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Un jour, mes parents viendront

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Il est question d’attente et d’espoir. Il est aussi question d’amour. De celui qui va tout bouleverser sur son passage le jour où il va entrer pour toujours dans notre vie. Il est question de cette vie pas si malheureuse que ça qui est la nôtre au quotidien. De cette vie où on joue avec les autres, avec ceux qu’un jour on viendra chercher les uns après les autres.

Il est question de cette attente qui a pris le pas sur (presque) tout. Une attente pleine de confiance, malgré les années qui passent, même si on n’est plus un bébé. Une attente qui, d’une certaine façon, nous nourrit parce qu’elle est faite d’espérance. Parce qu’elle permet d’emmagasiner de l’amour et encore de l’amour pour ce jour qui viendra, qui ne peut que venir.

C’est là l’histoire d’Un jour mes parents viendront que signe Ingrid Chabbert avec la tendresse qu’on lui connaît et qui est presque devenue sa marque de commerce. Une histoire déjà douce et qui l’est encore plus grâce aux illustrations de Stéphanie Augusseau. Avec une fin qu’aurait bien appréciée un de mes proches amis qui a attendu en vain que sa mère qui l’avait abandonné vienne un jour le chercher à l’orphelinat.

Sur un arbre perché

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Si vous avez dans votre entourage un enfant qui aime revendiquer, qui n’hésite pas à parler plus fort que les autres pour obtenir ce qu’il estime être juste et bon, qui a « du front tout le tour de la tête » quand il s’agit de demander, à qui rien ne fait peur, Sur un arbre perché est probablement pour lui.

Écrit par Mikaël Ollivier, ce roman d’une cinquantaine de pages raconte comment le jeune Camille a décidé d’aller au front afin de sauver le vieux cèdre de la cour d’école que le maire a décidé de faire abattre pour des raisons plus ou moins claires. Des raisons illogiques selon Camille et ceux qui ont décidé de le suivre, lesquels n’ont pas l’intention de voir l’arbre disparaître pas plus qu’ils n’ont l’intention de céder le moindre centimètre à l’ennemi.

C’est pour ça que Camille a créé l’APPAM, l’Association Pour la Protection des Arbres dans le Monde. Une association qui risque de faire du bruit et de faire en sorte de changer les choses. Preuve que « quand on veut on peut » et que quand on prend les grands moyens et qu’on s’unit, on peut arriver à faire de grandes choses, même si on n’a pas l’âge de ceux qui ont le pouvoir.

Un bel exemple à suivre.

Des livres pour le plaisir!

nicolas

Chaque fois que Nicolas est aux prises avec un problème, un défi, une question ou une hésitation, chacun des membres de sa famille vient à son secours et lui propose une solution : un livre qui lui permettra de résoudre le problème du moment. Nicolas ne connaît donc des livres que leur côté utilitaire et, disons-le, ennuyeux. Car tout ce qui n’est qu’utile n’a qu’un intérêt limité, et encore plus quand on est un enfant.

Nicolas n’a donc aucune idée de ce qu’est un livre… inutile. Un livre pour le plaisir. Un livre qui fait rêver. Un livre qui nous entraîne dans des aventures hors de l’ordinaire. Un livre qui fait battre le cœur et briller les yeux. Qui fait trembler dans le noir ou qui donne des ailes. Jusqu’à ce que sa sœur l’emmène à la bibliothèque et lui montre à quel point les livres peuvent être amusants.

Écrit par Gilles Tibo et illustré par Bruno St-Aubin, l’album Des livres pour Nicolas! s’adresse aux lecteurs débutants comme à leurs parents qui n’ont peut-être pas (tous) compris que les livres, ça peut ne servir à rien d’autre qu’au plaisir.

Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2

Une déception de A à Z

Impression

Vous arrive-t-il de fermer un livre avec le sentiment d’avoir été floué de A à Z? C’est ce qui vient de m’arriver. Et j’ai eu beau relire le livre, rien n’y fait. Ma première impression n’a pas changé.

Pourtant, j’aimais l’idée d’un personnage bravant tous les dangers afin de trouver qui était responsable de l’effacement des mots dans les livres, une opération qui prenait chaque jour plus d’ampleur. Oui, j’aimais l’idée. Parce que, pour le reste, L’impitoyable questionneur ne me laissera pas le souvenir d’un livre réussi. Ce serait même plutôt le contraire.

