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Six mois déjà

etoiledemer

Il y a six mois aujourd’hui commençait la grande aventure du blog de Lali. Je ne savais pas trop ce que j’y raconterais quand Patrick m’a offert cet espace. Et pourtant…

Tous les jours, j’ai eu quelques jours à relater. Une amitié, un paysage, un livre, un film, un plaisir… Je n’ai jamais eu à chercher. J’ai toujours regardé, toujours goûté à plein la vie, toujours enregistré la moindre image et pris beaucoup de plaisir à partager. Alors, mes histoires arrivaient toutes seules, parfois en bousculade, et je devrais préférer l’une à l’autre.

Ma vie a pourtant pris une tournure que je n’aurais jamais imaginée, ces six derniers mois. Et je l’avoue, il y a des jours où le découragement s’est abattu sur moi, mais chaque fois j’ai résisté. Je savais bien qu’une étoile quelque part veillait sur moi. Une étoile qui me fait écrire, qui me rend vivante…

Mais tout cela n’est qu’une image. Et j’aime les images. J’aime celle d’une étoile de mer comme étoile protectrice. J’aime cette étoile qui a connu l’immensité de l’océan, qui a visité les profondeurs pour s’accrocher à une vague et se déposer à mes pieds. J’aime penser que je lui ressemble un peu.

Je n’ai pas survécu au cancer ni au tsunami. Je n’ai pas accompli de grandes choses ou été l’auteure de la découverte du siècle qui débute. Je n’ai rien fait de tout cela. Mais j’ai surmonté mes blessures et mes déceptions, comme beaucoup de gens le font. Et je veux croire que je compte assez pour certaines personnes – qui ont été là pour moi ces dernières semaines, ces derniers mois, ou depuis des années – et que sans moi la vie ne serait pas tout à fait pareille, puisque sans elles la mienne serait bien fade.

Ils ont été fabuleux, ces six derniers mois, au fond. Ils ont été l’occasion de me livrer quotidiennement. Non pas un exercice de style, et encore moins une obligation. Mais un pur plaisir.

Quand les mots voyagent eux aussi…

départ

Pendant que je voyageais dans ma tête, alors que mes doigts s’empressaient de rendre les lieux visités aussi vivants que dans mon souvenir, un de mes textes voyageait aussi. Mais depuis si longtemps que j’avais oublié son éventuelle publication. Et pourtant, le texte a fait son chemin. Parti de mon vieil ordi, publié en français dans une revue d’ici, il a été traduit et il fait maintenant partie d’un recueil collectif de nouvelliers québécois, publié au Venezuela.

J’ai tenu l’objet hier, il m’attendait au courrier. Un bel objet fait avec passion, résultat de gens qui y ont mis le temps. Des textes signés par des amis, en plus du mien. Me voilà loin de chez moi, dans un pays que je connais pas, entourée de ceux que j’aime, dont l’écriture, dans certains cas, m’a modelée. Me voilà, moi qui aimes tant voyager, à cause d’une nouvelle écrite il y a un moment, à me promener en Amérique du Sud.

Ce n’est pas la première fois que je vois un de mes textes vivre sa vie ailleurs. Il y a eu en plus du Québec, la France et le Mexique. Et maintenant le Venezuela. À défaut de voyager, ce sont mes textes qui le font…

Le petit paquet qui m’attendait hier soir après ma première journée de travail a été un véritable cadeau. Une journée parfaite, quoi.

L’essentiel…

fenetre

Fenêtre sur cour où il y a des tables pour pique-niquer et même un barbecue.
Il y a bien pire comme vue…
Et surtout, il y a des sourires, une ambiance chaleureuse, le thé l’après-midi.
Je vais m’y plaire, je crois.

Difficile de faire le bilan d’une première journée, quand on a fait le tour des bureaux et qu’il y a plus de cinquante noms à retenir. Pas évident non plus d’évaluer le travail à accomplir, mais il se fera, et bien, parce que ma consœur est organisée et que nous avons la même perception du travail.

La journée a été belle. C’est la première de nombreuses autres, je le sens.
J’ai le sourire aux lèvres et hâte à demain. N’est-ce pas là l’essentiel?

Prête pour voler

pap2

J’ai toujours été contente d’aller travailler. Même quand l’ambiance n’avait rien de réjouissant et même s’il fallait traverser la ville d’est en ouest. Malgré les tempêtes de neige et les longues heures.

Mais ce matin, alors que la baignoire se remplit, que je déguste mon premier café, que mon lunch est prêt et que j’ai choisi un cardigan vert lime, je me sens littéralement pousser des ailes. Je vais sûrement voler, ce n’est pas possible autrement.

