Commentaires récents
Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
Pas abracadabrant, hélas

Il n’est pas si abracadabrant que ça l’Abécédaire abracadabrant imaginé par trois jeunes grands-mères à l’intention de leurs petits-enfants. Mais sympathique, même s’il ne révolutionnera pas le monde des abécédaires. Pas vraiment original, mais pas moche non plus. Pas vraiment différent de ce qui s’est fait ces dernières années ailleurs comme ici.

Vous auriez pourtant aimé vous dire quand vous en avez fini la lecture autre chose qu' »un autre abécédaire », car il ne vous restera pas grand-chose de celui-ci tant il ne se démarque pas. À moins que vous n’ayez raté l’essentiel? Une deuxième lecture ne vous convainc pas. Il manque décidément quelque chose à l’album pour qu’il prenne son envol; il lui manque des ailes. Vous savez, ce grain de folie qui vous donne des ailes. Il n’y est pas. Malgré l’imagination des auteures.

Dommage. Une fois de plus j’aimais le titre…

Quand Mina apprend ce que signifie l’amitié

Je ne peux pas lire un livre de Caroline Merola sans me rappeler l’époque où nous animions toutes les deux une émission à la télévision communautaire, celle à laquelle elle participait portant sur la bande dessinée alors que je m’intéressais à la littérature québécoise, et le plaisir que j’avais eu de la retrouver lors de la parution de sa première bande dessinée pour une courte entrevue dans Elle Québec.

Ce sont donc les yeux pétillants et la voix chaleureuse de Caroline qui ont accompagné ma lecture de Vilaine princesse!, un album où Mina, une princesse qui ne pense qu’à elle-même apprendra à ses dépens le sens véritable de l’amitié lorsque la pâtissière lui jouera un bon tour afin de lui donner une leçon. Une histoire toute simple, efficace en même temps qu’amusante qui, sous l’apparence d’un album ludique, livre un message fort qui touchera chacun des parents, enseignants et enfants qui auront le plaisir de le parcourir, lequel pourra être exploité à des fins éducatives, ce qui ajoute à cet album.

Un cri si fort

Imaginez un cri. Un cri tellement fort, tellement puissant qu’il va bouleverser la vie d’un quartier et susciter une enquête afin qu’on en trouve l’origine. Un cri tellement unique qu’il a traversé les murs, réveillé les Martiens et fait peur aux voleurs de banque. Mais d’où peut-il bien provenir? Et qui donc a pu pousser un tel cri?

C’est cette aventure que nous propose Fanny Robin dans Un cri si fort, un album destiné aux plus jeunes qu’a illustré avec finesse et imagination Charlotte Cottereau à qui on doit entre autres les magnifiques illustrations de La petite terre de papier.

Un album qui attise l’imagination des enfants qui auront sûrement nombre de propositions à faire pour expliquer ce cri si le livre est lu à haute lors d’une heure du conte en bibliothèque ou en classe. Seul bémol : le choix de l’écriture cursive. En effet, elle n’est pas identique d’un côté et de l’autre de l’océan.

Et pourtant, j’aimais bien le titre

Ze vais te manzer met en scène un loup affamé qui a un problème de zozotement. C’est donc par un « Ze vais te manzer » peu convaincant qu’il accueille chacun des lapins et un même un ours. Sans succès. Car retiré le poil sur la langue, le problème demeure : le loup a entre-temps perdu toutes ses dents.

Si, une fois de plus, l’idée était amusante, je demeure perplexe devant le résultat. En effet, je n’ai pas beaucoup aimé les illustrations de Laure du Faÿ, lesquelles sont tout de même efficaces, je ne le conteste pas. C’est une question de goût personnel. De plus, je n’ai pas compris le choix de l’éditeur en matière de typographie. Je ne vois pas le but de tout écrire en lettres majuscules.

Et pourtant, j’aimais bien le titre.