Un vilain qui veut attirer un super-héros chez lui afin qu’il devienne lui aussi un méchant, voilà en gros ce que nous raconte plutôt Arnaud Alméras et que nous montre Jacques Azam, dont les illustrations m’ont vraiment, mais vraiment déplu, tant elles sont laides, voire repoussantes.

Un album à oublier.

Capucine se déguise

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L’album signé Lorentz et illustré par Izou ne révolutionnera pas le monde des albums jeunesse. Ce n’est probablement pas son but. Capucine et la malle aux trésors de Mamie est avant tout un album ludique dont l’intérêt principal est de nous montrer la fantaisie d’une grand-mère aux doigts de fée grâce à de jolies illustrations.

On prendra plaisir à regarder celles-ci, mais l’album ne pourra pas servir à l’apprentissage de la lecture au Québec. En effet, à cause de l’écriture cursive européenne différente de la nôtre qui a été choisie, l’album écartera de nombreux lecteurs potentiels. Dommage. Les déguisements de Capucine étaient pourtant jolis.

La boîte aux mots interdits

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Le distingué Maitre Tao, professeur de Dignité, a horreur de certains mots, parce qu’ils n’ont pas de classe. Ils sont juste rigolos. C’est pour cette raison qu’il les enferme dans une boîte. Pas question qu’on les utilise dans sa maison! Et pourtant, chichi, papouille, couci-couça et chouia sont bien inoffensifs et n’ont rien à voir avec les gros mots qu’on proscrit d’ordinaire aux enfants.

Profitant du fait que le sérieux professeur et son épouse sont sortis faire des fous, Dizi Tôa, leur jeune fils, en profite pour soulever avec précaution le couvercle de la boîte, les mots enfermés ayant promis de lui obéir s’il les libérait. Les mots, trop heureux de pouvoir se promener à leur guise, bousculent le garçon et s’envolent hors de la maison, au grand bonheur des voisins et des commerçants du quartier qui adoptent les fripouille, patatouf, bidouille et autres mots interdits par le grand maître avec un bonheur si évident qu’au retour de ce dernier, il faudra changer les règles.

La boîte aux mots interdits est un véritable bonheur en même temps qu’une leçon de vocabulaire. Quiconque plonge dans cet album écrit par Marie Bataille et illustré par Ulisses Wensell en sortira avec un sourire grand comme ça. Rien de moins.

Lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres – Saison 2

Iggy Peck l’architecte

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Je dois vous dire une chose. J’ai eu un véritable coup de foudre pour Iggy Peck l’architecte. Pas un petit. Un énorme. Dès la première aventure du jeune Iggy. Celui-ci, âgé d’à peine deux ans, aime déjà les hauteurs et on ne risque pas trop de voir s’amuser au sol sauf s’il est en aux assises de ses structures. Son premier gratte-ciel : une tour faite de couches…

Suivront des églises faites avec des pommes, une arche de crêpes et un château à base se craies. C’est vous dire si Iggy n’a qu’une idée en tête! Mais c’est sans compter sur la sévère Lila Garatoi. Elle a une peur bleue de tout ce qui est en hauteur depuis qu’à l’occasion d’une visite scolaire, on l’a oubliée dans un des gratte-ciel de la ville et qu’elle est restée bloquée dans un ascenseur pendant deux jours avec les acrobates et les clowns d’un cirque français.

Donc, pas question qu’Iggy fasse autre chose que lire et compter… Pénible pour celui qui rêve de construire des châteaux. Mais la vie est pleine de surprises, comme nous le constaterons. Iggy aura l’occasion de prouver à Lila Garatoi que ses talents d’architecte en herbe doivent être cultivés.

Je dois vous le die à nouveau. J’ai eu un véritable coup de foudre pour Iggy Peck l’architecte. De plus, les illustrations de David Roberts apportent de la fantaisie supplémentaire au texte déjà ludique d’Andrea Beaty. Ce qui en fait un album tout simplement irrésistible.

iggy peck

J’ai laissé mon âme au vent

ame au vent

Il est des sujets qui n’ont jamais été et ne seront jamais faciles à aborder. Encore plus quand on s’adresse à un enfant. La mort est un de ceux-là. Et pourtant, elle fait partie de la vie. Roxane Marie Galliez le prouve avec J’ai laissé mon âme au vent, un album destiné aux jeunes lecteurs qui viennent de perdre un grand-parent.

