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Souvent je rêve d’une table

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Souvent je pense à une immense table qui me permettrait de m’étaler, d’ordonner mes piles selon mes priorités ou par thème. Où je pourrais écrire comme lire. Où il y aurait assez de place pour une lampe et des fleurs. Où je passerais mes journées.

Souvent je rêve à une grande table de bois comme il y en avait dans les maisons d’autrefois alors qu’il y avait dix, voire douze personnes autour d’elle. Une table qui posséderait de petits tiroirs dans lesquels je glisserais ces bricoles auxquelles je tiens.

Souvent je rêve d’une table.

*toile de Carl Larsson

Dans un même élan

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Et toujours ce ciel. Présent. Au même titre que les mots. Comme si entre eux et lui se tramait une histoire d’amour. Ou que s’engageait une conversation sans fin.

Et toujours ce ciel. Ces mots. Et mes bras qui se tendent vers eux dans un même élan.

*toile de Michael Gorban

La routine de mes voisins

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C’est pourtant chaque samedi pareil. Mais je ne m’y fais pas. Au premier coup de marteau, je sursaute. Je sais pourtant dès le réveil que mes voisins d’en bas vont clouer quelque chose, ils le font tous les samedis depuis trois ans.

Mais que peut-on clouer semaine après semaine? Même dans les romans on ne trouve pas de personnages adeptes hebdomadaires du marteau. Et pourtant, ça existe. J’en connais.

*toile de Madeleine Hand

On n’entre pas dans ma bulle sans invitation

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Dès que je franchis le seul de mon appartement, j’entre dans ma bulle. Il y a là tout ce dont j’ai besoin : mes livres, ma musique, du café, du thé, mon ordinateur, les toiles que je cueille ici et là. Et des fenêtres dans toutes les pièces.

Oui, bien sûr il y a des livres partout, des piles dont l’équilibre est parfois précaire. Et mon manteau est souvent sur le sofa plutôt que suspendu. Et de plus, je vous épargne les détails concernant mon désordre organisé, ils n’appartiennent qu’à moi.

Or, il y a deux jours, j’ai eu la visite des concierges. Ça faisait quatre jours que je n’avais pas d’eau dans la cuisine, les tuyaux avaient gelé. Si bien gelé que dans notre immeuble et dans d’autres autour, ceux-ci avaient cédé. De telle sorte qu’il a fallu des soudures ici et là et vérifier qu’elles soient assez solides avant de faire le traitement choc. José, le vétéran, supervisait les choses avec les plus jeunes quand est arrivé en moins de temps qu’il ne faut pour grimper du premier au deuxième un de mes voisins. Et même, il était chez moi, dans ma cuisine, comme s’il était le propriétaire venu surveiller ses hommes.

D’ailleurs, il ne s’est pas gêné pour émettre son opinion, raconter que ci et que ça, et patati et patata, à propos des tuyaux. Les pieds bien fixés au sol et les yeux rivés sur ceux qui devaient le contourner tellement il était une nuisance.

À dire vrai, j’étais médusée. Monsieur J. ne fait pas partie de mes intimes, je ne l’ai jamais invité pour un café de bon voisinage et il n’avait jamais été dans mes intentions de le faire. Mais il était là et son haleine aux relents d’alcool empestait toute la pièce. Si bien que c’est avec soulagement que j’ai vu les concierges ramasser leur matériel pour se rendre chez ma voisine d’en bas en espérant qu’en chauffant les tuyaux de sa cuisine ça réglerait mon problème d’eau. Du coup, Monsieur J. les a suivis. Non sans m’avoir fait remarquer que j’avais beaucoup de livres, beaucoup de bibelots, etc.

Quelque vingt minutes plus tard, José montait à nouveau voir si j’avais de l’eau. Et j’en avais! Mais j’étais encore sous le choc. Le sans-gêne me perturbe toujours même s’il me laisse parfois muette de stupéfaction. Ce n’est bien sûr que le lendemain que me sont venues les phrases que j’aurais voulu dire à Monsieur J.

*toile de Zurab Martiashvili

Les effets de l’hiver

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Envie de ne plus bouger. De rester là des jours sur mon sofa rouge. À tourner les pages. Comme si rien d’autre ne comptait. Comme si tout le reste pouvait ainsi se trouver effacé.

L’hiver engourdit mon corps et mes sentiments.

*toile de Lucio Ranucci

La mauvaise foi de Miss T.

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C’est toujours quand vous n’y pensez plus qu’elle survient. Et pourtant elle était là, elle se tramait, en sourdine. Prête à vous assaillir le jour où elle en aurait décidé. Mais vous n’en saviez rien. Vous ignoriez tout d’elle. Enfin, pas tout. Vous l’aviez déjà rencontrée à maintes occasions, mais jamais vous n’auriez pensé qu’elle viendrait de Miss T. en qui vous aviez mis votre confiance et que vous aviez même défendue à quelques reprises.

Mais cela, c’était le passé. On était à l’heure du règlement de comptes par personne interposée. Et elle a sorti son jeu, toujours le même, celui qui tend à vous faire porter tous les torts alors que justement vous êtes la personne lésée et que vous n’êtes pas là pour intervenir.

Et vous vous dites qu’on ne vous reprendra plus à ce jeu mesquin. Mais la mauvaise foi est là qui rampe et qui attend son heure. Or, Miss T. ne sait pas encore que l’indifférence est plus forte que toute vengeance. Et que celle qui en a usé n’existe plus désormais pour celle qui lui donnait des contrats.

Il en est ainsi. Je ne supporte pas la mauvaise foi.

*toile de Jan Toorop

Du temps de nos châteaux

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Leurs cris de joie sont montés jusqu’ici si bien que j’ai jeté un œil par la fenêtre. Bien emmitouflés, le foulard sur la bouche, la tuque descendant jusqu’aux cils, ils trimaient dur. Il y avait déjà deux tours à la future forteresse de neige. Il était temps de creuser des tunnels.

Et ils riaient. Ils riaient d’un bonheur qui m’a rappelé celui de jours anciens. Ceux où ni froid, ni gel, ni tempête de neige n’auraient pu nous retenir à l’intérieur. Ceux où nous nous prenions nous aussi pour de grands architectes, demandant même une planche de bois pour notre pont-levis et des bâtons et des guenilles pour nos drapeaux.

Notre seule crainte, et probablement la leur, était l’arrivée du redoux avant que nous n’ayons fini de construire notre palais.

*toile d’Henri Lebasque

Du bleu et des nuages pour Armando

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Quel cadeau allais-je offrir à Armando cette année, me suis-je longuement demandée. Jusqu’à ce que je découvre ce fabuleux abécédaire fait de nuages de la photographe de Zurich Danièle Siebenhaar.

Cher Armando, puissent ces nuages t’accompagner au fil de cette journée d’anniversaire que je souhaite bleue et inspirante!

Phrases

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Phrases qui dans la nuit avaient bouleversé la lune et les étoiles semblent souvent autres quand le ciel s’embrase dans le matin tremblant. Percevraient-elles les sentiments d’une manière propre à la nuit et que le jour dissimule à notre regard?

*toile d’Anna Tkacheva

Pour bien commencer la semaine

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Une fois encore, une fois de plus, vous avez su m’émouvoir avec vos mots et vos histoires. Et pour vous remercier, envosmotistes et lecteurs du pays de Lali, je vous offre ce paisible décor pour lire tranquillement et paisiblement les mots déposés par Armando, Barbara, Chris, Denise, Flairjoy et Lou sur la toile du 9 janvier. Il n’y a rien de tel pour bien commencer la semaine.

*toile de Tan Chun