Grosse, très grosse déception

Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai l’impression qu’une déception est plus grande quand il s’agit de littérature jeunesse que quand il est question de littérature pour adultes. Est-ce parce que je m’attends à un travail plus soigné autant en ce qui concerne le texte que l’image? Peut-être bien. Ou alors à plus de passion de la part de l’éditeur parce qu’il occupe une plus grande place dans la production de livres destinés aux petits que dans celle réservée aux livres pour adultes? Peut-être aussi.

Je sais aussi que je pourrais ne pas parler des livres qui ne m’ont pas plu pour toutes sortes de raisons, que je pourrais les oublier. Mais je n’y arrive pas. L’ancienne libraire en moi n’est pas morte et ne peut admettre que des livres de peu d’intérêt soient mis de l’avant pour des raisons liées au marketing ou à la réputation (parfois surfaite) d’une maison d’édition ou d’un auteur. Je ne dis pas que certaines maisons d’édition dédiées à la littérature jeunesse ne méritent pas la place qui leur a été faite au fil des ans : il y en a plus d’une qui fait du bon, du très bon travail.

Or la lecture de L’abominable, un album écrit par Danielle Chaperon et illustré par Iris, a été une énorme déception alors que le sujet avait tout pour m’intéresser. En effet, comment une amitié qui réunit deux inséparables peut-elle survivre à l’arrivée d’une troisième personne qui prend beaucoup de place? Comment traverser cette abominable situation et faire face à « l’abominable », nom qui sied bien à celle qui s’est immiscée dans ce duo qu’on croyait indestructible?

Le texte de Danielle Chaperon n’est pas sans intérêt. L’auteure se glisse avec habileté dans la peau de celle qui se sent lésée quand une troisième arrive et, avec peu de mots, sait nous décrire ce que peut ressentir quelqu’un qui n’a plus l’exclusivité de l’amitié. Mais pourquoi a-t-il fallu cette fin où la petite estime finalement qu’elle est aimée parce qu’on lui offre des cadeaux? Et surtout, pourquoi tous les personnages sont-ils des animaux et non pas des êtres humains? Il y a longtemps que je n’avais vu plus laides illustrations.

Grosse, très grosse déception.

Le camion de pépites

Quelqu’un aimant le chocolat ne peut qu’être attiré par un album où il est question d’un camion qui transporte des pépites de chocolat, non? C’est donc avec les papilles prêtes à tout et à savourer une aventure chocolatée que j’ai ouvert Le camion des pépites de Renée Robitaille. Or l’album, s’il est illustré avec beaucoup d’imagination par Caroline Hamel, ne va pas plus loin que l’anecdote, à savoir un jeune garçon puis sa maman aux prises avec le monstre des pépites qui les a engloutis à tour de rôle. C’est peu. Si peu que je suis poussée à croire qu’il n’a pas ce qu’il faut pour inviter à une deuxième lecture ou susciter des questions ou une réflexion. Mais il n’est pas dit que je ne me trompe pas.

La petite bille de Camille

Comme je travaille pour un organisme dédié à l’éradication du cancer, je ne pouvais que m’intéresser à La petite bille de Camille, un album écrit par Céline Lamour-Crochet et illustré par Coralie Saudo, lequel met en scène une petite fille aux prises avec le cancer.

L’album étant destiné aux plus petits, auteure et illustratrice ont choisi des mots accessibles et des images simples pour aborder en quelques scènes seulement les symptômes, le diagnostic et le traitement.

Oui, le cancer change la vie. Camille nous le montre bien dans cet album où elle traverse chacun des étapes jusqu’à sa guérison. Non, le cancer ne s’attrape pas en fréquentant et en entourant de soins quelqu’un qui a cette maladie. L’auteure a eu la bonne idée de le mentionner dans son album.

Bien entendu, tout enfant qui lira cet album ne trouvera pas réponse à toutes les questions qui pourront lui venir en tête au fil de sa lecture. La petite bille de Camille est un album portant sur une petite fille devant faire face au cancer et non pas un documentaire sur cette maladie. Et justement, parce qu’il aborde le sujet sans trop de détails, l’album peut servir d’introduction aux parents, aux enseignants, aux psychologues et aux médecins tenus d’en parler un jour ou l’autre.

