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Quand la vie goûte le café glacé

cafeglace

Au risque de me répéter, je suis gourmande, et les gourmandes, ça parle de ce qui leur titille les papilles et les glandes salivaires, de leurs petits plaisirs, de leurs habitudes, de leurs coups de cœur et de ce à quoi elles sont totalement accros. Ce qui est sûr et certain, c’est que les gourmandes aiment goûter, savourer, déguster, siroter. Les gourmandes savent vivre, quoi!

Et ce soir, directement du pays des herbes de Provence, du chocolat noir, du thé à la mangue, du sirop d’érable et du melon d’eau, je me délecte d’un café glacé, bercée par le vent frais sur Montréal et par un CD de Sting. Je sens que le réussir — le café glacé — va être l’objectif de l’été 2007, car on dirait qu’ailleurs on réussit mieux que moi. Il y a sûrement un truc, un détail que je n’ai pas saisi. C’est presque ça, mais pas tout à fait ça. Mais je me délecte quand même. En fait, je me régale et je souris.

Chapeau à celui qui a pensé à servir le café froid. Erreur ou essai? C’est toujours l’un ou l’autre. Mais dans mon cas, c’est essai par dessus essai jusqu’à ce que je trouve la recette qui me fera dire eurêka. L’été débute, j’ai encore le temps de trouver et de me tromper bien des fois, je crois bien. Et j’ai surtout le temps de bien profiter de celui de ce soir. Quand la vie goûte le café glacé, elle est encore meilleure à boire!

Cuisine indienne à défaut de musique

korma

À quoi bon une grande scène si c’est pour y asseoir sa nonchalance ? Pour quel usage un tel espace si c’est pour ne pas l’habiter ?

C’est cette question qu’on se pose devant un Bazbaz quasi ennuyé d’être là, dérangé de surcroît à l’heure de l’apéro, qui aligne ses chansonnettes sur fond de reggae en tapant du pied.

Il est dommage de le voir aussi peu là, quasi absent, même s’il s’extasie volontiers du beau temps. Comme si visiblement il avait envie d’être ailleurs. Mais il tient le temps, assis devant son clavier – il ne se lèvera qu’une fois, sans grande conviction -, entre un guitariste non moins assis, à peine moins blasé et un batteur qui tente du mieux qu’il peut de mettre de l’ambiance, à lui tout seul.

Bazbaz est il un homme de la nuit à qui le 18h-19h ne convient pas ? Va savoir.

Nonchalance est bien le mot pour décrire l’artiste comme sa performance monocorde. Tout ça manquait de passion, de conviction, de présence, de chaleur, hélas.

Et quand s’est clos le spectacle de Bazbaz, sous des applaudissements et quelques ENCORE, je me suis dit que j’avais dû rater quelque chose, qu’il aurait mieux valu fermer les yeux pour échapper au visuel inexistant, ce que d’autres ont peut-être fait, d’où leur enthousiasme.

Bazbaz ne nous a pas montré la bête de scène qui sommeille – peut-êtrre – en lui. Il a choisi la facilité d’enchaîner quelques chansons – qui se ressemblent décidément beaucoup les unes les autres – au détriment d’un vrai spectacle… qui n’a jamais eu lieu.

Je ne conserverai pas un souvenir marquant de ce show de chaises. Tant pis. Demain est un autre jour, un jour sous le signe de Da Silva.

Et pour l’heure, je me régale d’un poulet korma, non pas pour effacer les traces – inexistantes – du passage de Bazbaz, mais pour me faire plaisir. Parce que j’aime la cuisine indienne. Parce que j’aime la cuisine… tout court.

Plaisir d’été

icrecreamsandwich

J’aime cette liberté qui est mienne.
Celle de ne pas me rapporter, celle de n’en faire qu’à ma tête, celle de ne pas constamment plier, celle de pouvoir improviser. Je n’arriverais plus à vivre autrement. Impossible d’imaginer que je pourrais partager mes oreillers, que je finirais par m’écraser devant la télé. Impossible même d’imaginer que je pourrais calquer mes pas à ceux d’un autre. On dirait de la science-fiction.

Je ne me pose même pas la question de savoir si ça serait meilleur à deux, même si on me dit que c’est le cas. Or, sincèrement, je ne vois pas, mais vraiment pas en quoi mon sandwich à la crème glacée, délice de ma soirée de célibataire et clou de ma promenade sous la pluie, pourrait s’avérer meilleur. Rien à faire, je ne comprends pas. J’ai pourtant tourné le sandwich dans tous les sens, passé la langue sur la glace qui fondait, croqué dans le biscuit et léché mes doigts. Je ne vois pas ce que le partager aurait changé. Il n’aurait vraiment pas été plus savoureux, plus chocolaté, plus vanillé. Et peut-être qu’on aurait volé ce qui aurait coulé sur mes doigts, ce n’est pas de jeu.

