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Nul poisson où aller

Avec Nul poisson où aller, Marie-Francine Hébert aborde le sujet grave qu’est la guerre avec énormément de poésie. Pour ce faire, elle a choisi de mettre en parallèle la vie d’une petite fille et le contenu de son livre préféré qu’elle laisse derrière elle à l’heure du départ forcé.

La guerre n’est ni un sujet simple, ni un sujet facile. C’est de plus un sujet bouleversant autant pour les petits que pour les grands. Et pourtant, Marie-Francine Hébert sait faire du choc des soldats qui entrent chez soi de force, du fait de quitter sa maison dans les cinq minutes, de membres de la même famille séparés, d’une destination inconnue comme but du voyage, d’un regard qu’on reconnaît qui est passé à l’ennemi, du poisson qu’il faut sauver et de l’incertitude qui nous guette un album sans haine, sans accusation et sans procès, et dont la dominante est d’emblée la douceur, laquelle sera maintenue jusqu’à la dernière page.

Soutenu par les aquarelles empreintes de sobriété et de douceur, le texte de Marie-Francine Hébert est peut-être un de ses plus forts tant il touche et atteint. Destiné aux jeunes, Nul poisson où aller demeure un album pour lecteurs avertis à cause de son sujet et constitue une porte d’entrée à qui voudra échanger en classe ou ailleurs sur ce sujet qui sera toujours d’actualité.

Vous prendrez bien un peu de swing?

Zazou, la petite cigale brésilienne de l’album Swing café vous répondra oui sans hésiter, elle qui a fait le voyage jusqu’à New York pour découvrir l’Amérique, sans savoir que c’est le pays du jazz et du swing qui découvrirait son talent. Bel album, comme c’est le cas de tous les albums illustrés par Rébecca Dautremer, Swing café, imaginé par le prolifique Carl Norac, n’est cependant pas parfait. La narration de Jeanne Balibar y est pour quelque chose, car elle est d’un laconisme navrant pour au moins la première moitié de l’album. de plus, lors des rares moments où elle s’enflamme, ça sonne presque faux tant c’est emprunté. Le choix de ne pas présenter les artistes, les Carmen Miranda, Lionel Hampton, Duke Ellington et autres est à mon avis un autre manque, même s’il s’agit probablement là du choix de ceux qui ont réalisé Swing café.

Il n’en reste pas moins que le tout est un bel objet. Imparfait. Mais au texte et aux illustrations des plus réussis. Aux plus grands de le lire aux plus petits. Ils seront sûrement plus convaincants que Jeanne Balibar.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge »challenge.gif

et du challenge-des-notes-et-des-mots-4.jpg
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Bonjour les hirondelles

J’aime les albums, même si ce n’est plus de mon âge. Et je les dévore avec l’enthousiasme de ceux qui ont un âge que je n’ai plus depuis longtemps. Et quand ils sont beaux, qu’ils me font rêver, qu’ils me racontent des histoires qui me donnent des ailes, me voilà aussi en joie que la petite fille en moi qui n’a jamais voulu me quitter pour ne lire que des histoires de grandes personnes.

C’est pour cette raison que je me suis laissée charmer et emporter par l’aventure que vit Monsieur Dubout sur le chemin du travail alors que des hirondelles arrivent de partout lui rappelant à quel point il les aimait enfant. Écrit par Hélène Suzzoni et illustré par Isabelle Arsenault, l’album Bonjour les hirondelles devrait faire rêver même les plus terre-à-terre d’entre vous.

Et aussi, vous ne regarderez plus les hirondelles de la même manière. Je n’en dis pas plus. C’est que je suis en train de chanter. Du Trenet. Vous savez quelle chanson?

Le cœur de Monsieur Gauguin

Quelle enfance a eu Gauguin? s’est demandée Marie-Danielle Croteau. C’est ainsi qu’est née la collection Au pays des grands dont les cinq albums parus racontent l’enfance d’un artiste de façon poétique.

Ainsi, Le cœur de Monsieur Gauguin, qui relate la mort du père de Paul Gauguin alors qu’il était enfant et comment ce dernier se serait pris de passion pour la peinture. Ce qui nous donne un album sans faste mais tellement tendre, tellement empreint de douceur, que tout enfant qui le lira voudra, c’est quasi sûr et certain, en savoir plus sur cet enfant qui avait un chien imaginaire et dont le premier tableau fut un hommage à son père.

Pas étonnant que Le cœur de Monsieur Gauguin ait reçu le prix du Gouverneur général catégorie jeunesse. L’album illustré par Isabelle Arsenault apporte au texte de Marie-Danielle Croteau les couleurs nécessaires pour que nous puissions, petits et grands, rêver. Oui, rêver.

Une chanson devenue un très banal album

Je connaissais la chanson. Je crois même que Thomas Fersen l’a interprétée lors des Francofolies de Montréal en 2007. Mais je ne savais pas que La chauve-souris était devenue un album pour enfants où le texte de Fersen avait inspiré des dessins à l’illustratrice Aude Poirot.