Une belle réussite.

La symphonie des baleines

C’est un événement qui a eu lieu au cours de l’hiver 1984-1985 qui a inspiré au musicien Steve Schuch le très bel album La symphonie des baleines. Cette année-là, 3000 baleines allaient être retenues prisonnières des glaces qui se formaient dans la péninsule de Chukchi et dans le détroit de Senyavina, qui sépare l’Alaska de la Sibérie.

Or Glashka, qui entend leur chant, sait qu’elles sont là. Paniquées. Elle sait qu’il faut les aider, qu’elle a peu de temps pour agir et avertir les autorités du petit village d’Alaska où elle vit, sans quoi elle périront. Elle sait aussi que les instances décisionnaires devront elles aussi ne pas tarder avant de demander du secours. C’est un brise-glace soviétique qui ouvrira le chemin, mais pas seul. En effet, les baleines aimant la musique classique, elles ont suivi le navire qui en diffusait. Tout simplement. Et c’est ce qui les a sauvées.

Rien n’a été inventé dans La symphonie des baleines sauf le personnage de Glashka, ce qui ajoute de la poésie à cette histoire émouvante et permet aux jeunes lecteurs de s’identifier à quelqu’un de leur âge. De plus, ils tomberont sous le charme des illustrations signées Peter Sylvada qui avait su avec finesse donner des images au très bel album On se retrouvera.

Cette histoire, avant d’inspirer ce conte à Steve Schuch, lui avait d’abord fait composer une mélodie pour violon. Une mélodie qui, j’ose le croire, plait aux baleines.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots challenge-des-notes-et-des-mots-4.jpg

Cocorico!

Tout amoureux de la langue française et un peu curieux, qu’il ait 7 ou 77 ans, aura un plaisir fou à parcourir Cocorico! Tout plein d’histoires qui parlent des langues, le plus récent titre jeunesse de François Gravel, qui écrit autant pour les grands que pour les petits depuis plus d’un quart d’un siècle.

Surtout ludique, ce titre qui nous dévoile quel est le mot le plus long de tous, qui nous explique pourquoi la langue des indiens navajos a été utile lors de conflits armés, qui nous résume la naissance et les conséquences de la tour de Babel et s’intéresse à des détails qui font sourire, est un bijou du genre.

Illustré avec beaucoup d’originalité par Katy Lemay, qui a sûrement pris beaucoup de plaisir à la réalisation de ce livre tant le résultat est jubilatoire, Cocorico! est le livre parfait pour les trajets en voiture, la plage et même les salles d’attente.

Une fois de plus, François Gravel montre à ses lecteurs son grand talent de conteur. Qu’ils aient 7 ou 77 ans. Car il n’y a pas d’âge pour la curiosité et le plaisir.

La maison en petits cubes

La maison en petits cubes a d’abord été un film d’animation avant qu’il ne soit adapté et complètement réécrit par ses deux concepteurs, Kunio Katô pour les illustrations et Kenya Hirata pour le texte. Il s’agirait, aux dires de ceux qui ont vu le film, d’une prolongation du film puisque l’album va plus loin tout en nous racontant la fabuleuse histoire d’un vieil homme qui est maintenant le seul habitant d’une ville qui a été complètement engloutie par l’eau au fil des ans.

Alors que les maisons gagnaient en hauteur, à la manière de cubes qui s’emboitent et s’empilent, celles qui les précédaient étaient immergées avec les souvenirs qu’elles contenaient tandis qu’il fallait un bateau pour visiter ses voisins, ce qui a poussé chacun à partir, petit à petit.

Mais le vieil homme ne partira pas. Là est sa maison, celle qui a vu grandir ses enfants, celle où il a soigné sa femme disparue, celle où il compte bien finir ses jours. Sa maison en petits cubes.

Vous aurez compris que j’ai eu un véritable coup de foudre pour cet album plein de poésie, de douceur et de tendresse, inspiré par le film éponyme à qui on a décerné l’Oscar du meilleur court-métrage d’animation.