fait habituellement. Et c’est ce qui semble faire son charme auprès de ses élèves qui lui vouent un attachement profond. Il faut dire qu’elle fait des pizzas aux légumes qui sortent de l’ordinaire, que son chat a l’oreille très développé et qu’une fois par année elle entraîne ses élèves à la conquête de Paris.

Je ne suis pas certaine que les méthodes de Madame Butterfly fassent de ses élèves des pianistes hors du commun, mais ce sont je ne doute pas, c’est qu’ils ont du plaisir à se rendre chez elle et à apprivoiser certaines pièces du répertoire.

La leçon de piano de Madame Butterfly est un bel album ludique qui enchantera les enfants par l’imagination qui domine tant le texte que le les illustrations, tous signés Susanne Janssen. Et pas que les enfants, les grands aussi!

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Pour la petite note bleue

J’avais tellement aimé le livre-cd consacré à Érik Satie que je n’ai pas tardé à me procurer, aussi de Carl Norac, l’album Monsieur Chopin ou le voyage de la note bleue, qui relate un échange épistolaire entre Frédéric Chopin et son ami Titus. L’auteur a d’ailleurs conservé certains passages des lettres du compositeur polonais à son ami.

L’illustratrice Delphine Jacquot, le comédien Jacques Bonnafé et la pianiste Shani Diluka se sont ajoutés à Carl Norac pour signer ce produit auquel on ne peut trouver que des qualités tant l’histoire relatée est pleine de finesse et de poésie, le ton du comédien juste, l’interprétation de la musicienne respectueuse et sensible, et les toiles qui illustrent les différentes lettres rien de moins que magnifiques. Cet extrait vous prouvera ce que j’avance.

Monsieur Chopin ou le voyage de la note bleue : à offrir ou à conserver. Pour la petite note bleue. Celle que Chopin a cherchée toute sa vie. Celle qui est peut-être là, dans ce très album. Mais je ne vous dirai pas où.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ». challenge.gif

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Au pays de Duneton

Alors que la mort de l’écrivain Claude Duneton est passée plutôt inaperçue ou, à tout le moins, sans qu’elle soit signalée autant qu’elle le méritait, j’ai eu envie d’ouvrir un livre que j’ai acheté lors de sa sortie et qu’il n’a cessé de renouveler depuis sa première édition en 1978, La puce à l’oreille.

J’ai donc ouvert au hasard l’édition qu’a publié Balland en 2001. Et chaque page est un ravissement pour tout amoureux de la langue, pour toute personne curieuse de découvrir comment certaines expressions qui ont la vie dure ou qui sont entrées en désuétude ont été « inventées » de toutes pièces ou graduellement. Car La puce à l’oreille traque les expressions imagées et leur histoire, ce qui en fait un formidable dictionnaire qu’on peut laisser traîner à la maison ou au travail afin de pouvoir le consulter, s’en inspirer ou sans y chercher une expression en particulier. Pour le plaisir simple d’apprendre.

Damer le pion, porter le chapeau, rouler un patin, rire jaune, passer l’arme à gauche, tenir la dragée haute, un coup de théâtre, un chien regarde bien un évêque, un rhume carabiné, payer en monnaie de singe, ménager la chèvre et le chou, se tenir à carreau, voilà quelques-unes des expressions sur lesquelles ce dénicheur d’expressions et historien de la langue s’est pencée le temps de ce livre exceptionnel qu’est La puce à l’oreille. Un livre que j’ai offert, que j’ai suggéré à des clients du temps de ma vie de libraire et qui demeure parmi les titres de ma bibliothèque un de ceux dont je ne me séparerai pas.

Consulter La puce à l’oreille m’a donné envie de me plonger dans un livre du même genre que l’auteur du Bouquet des expressions imagées a destiné aux jeunes : Les origimots. Au lieu de s’intéresser aux expressions et à leur provenance, le livre Les origimots, mot créé par l’association du mot origine et de mot, est un livre consacré à l’étymologie de certains mots courants de la langue française qui tirent leur origine de mots empruntés pour la plupart à d’autres langues et déformés avec le temps, parce que les mots furent d’abord dits avant d’être écrits avec l’arrivée de l’imprimerie.