Vive la liberté.
Et les sandwichs à la crème glacée à moi toute seule. Non, décidément, ça ne se partage pas.

Et si on cuisinait ?

saumon

J’ai travaillé assez longtemps en librairie pour savoir que le rayon cuisine ne cesse de bouger, suivant la mode du moment, tout en conservant une place de choix à ses classiques. J’ai toujours aimé feuilleter les livres de recettes: un beau plat bien présenté est toujours appétissant. Mais je n’ai jamais été tentée par l’acquisition de livres de cuisine. Je n’en possède qu’un seul, d’ailleurs. Celui qui a servi à mes balbutiements culinaires quand j’avais quatorze ou quinze ans et que maman a bien voulu laisser partir avec moi.

Pourtant, je ne le consulte que rarement, puisque je connais la teneur des trois recettes qui me viennent de ce livre. Disons que c’est mon filet pour le jour où je ne me rappellerai plus comment préparer la goulash !!

En fait, ce que j’aime, c’est inventer des recettes. Il me semble que je l’ai toujours fait. Peut-être parce que j’ai assisté ma grand-mère quand elle faisait de la confiture de fraises ou des tartes aux pommes, alors que je n’avais que quatre-cinq ans. Ma grand-mère qui ne mesurait rien et qui ne perdait rien, non plus. D’ailleurs, j’avais baptisé un de ses plats « soupe aux cochonneries » et avais été dire à tout le voisinage que c’était ça qu’on mangeait chez nous. Je ne vous décrirai pas la tête de ma mère quand on avait demandé à ma mère la recette de ce plat typique, avec le nom que je lui avais donné. Tout ça pour dire que cette soupe n’était rien d’autre qu’un bouillon fait à partir des reliefs de dinde ou de poulet…

Je fais encore de la soupe de cette manière. Et le bouilon filtré, j’improvise. Je n’ai pas encore concocté deux soupes identiques. Mais c’est le saumon qui m’inspire le plus pour inventer. Je le regarde et hop, je sais ce que je vais en faire, alors qu’au départ je n’en savais rien. Ça arrive comme par enchantement. Ce soir, un peu de vinaigre balsamique à l’estragon, un peu d’huile d’olive, des herbes de Provence, et une cuisson au four. Un délice. Et pourtant, quand j’ai sorti le filet du congélateur à midi, je ne savais pas du tout si je la cuirais au four ou à la poêle, avec ou sans sauce, avec du riz ou avec des légumes.

J’aime ne pas suivre une recette et me laisser aller à mon imagination. Ma vie et mon rapport à l’écriture ressemblent à mon lien avec la cuisine. Une trame et rien de plus, jusqu’à ce que tout prenne sa place, parce que l’inspiration sera passée par là.

Pour l’odeur, pour la variété, pour le goût…

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Dire que j’aime le pain me semblerait trop banal. Et limité.
Non, ce que j’aime vraiment, ce sont LES pains. Des baguettes aux pains briochés, en passant par les ficelles et les fougasses. Ils ont vraiment tout pour eux, les pains. L’odeur qui se dégage des miches titille le nez de telle manière qu’il est difficile de ne pas entrer dans une boulangerie qui dégage ces effluves. Et cette variété qui vous prend les yeux dès la porte franchie. Des pains en boule, des carrés, des tout en long, des tressés, des miniatures. Et des teintes de beige, de roux, de brun, d’ocre ou de doré. Un plaisir !

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Et pourtant, autant il y a un tel bonheur à entrer ainsi dans une boulangerie, autant il est frustrant d’en sortir, car on ne peut emporter d’un coup toutes les variétés tentantes qui s’offrent à nous. Pourtant, nous ne devrions pas considérer cela comme une frustration, mais bien une opportunité. En effet, si nous emportions tout d’un seul coup, aurions-nous le même plaisir à y retourner ? Sûrement pas !

Le plaisir va jusque dans l’hésitation. Pain brioché aux bananes ou pain aux olives ? Ficelle au fromage ou fougasse provençale ? Pain aux pommes ou baguette encore chaude ?

Heureusement que j’ai fait quelques provisions hier, car sinon, je ne pourrais supporter de vous parler de mon amour pour les pains. Là, je sais que m’attendent une fougasse aux oignons et un pain aux pommes. Reste à savoir duquel je vais me régaler. À moins que je ne me délecte d’un peu des deux ?

