Admin:
Archives:
juin 2026
D L M M J V S
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930  
Samedi matin

Il fait encore noir. Je m’apprête à me préparer un deuxième bol de café, avec cette conscience que la vie n’est plus pareille, qu’elle ne sera probablement plus jamais pareille.

Mais si ce que nous traversons en ce moment redonnait un peu d’humanité à chacun d’entre nous?

*toile signée Hugues Boucry

Cinquième jour

Ce besoin de se sentir utile qui a toujours été le mien. Omniprésent. Ce besoin que j’ai la chance de combler alors que d’autres sont confinés, loin des leurs, sans travail, en mode survie.

Ce besoin aussi, qui ne m’a pas quittée depuis plus de quatorze ans, de déposer des mots, des images, des états d’âme, des souvenirs, alors que tout se bouscule, que plus rien ne sera jamais pareil. Ce besoin de stabilité et de dire que je suis là, que je ne laisserai pas tomber ceux qui visitent le pays de Lali régulièrement, de temps en temps, voire par hasard.

Et cette envie de vous dire que ça va bien aller, et de vous inviter à lire cet article.

*toile de Romeo Mesisca

J’ai ouvert la fenêtre

Soudainement, il a fait doux alors qu’il avait neigé la veille. Alors, j’ai ouvert la fenêtre, chose que je ne suis pas en mesure de faire au bureau.

Mais manquaient les cris des enfants, leurs jeux, les ballons, les bicyclettes. Et je me suis dit, pour oublier le silence, qu’il était encore trop tôt. La neige est encore présente, même si bien décidée à fondre. Il fait encore froid, même si hier ça commençait à ressembler au printemps. Et surtout, ce n’est pas le moment d’entrer en contact les uns avec les autres.

Et je me suis éloignée de la fenêtre ouverte.

*toile de Bertrand Girard

Réflexion du troisième jour

Travailler de la maison m’a fait réaliser à quel point il y avait partout des piles de livres à lire, lesquels n’attendaient que le confinement pour signaler leur présence.

Chaque pause est donc consacrée à eux. À les choisir. À les lire. Et à déplacer les piles.

Viendra le temps où je vous parlerai d’eux. Bientôt, je crois.

Il a neigé

Je n’ai pas eu à faire face au vent et à la neige à la fin de ma journée. Je n’ai pas attendu l’autobus ni marché sur l’allée couverte de blanc qui parait infinie après des heures à peaufiner des documents. J’ai vu les flocons de ma fenêtre alors que je me préparais une collation au milieu de l’après-midi, ce que je ne trouve jamais le temps de faire au bureau.

Et je me suis dit, même si je n’ai pas de foyer, comme en a un cette lectrice de l’artiste Junghyeon Kwon, que ce n’était pas si mal le télétravail. Et j’ai retrouvé le livre en cours.

Nouvelle vie

C’est aujourd’hui que débute ma nouvelle vie. Enfin, presque, puisque tout est déjà installé depuis vendredi pour que je puisse faire du télétravail. La table qui servait aux repas fait maintenant office de table de travail pour les prochaines semaines. Un disque dur, deux écrans, un clavier, une souris et une imprimante occupent désormais tout l’espace.

C’est aujourd’hui que débute ma nouvelle vie. Enfin, presque, car j’ai déjà travaillé une partie de la journée d’hier, même si c’était dimanche. Mais aujourd’hui devrait être une vraie journée de travail avec son lot d’urgences, de documents à réviser et à faire traduire, et toute la paperasserie qui va avec.

C’est aujourd’hui que débute ma nouvelle vie.

Quand elle sera terminée, je n’aurai que quelques pas à faire pour retrouver mon livre et mon sofa. Ça pourrait être bien pire, non?

*toile de Hiroshi Sato

Les biscuits chinois

Il y a toujours ce moment, après les rouleaux de printemps, après le riz, après le poulet à l’ananas, après les côtes levées, après les légumes, ce moment magique où l’on brise le biscuit chinois pour en extirper un message.

En décembre 2018, on m’annonçait une promotion. Chose qui me paraissait tout à fait invraisemblable, mais qui est bel et bien arrivée deux mois plus tard.

Mon plus récent biscuit chinois affirme : Vous trouvez la beauté dans les choses ordinaires, ne perdez pas ce talent.

Or, je n’ai pas envie de perdre ce talent. Vraiment pas. Je veux continuer à m’émerveiller quand le jour se lève, quand je croise un enfant qui s’amuse d’un rien, quand le café coule dans mon bol, quand j’ouvre ma boîte aux lettres en rentrant du travail. Je veux être cette lectrice peinte par Hugues Boucry qui, je le sens, a ce même talent.

Bonne année 2020

Déjà 2020! Sera-t-elle l’année magique qu’on nous promet en raison de ces deux 20 côte à côte? C’est ce que nous saurons dans un an!

Pour l’heure, je vous souhaite une année inoubliable faite de moments de douceur, de tendresse et de rires. Et du temps pour profiter de chacun d’entre eux.

Merci d’être là jour après jour, de me lire, de vous laisser séduire par mes cartes postales. Je compte bien avec la nouvelle année partager avec vous les photos accumulées au fil des derniers mois, vous faire part à nouveau de mes lectures, et peut-être même vous offrir une nouvelle chronique. Ce que je n’ai pas pu faire en 2019, trop prise par divers projets.

Merci plus spécialement à 10Douze27, Adrienne, Agathe2bk, Anaïs, André Morat, Anémone, Anne H, Anne-Marie, AnnickSB, Armand, Armando, Bonheur du Jour, les Caphys, Célestine, Chantal, Cochonfucius, Colo, Damien Dubé, Dominique Costermans, Ève, Gregor V. Bochmann, Ildikoo, Josiane57, Lilas, Lou, Margalide, Muriel-Cécile, Pastelle, Pivoine, Sabine, Tania, Tatieva, Terry et Vincent, qui ont laissé des traces de leur passage au pays de Lali.

À nouveau, une excellente année 2020!

Et si…

Et si j’avais le pouvoir d’entrer dans un tableau et d’y passer quelques heures, ce serait sûrement celui-ci. Parce que, dès que l’hiver pointe le bout de son nez avec l’intention de rester, ce qui est le cas depuis une semaine, je pense déjà à la mer, au sable, à mon besoin de vivre pieds nus qui ne sera pas assouvi avant de longs mois.

Or, je fais l’effort de ne pas rester encabanée. D’affronter neige, froid et rafales de vent. Même si j’ai souvent la tentation de ne pas bouger d’un iota quand vient cette saison qui fait rêver ceux qui ne l’ont jamais connue.

Je me dis qu’il y a des toiles et des cartes postales qui m’aideront à tenir le coup jusqu’à la fonte des neiges.

*sur une toile de Sharon Marie Winter

Dans ma bulle

Je fais l’effort de quitter ma bulle chaque jour. Car je sais que je la retrouverai dès ma journée de travail terminée, dès qu’une sortie prend fin, dès que je mets la clé dans la serrure.

Ce n’est pas parce que je n’aime pas vivre hors de ma bulle, loin de là. J’apprécie chacune des minutes à discuter, à partager un repas, à découvrir un lieu, à m’étonner. Mais j’aime tout autant, ces moments où je suis seule, avec mes livres et mes cartes postales. À communiquer à distance, au moyen de celles-ci, par courriel, ou en préparant des billets pour le pays de Lali.

Ma bulle m’est vitale. Et je ne serais pas surprise de lire que la vôtre vous est tout aussi essentielle.

*toile d’Alfred Stevens