Convenons-en d’entrée de jeu, ce titre n’a pas la qualité de La puce à l’oreille. Il fait même preuve, à certains égards, parce qu’il se veut ludique en même temps qu’informatif, d’un peu de relâchement face à l’Histoire. Ainsi, une partie du résumé concernant le 20e siècle : « Il fut particulièrement riche en événements de toutes sortes et il connut plusieurs républiques. Les Français et les Allemands se fâchèrent d’abord dans une guerre gigantesque et cruelle que l’on appela la Grande Guerre. Elle fit des millions de morts que l’on a inscrits sur des monuments partout en France, et autant de handicapés. Les deux pays firent la paix, mais ils étaient tellement fâchés qu’ils recommencèrent a se battre, et à organiser une autre guerre affreuse, qui s’étendit au monde entier, avec encore plus de partout. »

Duneton aurait mieux fait de ne pas s’aventurer sur des terrains autres que linguistiques. Ce que vous venez de lire en est la preuve. Mais pour ce qui est des mots qu’il a décortiqués dans ce livre illustré par Nestor Salas, voilà une belle réussite.

L’univers de Duneton, à (re)découvrir.

Un bijou!

Face à un livre et au CD qui l’accompagne aussi réussis que Comptines & berceuses corses, je ne peux crier que bravo! à l’équipe de Didier Jeunesse qui est derrière cette production, en commençant par Nathalie Soussana qui a recueilli les 29 chansons et comptines; Élodie Nouhen qui a illustré l’album; Jean-Christophe Hoarau qui a assuré la réalisation musicale du CD; la traductrice Jacqueline Acquaviva-Bosseur; Dominique Salini qui signe l’introduction et les commentaires; les musiciens et les chanteurs.

Oui, bravo, bravissimo! Car voilà là un magnifique produit qui fait appel à la tradition et la perpétue, tout en donnant à la langue corse ses lettres de noblesse. Un album qu’on peut feuilleter pendant de longues heures et un CD qu’on peut écouter de pair ou seul, ce dernier proposant des titres qu’on se met à fredonner après la deuxième écoute tant mélodie et rythme sont accrocheurs.

Comptines & berceuses corses plaira aux enfants, aux enseignants, aux parents et grands-parents, qu’ils soient corses ou non. Vous avez bien noté le titre, dites? Ce n’est pas tous les jours qu’on croise pareil bijou!

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La tour de Babel

Le temps d’un album tout en finesse et en nuances, Francine Vidal et l’illustratrice Élodie Nouhen ont revisité la tour de Babel et adapté l’histoire, mais sans trahir son sens et sa portée. Et c’était là tout un tour de force. En effet, la notion même de la tour de Babel fait tellement partie des idées reçues qu’il est difficile d’inventer un autre discours et une manière nouvelle de la raconter.

Pourtant, elles ont réussi. La tour de Babel est un superbe album, entre autres en raison des illustrations toutes plus poétiques les unes que les autres et aussi par cette idée d’une tour pour atteindre le ciel qui y est déployée, ce qui ne sera pas sans conséquences pour la population de ce royaume mis en scène dans cet album à mettre entre toutes les mains, grandes comme petites.

La tour de Babel est une incursion des plus réussies dans le monde du déjà su, mais avec un nouvel angle et une vision englobante qui n’ont rien à envier aux versions déjà connues. En bref, un titre essentiel.

L’étoile perdue

Simone Wal a grandi pendant la Seconde guerre mondiale. En fait, elle avait à l’époque l’âge qu’a Magali, l’héroïne de L’étoile perdue, son tout premier roman, lequel est en cours d’adaptation pour le cinéma. De plus, Simone Wal est musicienne, tout comme le jeune berger des voisins de ses grands-parents qui n’est pas vraiment un berger, mais un Juif qui a fui Paris et les soldats allemands.