Autant j’aimais l’idée avant de plonger dans l’album, autant je n’ai pas été convaincue par les dessins de cette artiste qui publiait son premier album il y a dix ans. Mais alors là, pas du tout. À dire vrai, j’ai même détesté ses dessins probablement volontairement infantiles, lesquels manquent de poésie, alors que le texte en est empreint, et qui m’ont paru bâclés à l’heure où tout illustrateur peaufine son travail.

Il faut donc plus, et je ne le répéterai jamais assez, qu’une idée pour faire un livre réussi. Le très banal album La chauve-souris le prouve bien. Hélas.

Le luthier de Venise

Quel beau livre que celui du tandem Claude Clément (pour le texte) et Frédéric Clément (pour les illustrations) avec Le luthier de Venise. Un luthier, un arbre et un violoncelliste forment le trio de cette histoire qui est à la fois un hommage à la musique comme à ceux qui font en sorte qu’elle puisse exister, autant l’arbre qui fournit son bois que le luthier qui fabrique l’instrument.

Il faut pour que la musique ait vraiment lieu, qu’elle se déploie et prenne son envol, pour que même les oiseaux soient émus, que chacun des trois (luthier, arbre, musicien) mette toute leur âme dans le moindre geste. C’est cela que nous raconte Claude Clément avec cette histoire qui a pour toile de fond Venise à l’heure du carnaval, des costumes et des masques, ce qui a donné l’occasion à Frédéric Clément de créer des illustrations qui sont de véritables poèmes.

Un livre dont deux grands-mamans de ma connaissance, Chantal et Margalide pour ne pas les nommer, doivent absolument noter le titre afin de pouvoir l’offrir à deux trésors quand ils seront en âge de lire.

Le luthier de Venise, un MA-GNI-FI-QUE album.

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À bas les vacances!

À bas les vacances! C’est ce qu’a décrété le héros de l’album que signe Christine Féret-Fleury aux 400 coups. Et avec raison! Il n’y a rien de plus épuisant que les vacances, qu’elles soient à la mer, à la montagne ou à la campagne. Jamais une minute de répit. Il faut sans cesse s’activer. Jamais une seconde pour rêver. Il y a tant de choses à apprendre, à retenir. Décidément, les vacances n’ont rien à voir avec ce qu’elles prétendent être.

Illustré par Jean-Luc Trudel, l’album À bas les vacances! est un livre soigné, amusant, et même instructif! Un livre qui fait sourire. Beaucoup sourire! À offrir comme cadeau de vacances autant aux enfants qu’aux parents qui ont peur que leurs enfants s’ennuient…

Le cœur de Violette

Il y a en moi une petite fille qui aimera toujours les histoires de princesses. Même si je n’ai plus l’âge de le faire. Même si certains disent que c’est complètement démodé. Même si de grands essayistes se sont penchés sur le message qu’elles portent. Il y a en moi une petite fille qui a été conquise par le très beau livre de Michel Piquemal intitulé Le cœur de Violette, lequel raconte l’histoire d’une princesse à qui on a volé le cœur. Elle ne ressent donc jamais rien, ni joie, ni tristesse, passant à la surface des choses sans s’émouvoir. Sans regrets. Jusqu’à ce que le jeune prince qui est tombé amoureux d’elle soit malade…

Une belle histoire qui va au delà des histoires de princesses. Une belle réflexion doublée d’un véritable conte superbement illustré par Nathalie Novi. À offrir aux jeunes princesses de votre entourage. Il y en a encore. J’en ai rencontré une il y a dix jours.

Pétronille et sa barbouillette

J’ai eu un véritable coup de foudre pour le tout nouvel album de Michèle Marineau intitulé Barbouilette, lequel a été illustré de main de maître par Manon Gauthier.

Mais. Car il y a un mais. C’est hélas un album qui va avoir de la difficulté à vivre hors Québec même si Pétronille la têtue est amusante dans sa volonté de ne pas dire le mot débarbouillette mais plutôt barbouillette. Si bien que tout se barbouille chaque fois qu’elle dit barbouillette. Les pièces de la maison, les vêtements, le mobilier, la peau et même le chien. Si bien qu’on ne trouve plus rien!

Mais comment faire dire débarbouillette à Pétronille? C’est ce que propose cet album ludique autour de la langue qui, j’en suis convaincue, saura faire le délice de tous.

Maintenant, dites-moi. Pourquoi les Européens en sont-ils restés au gant de toilette alors que nous sommes depuis longtemps passés à la débarbouillette?

Lili Plume

Avant de faire la connaissance de Lili Plume, je n’aurais jamais pu imaginer qu’autant d’objets pouvaient être perdus et jamais réclamés. Des objets hétéroclites, bien entendu. Mais surtout étonnants.

Et il y en a tellement que Lili Plume, la réceptionniste du Bureau des objets perdus, travaille sans relâche et sans jamais prendre des vacances. Il y a tant de gens à satisfaire et d’objets à classer. Cette situation donne lieu à un album plein de charme et de fantaisie concocté par l’auteure et illustratrice québécoise Natali Fortier. Un album peine de tendresse et de douceur, qui ne ménage pas l’humour tout en nous apportant un peu de la sagesse qui manque tant à notre société.

Et de plus, un album qui se termine de bien jolie façon, laquelle laissera songeur tout lecteur, qu’il soit petit ou grand. Je vous laisse en juger. Pas question que j’en dise plus!