Il m’arrive de penser que je serais bien loin de la ville. Que je me plairais dans un décor semblable à celui-ci, de l’illustratrice et auteure jeunesse Lea Melcher. Moins de bruit. Moins de distractions. Plus de temps pour lire et écrire.
Mais si je devais m’éloigner un jour de Montréal, je m’installerais près du fleuve ou de l’océan plutôt qu’en pleine campagne. Et j’aurais un chat.
Est-il vrai que la vie ne nous impose pas plus d’épreuves que nous ne pouvons en supporter? La question se pose en ces jours où tout bascule, où je fais tout mon possible pour ne pas perdre pied sans savoir si j’y arriverai. Heureusement, il y a Marie-Francine, il y a Jacques, il y a Armando, il y a Anne, il y a Ode. Pour me tenir la main, m’écouter, car j’en ai bien besoin pour me décharger un peu de tout ce poids qui pèse sur mes épaules et qui me semble chaque jour plus lourd.
J’ai du mal à imaginer la lumière au bout du tunnel. Mais elle est sûrement là. Trop loin pour que je puisse même l’apercevoir. Mais elle est là. Je veux y croire. Me plonger dans un livre et me gaver de musique contribuent à adoucir mes jours, et me permettent même de dormir un peu. De même que naviguer à la recherche d’images mettant en scène la lecture et les livres. J’en ai pourtant plus de 4000 en banque, donc de quoi tenir le coup quelques années.
Je n’ai toujours pas la réponse à ma question. Mais j’ai de quoi m’occuper et m’évader!
Parfois, certaines illustrations ou toiles me plaisent tellement que j’aurais envie d’y entrer et de m’installer dans celles-ci pour quelques heures. C’est le cas de cette scène où lecture et café sont à l’honneur. Une illustration signée Calita Hin.
Je ne connaissais pas le prolifique écrivain français Joseph Méry. Je l’avoue humblement. C’est en raison d’une citation trouvée par hasard en cherchant autre chose que j’ai fait quelques recherches sur lui. Si jamais je veux le lire, j’ai l’embarras du choix. Il a énormément écrit.
Pour l’heure, je veux uniquement m’attarder à cette citation de lui : « La vie se passe à désirer ce qu’on n’a pas, à regretter ce qu’on n’a plus. »
Elle me semble tellement vraie en cette minute. Trop d’émotions. Trop de doutes. Trop d’espoirs trahis. Trop de rêves brisés. Trop de désillusions. Trop de retour à la réalité. Trop de blessures. Il me semble avoir perdu pied.
Je sais que c’est temporaire, que je trouverai bien une façon de reprendre le dessus. Ce sera difficile, compliqué.
Les livres et la musique m’y aideront. Ils l’ont toujours fait.
Elle avait froid, tellement froid. En fait, elle était frigorifiée. Pourtant, le mercure n’avait chuté qu’à 15 degrés. Mais la fenêtre était grande ouverte et elle n’était vêtue que sommairement. Pour une nuit chaude de juillet, quoi. Fermer la fenêtre et enfiler une veste n’avaient pas suffi. Elle tremblait toujours autant. Et si ça n’avait rien à voir avec l’air frais de l’extérieur? Et si c’était autre chose?
Elle n’a pas été en mesure de retrouver le sommeil. C’était son cœur qui grelottait bien plus que son corps. Il lui fallait apprendre le vide et l’absence après des semaines de bonheur incomparable. Les livres lui suffiraient-ils?
Le lever du soleil était de toute beauté. Les oiseaux chantent toujours. Est-ce un signe que mon père sortira de la confusion qui l’emprisonne en raison d’une pneumonie et d’une infection urinaire? Il est si dur de le voir ainsi, dans un lit d’hôpital, aux soins intensifs, lui si peu habitué à ce qu’on s »occupe de lui. Oui, est-ce un signe? J’ai tellement envie d’y croire.
Oui, il y a des piles de livres partout, je l’avoue. Des livres achetés depuis longtemps, des livres reçus en cadeau, des livres empruntés à la bibliothèque, des livres achetés lors de ventes d’élagage de bibliothèques récemment, des livres entamés, des livres qui datent, des livres pour enfants, des romans.
Oui, il y a des piles partout. Je ne sais vivre qu’ainsi.
Je n’ai jamais été capable de travailler de la maison en pyjama. Ça a pourtant été le cas de plusieurs de mes collègues et amis au début de la pandémie, quand nous avons dû déserter les bureaux. Et même par la suite, car certains portent encore du « mou » les jours où ils n’ont pas à se rendre au bureau. En fait, je n’ai jamais songé à passer à une tenue autre que celle que je porte habituellement pour travailler hors de chez moi. Je prends même le temps de maquiller sommairement mes yeux et de mettre du rouge à lèvres. Et je pousse les choses plus loin, puisque je me parfume.
Est-ce si étrange que cela? On m’a en effet laissé entendre que j’étais un drôle de numéro et qu’on ne comprenait pas pourquoi je me donnais cette peine alors que je passe mes journées devant un écran. Et que fait-on du bonheur de choisir un foulard, de sélectionner des boucles d’oreilles et de se brosser les cheveux? Ils sont à mes yeux absolument essentiels pour bien commencer la journée. En fait, ce doit être de famille. Ma sœur fait exactement la même chose.
On naît seul, on vit seul, on meurt seul. C’est seulement à travers l’amour et l’amitié que l’on peut créer l’illusion momentanée que nous ne sommes pas seuls. (Orson Welles)
J’avais une idée approximative de cette citation que mon oncle avait un peu trafiquée en conservant l’essentiel de celle-ci quand je suis tombée sur la version intégrale par pur hasard. Et c’est en poursuivant mes recherches que j’ai appris que cette phrase était tirée du film Someone to love dans lequel Welles joue son propre rôle.
Cette citation est-elle vraiment de lui ou du scénariste ou encore des deux?Peu importe. Je veux surtout m’attarder à son sens plus qu’à déterminer qui en est le véritable auteur.
J’ai toujours été convaincue qu’on naît seul et qu’on meurt seul. Mais vit-on vraiment seul en dehors d’une île habitée uniquement par soi-même? Rien n’est moins sûr. On a pour la plupart de la famille, des voisins, des collègues, lesquels font tous partie de notre vie jusqu’à un certain point. Nous ne sommes donc pas seuls, au sens propre du terme. Mais de là à dire que l’amour et l’amitié peuvent créer l’illusion momentanée que nous ne sommes pas seuls, toute une question.
Avoir des amis ne nous rend pas moins seuls. Une relation amoureuse non plus.
Mais l’illusion momentanée que nous ne sommes pas seuls quand nous avons des amis ou sommes amoureux me laisse tout de même un peu perplexe. C’est le genre de question à débattre à plusieurs. Qui se lance?
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