L’étoile perdue ne changera pas l’histoire de la littérature jeunesse par son style ou des personnages hors du commun, mais le livre est sans prétention et le personnage de Magali attachant. Et puis, certaines allusions aux collaborateurs comme aux résistants ne sont pas assez explicites pour ennuyer un jeune lecteur mais juste assez claires pour piquer sa curiosité au point qu’il continue lui-même à explorer le sujet par des questions ou d’autres lectures. Et c’est à mon avis une jolie réussite.

Simone Wal signe avec L’étoile perdue un roman historique qui tient la route et qui met en scène une héroïne inoubliable.

L’histoire d’un grain de sable

Il était une fois un grain de sable qui voulait une autre vie que celle d’un grain de sable parmi d’autres grains de sable.

Il était une fois un grain de sable qui se nicha dans la chevelure d’une petite fille, qui s’y plut, mais qui, par la force des choses, parce que l’eau chasse le sable, retourna là d’où il venait.

Il était une fois une petite fille qui rêvait de trouver une perle alors qu’un grain de sable ne rêvait que de retrouver la fillette aux cheveux d’or même si des années s’étaient écoulées depuis leur séparation.

Il était une fois un conte où une fée choisit de réaliser deux rêves. Et ce joli conte qui raconte la naissance d’une perle s’appelle L’histoire d’un grain de sable.

Il était une fois une grande fille qui aime toujours les contes de fées. Elle ne pouvait qu’aimer ce livre. Il n’y a pas d’âge pour les jolis contes.

Monsieur Satie

Si vous aimez Érik Satie et si vous avez envie de le faire découvrir aux enfants, il existe un bijou de livre pour le faire, à savoir celui que signe l’écrivain belge Carl Norac, intitulé Monsieur Satie, l’homme qui avait un piano dans la tête, accompagné d’un CD, lequel nous livre le texte lu par le comédien François Morel et quelques extraits musicaux interprétés pour l’occasion par le pianiste Frédéric Vaysse-Knitter.

Le tout est accompagné par des illustrations remarquables d’Élodie Nouhen, laquelle a su intégrer dans ses images la fantaisie suscitée par le texte de Norac, la musique de Satie et le personnage qu’il était.

Un bijou de livre, vous dis-je. Vous pouvez d’ailleurs le constater en écoutant cet extrait à défaut de le feuilleter. Un livre que je recommande aux parents, aux enseignants, aux professeurs de musique, aux bibliothécaires et aux mélomanes. Sans hésitation. Il fait partie des cinq plus beaux albums destinés aux jeunes que j’ai eu le plaisir de découvrir ces dernières années.

En dire davantage ne permettrait que d’ajouter d’autres superlatifs. La suite est entre vos mains, ou du moins le sera quand vous aurez le livre en main!

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Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge » et du

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Les utilités du skountz

Je ne vous cacherai pas que depuis que j’ai découvert Sandrine Lhomme grâce à ses illustrations de La Terre s’est enrhumée, j’ai bien l’intention de faire le tour de chacun des titres de sa bibliographie.

C’est comme ça que j’ai ouvert Le skountz. Sans savoir ce qu’était un skountz et bien décidée à tout savoir sur les skountz. Et comme je me suis amusée malgré mes 10 fois 5 ans alors que Théo, le héros de cet album à l’imagination débridée, cherchait à quoi pouvait bien servir ce qu’il venait de découvrir et auquel il avait attribué le nom de skountz. Un album drôle et intelligent, qui pourrait entre les mains de bibliothécaires ou d’enseignants passionnés devenir plus qu’un album ludique, à savoir peut-être même un outil didactique tant il offre de possibilités. Je n’en dis pas plus. Je vous laisse découvrir ce qu’est un skountz. Surprise garantie.