Au moyen d’un poème à l’intention de son petit-fils, l’auteure nous livre un message où la poésie a pris le pas sur la tristesse, où les images heureuses font se taire celles qui ne le sont pas, car il n’est pas question d’absence ici, mais de présence en continu. Dans tous les endroits où l’enfant ira, comme dans tous les détails de ce qui l’entoure, d’un grain de sable à une étoile dans le ciel, il sera là.

C’est cette présence au quotidien que promet l’homme à son petit-fils pour lui dire à quel point il l’aime. Lui dire qu’il ne l’abandonnera jamais même s’il ne fait plus partie de son monde visible et audible. Il est ailleurs. Il est partout. Jamais loin.

Et soudain, la mort fait soudain moins mal. Elle devient aussi légère que certaines bises, car les illustrations signées Éric Puybaret apportent au texte la lumière annoncée par les mots. Une lumière qui réchauffe et éclaire. Qui fait disparaître le noir et tous les gris.

Et on a envie d’une chose. D’une seule chose. Remercier ceux qui ont donné naissance à ce magnifique album. Parce qu’il fait du bien et adoucit les jours qui suivent un deuil. À l’heure où nous, petits et grands, en avons bien besoin.

Il suffit de quelques grains de folie

Impression

Les gens sont décidément trop sages. C’est pour cette raison qu’Amélie leur semble un peu excentrique avec sa chaise rouge qu’elle traîne partout, pas juste pour s’asseoir de temps en temps, mais pour y grimper, question de voir le monde d’un peu plus haut et de cueillir là-haut quelques grains de folie au passage. Qu’elle dépose partout où ils sont nécessaires. Qu’elle lance au loin afin de s’assurer de n’oublier personne. Car tout le monde a besoin d’un peu de folie. De couleurs. D’éclats de rire. De ne pas se prendre au sérieux 24 heures sur 24. De sortir de la routine. De se rappeler qu’ils sont vivants.

Destiné aux tout jeunes lecteurs, l’album écrit par Agnès de Lestrade et illustré par Judith Gueyfier est plus qu’un simple conte. C’est un conte philosophique. Un album empreint de sagesse qui remet les choses en perspective et pousse petits et grands qui le liront à vivre. Autrement. En regardant le ciel. En se roulant dans l’herbe. En parlant en rimes. En tirant la langue. Parce que ça aussi (voire, surtout), c’est la vie. Celle à laquelle aspire Amélie grain de folie.

À offrir tant à ceux qui ont oublié qu’il y a autre chose que du gris dans la vie qu’à ceux à qui on n’a pas encore coupé les ailes. Pour que s’éveille (ou ne s’endorme pas) la petite Amélie qui vit en nous.

Rose et l’automate de l’opéra

rose et l'automate

Quel beau livre que Rose et l’automate de l’opéra! Je n’ai que des compliments à faire au tandem composé de Frédéric Bernard et François Roca, responsable de cet album grand format mettant en scène Rose, une ballerine de l’opéra Garnier et un automate dont il ne reste que la tête au départ, jusqu’à ce qu’on réussisse à le « remonter » grâce à ses membres retrouvés dans des malles où sont dissimulés depuis longtemps des décors et des costumes.

Hermès, l’automate en question, sert de narrateur à cette histoire où il révèle son passé de danseur en même temps qu’il revit peu à peu dans les yeux et dans les bras de la jeune Rose qui n’a maintenant plus qu’un but : danser avec lui à l’opéra. Rien de moins. Et avec un tel acharnement que le directeur de l’opéra finira bien par céder. Ce qui donne lieu à des illustrations fabuleuses et colorées dont on a bonheur à examiner chacun des détails.

Le texte est écrit de façon télégraphique avec ellipses de « je », pour bien montrer qu’il ne s’agit pas d’un humain, mais d’un pantin. Un automate génial, comme il ne s’en est pas fait d’autres depuis, né des mains d’un créateur exceptionnel dont la fille ressemblait beaucoup à Rose.

Le tout est un album de rêve. Tant par la poésie de l’histoire que par les personnages et les illustrations. Rien de moins.

J’y retourne. Je ne suis pas près de me lasser.