La gourmandise est un plaisir. Je ne vais pas passer à côté.
Les pains m’attendent.

Des moules, s’il vous plaît !

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Je reste toujours étonnée quand je vais au restaurant et que je vois les gens choisir des choses toutes banales comme n’importe qui les fait chez soi. Car il ne me viendrait pas à l’idée de choisir un plat que je fais moi-même très bien, ou alors que je mange chez mes parents ou chez ma sœur. Je ne veux pas dire par là qu’il faille absolument se ruer sur la rareté, mais il y une marge entre un spaghetti sauce à la viande et le gibier du jour.

Je choisis des choses que je ne cuisine pas. Enfin, le moins possible, sauf si l’envie d’un plat me gagne parce que sa préparation semble des plus appétissante et très différente de la mienne. C’est pourquoi hier j’ai choisi les moules-frites. Je n’en prépare jamais, mais j’adore en manger. Et en plus, je n’en avais pas eu l’occasion depuis Bruxelles, avec Christian, en juillet.

Et je les ai tantôt dévorées, encore plus savourées, ces moules. Un véritable plaisir. Parfumées au vin blanc et au coriandre, elles fondaient littéralement dans la bouche. Elles ne goûtaient pas celles de Bruxelles, elles avaient un goût bien à elle. Les frites, non plus, n’avaient pas le goût de celles de juillet, mais j’ai dégusté chacune d’elles.

Non décidément, je ne choisis jamais un plat que je cuisine quand je vais au restaurant. J’aurais l’impression de me priver du plaisir de la découverte, en premier lieu. Et j’ai besoin de cette nouveauté, de ce goût étranger, de cette préparation différente, de cet éventail de saveurs. Même la lecture d’un menu est un plaisir, c’est vous dire ! Et si je déroge parfois, comme récemment en compagnie de ma filleule, pour un hamburger, c’est que celui-là n’était pas la vulgaire boulette écrapoutie sur pain détrempé de certains endroits, mais bien un vrai de vrai hamburger !

Réflexion autour d’un bol de soupe

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Un bol de minestrone et la vie est douce.

Il ne faut pas limiter l’effet bénéfique des petits plaisirs. Car ce sont souvent ces plaisirs qui font qu’une journée triste ou grise prend des couleurs et nous réchauffe. Et ces petits plaisirs sont nombreux, pour autant qu’on ne les banalise pas et qu’on leur donne tout leur sens. Chaque minute heureuse s’additionnant à une autre, il n’y a pas de raison pour que la morosité l’emporte sur le bonheur.

Trop optimiste, me direz-vous ? Je ne crois pas.
Mais il est vrai que j’ai toujours vu des verres à moité pleins là où bien des gens, pour ne pas dire la plupart, en voyaient des presque vides. Car tant qu’il y a quelque chose dans le verre, il n’est pas vide. Même une seule gorgée.

Je ne m’acharne donc pas à trouver ce qui ne va pas. Je préfère de loin mettre la loupe, voire le microscope, sur un sourire passager, une chanson entendue à la radio, une odeur de soupe qui réchauffe, pour les grossir au point que ceux-ci prennent toute la place. Je sais bien que cette façon de voir et de faire les choses n’est pas donnée à tous et à toutes, et qu’il faut de la pratique pour y arriver. Voilà des années que je m’y applique. Si bien que je le fais sans y penser et que je profite de toutes les minutes de plaisir qui me sont données.

Puissiez-vous aussi faire de même. Que chaque cuillérée de soupe soit meilleure que la précédente.

Montréal, capitale du bagel

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Combien de fois, même après minuit, du temps où j’habitais le Plateau Mont-Royal, suis-je sortie chercher des bagels tout chauds rue Fairmount ? Et combien en ai-je mangés sur la route du retour ? Il me serait vraiment impossible de le dire, mais le souvenir est là, et avec un peu d’imagination, le goût sur la langue.

Qui n’a jamais goûté un bagel montréalais ne connaît ni Montréal, ni une de ses spécialités ethniques qui a fait sa renommée dans toute l’Amérique du Nord. Extérieurement, on pourrait croire un beignet si on est européen, un beigne si on est québécois. Mais le bagel est autre chose. Ni brioche, ni pain, il est quasiment inclassable. Il faut le savourer chaud, ou alors avec du fromage à la crème, du saumon fumé, des tranches d’oignons et des câpres, préparé à la manière d’un sandwich.

Mais on peut en faire ce qu’on veut, car le bagel n’est ni plus ni moins qu’une porte ouverte à l’imagination. Il est la base inspirante de délices à créer. Pour le déjeuner, le diner, une collation, un snack de fin de soirée. Le bagel se sert n’importe quand, seul ou accompagné.

Et depuis quelques jours, il me sert de déjeuner. Plaisir.
Avec une petite pensée pour Hélène. Parce qu’elle les aime tant qu’un jour il a fallu aller en prendre avant qu’elle ne rentre à Paris avec une douzaine dans son sac à dos !

Changement de menu

cuisiner

Il est tant de choses qu’on ne prend pas – ou peu – le temps de faire, quand on travaille 42 heures semaines, et qu’il faut ajouter à celles-ci une bonne dizaine d’autres pour se déplacer dans les deux sens.
Est-ce l’absence de ce qui occupait mes journées qui me fait me rendre compte à quel point je n’ai pas pris le temps de ranger, parce que souvent trop fatiguée, de cuisiner autrement que vite fait, parce que pas envie ou pas le temps ? De voir mes amis davantage, de plus ? Ou à tout le moins de leur donner des nouvelles ?

Il me semble que voilà des mois, et peut-être même un an, que je n’ai plus la forme que j’avais.
Ce fut une dure année, malgré le voyage en Belgique et le rétablissement à la santé de mes parents. Ce fut aussi une année où j’ai beaucoup vécu dans ma tête ou devant mon ordi, toujours en quête de connaissances. Apprendre, toujours apprendre. L’histoire, les pays, la littérature, la musique, les gens aussi. Et aussi, du coup, en apprendre sur moi, sûrement.

Et aujourd’hui, grâce aux encouragements que je reçois, au fait qu’il y a des gens qui croient en moi, je reprends possession d’une partie de ma vie que j’avais un peu délaissée. Par manque de temps et d’énergie, je suppose.
Même si je n’ai pas une forme à tout casser en ce moment, je l’avoue.

J’ai pris le temps de déjeuner, moi qui ne le fais jamais ou alors seulement le dimanche ou le lundi, de temps en temps. J’ai aussi, et surtout, pris le temps de cuisiner, et non pas de me faire des pâtes, comme d’habitude, ou de réchauffer un plat préparé de l’épicerie.
Et il me semble que mon pain de viande est un des meilleurs de ma vie.
Si bien que je retrouve envie à retrouver ma cuisine, à m’asseoir à une table, plutôt que de manger à côté de l’ordinateur. Si bien que je me demande ce que je préparerai bien demain.

Et s’il y avait longtemps que je m’étais oubliée ? Et si depuis un an je n’avais vraiment pris le temps de cuisiner que quand j’avais de la visite ?
Mes retrouvailles avec Lali qui cuisine vont être au menu de tous les jours. Miam miam.

Rien ne remplacera le chocolat

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Je suis capable de me passer de beaucoup de choses dans la vie, même de celles qui pourraient paraître vitales à d’autres. Mais pas de chocolat. Entre lui et moi, il y a une histoire d’amour, c’est certain. Je ne me rappelle pas de la première fois, ça fait sûrement trop longtemps, mais je sais le plaisir incomparable qu’il me procure. Un plaisir jamais éclipsé. Toujours renouvelé.

J’aime tout ce qui se fait avec du chocolat, mousses, gâteaux, tartes, truffes, pralines, glaçage, pâtisseries. Tout, je vous dis, sans exception.
Et mon passage au pays du chocolat ne m’a rendue qu’encore plus friande de bon chocolat. Quand on a goûté le meilleur du meilleur, difficile après de se contenter d’ersatz.

Je revois les rues de Bruxelles qui alignaient plus de chocolateries quasi côte à côte que le Québec entier doit en compter ! Juste regarder les vitrines a de quoi rendre fou ! Mais c’est une folie savoureuse, pour le moins. Et en plus, on donne au chocolat de nombreuses propriétés curatives et antidépressives. Pas étonnant que celui-ci nous fasse autant sourire et nous mette dans le meilleur des esprits !

Par contre, ce n’est vraiment pas l’effet sur le moral que je recherche dans mes dégustations, mais bien le plaisir du goût et des textures sur la langue… Je crois même pouvoir être en mesure de vous dire qu’aucun homme ne m’a jamais autant fait envie qu’un morceau de chocolat. C’est sûrement pour cela que je suis si bien toute seule… si j’ai du chocolat, bien entendu.

Non, rien ne saura remplacer le chocolat. Comme rien ne saura remplacer un livre, une plage, ou un sourire.