Je ne suis ni nerveuse ni anxieuse, j’ai hâte ! Je suis véritablement attendue et c’est un vrai bonheur que celui-là. Oui, j’ai des ailes de toutes les couleurs !

Même faire mon lunch me ravit

bols

Je me réjouis de tout ce qui m’arrive. Et l’idée de me préparer un lunch tous les matins me plaît décidément beaucoup. Voilà plus de quatre mois que je ne l’ai pas fait. Et cette idée me sourit au point que j’ai changé de menu cinq fois depuis tout à l’heure, n’arrivant pas à me décider. Il me semble que ce sera là aussi un des plaisirs quotidiens de cette nouvelle vie.

Il me faut une espèce de stabilité pour improviser avec le reste de temps qu’il me reste. Non pas que je n’aie rien fait ces derniers mois, mais il me manquait l’élan pour me sortir de chez moi tous les jours. Mais il me manquait la satisfaction du travail accompli. Mais il me manquait un semblant d’ordre, de régularité. Il y a eu trop de temps libre mal géré ces derniers mois.

Il est vrai que de ma vie je ne m’étais jamais retrouvée sans emploi. Démunie. Avec des heures et des heures devant moi, les petites annonces épluchées, les deux bols de café pris. Trop de temps, pour moi qui aime les délais serrés et l’urgence. Trop de minutes qui s’étiraient au lieu de se précipiter.

Et le 9 à 5 va me prendre quatre jours par semaine. Je ferai mes lunchs et rentrerai tranquillement à pied. Et ces 28 heures seront assez pour me combler. Et il m’en restera pour lire, écrire, aller au cinéma, écouter de la musique, voir les amis et même ne rien faire…

J’avais besoin de cette stabilité puisque chercher des contrats était en train de me bouffer. Pourtant, mon petit doigt me dit qu’ils vont arriver eux aussi. Et que je saurai bien, en temps et lieu « manager » tout ça. J’aime autant la farniente – si elle est de courte durée – que le sentiment d’être débordée et prise à la gorge.

Je suis une curieuse de bonne femme, mais je me connais, c’est déjà ça. Reste encore à régler un petit détail… Salade au thon et maïs ou sandwich jambon/fromage ?

Un arbre en fleurs pour vous dire merci

pommetier

Le pommetier de Nancy est en fleurs. Il est arrivé avec ses mots de félicitations. Il est signe de renaissance, après ces mois où j’ai été patiente, où j’ai douté et cru à tour de rôle, pour finalement naître à mon tour après cet hiver où ma vie a basculé.

C’est la liesse depuis hier. Comment vous remercier tous pour votre soutien, vos encouragements, directs ou indirects, et tous ces mots pour partager ma joie depuis hier, par téléphone, sur MSN ou par courriel ? Vais-je courir le risque de tous vous nommer sans oublier quiconque ? Pourquoi pas ? Vous avez été là et vous êtes encore là, et il est bon de vous savoir là.

Mes parents, les trois Monique, Maurice, Christiane, Denise, Jocelyne, Christine, les deux France, Ève, Lyne, Jacques, Fabien, Loïs, Kathleen, les deux Daniel, Sébastien, Nohra, Régis, Marie-Christine, les deux Chantal, Denis, les deux Nathalie, Christel, Carine, Francine, Paul, Josée, Lucie, Anne, François, Sophie, Richard, Eugénie, Jean-Marc, Jean-Yves, Hoai, Jean-Louis, Gaëtan, Laurent, Gérald, Claudine, Roch, François, Sylvette, Marie, Yves, Martine, les deux Sylvia, Andrée, Sylvio, Michèle, Jeannine, Antonio… et bien entendu, Nancy. Que la beauté des fleurs de son arbre rejaillisse sur vous et vous exprime tous mes remerciements. Vous avez cru en moi quand je n’y croyais plus. Vous m’avez donné des pistes et m’avez poussée.

MERCI mes amis.

Jour J du début de ma nouvelle vie

dico

Ma nouvelle vie commence jeudi.
Elle sera faite de mots et de dictionnaires. De précision et de souci du détail.
De la juste expression. Et de clarté.

Ma nouvelle vie commence jeudi.
Après ces mois à patienter pour qu’elle arrive enfin, la voici.

Ma vie de traductice/réviseure commence jeudi.
Et j’ai des ailes à mes souliers.

Rogne du lendemain

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Je suis fâchée contre moi-même. J’ai l’habitude de vérifier tous les renseignements qu’on m’envoie par courriel pour me transmettre une injustice, un conseil médical ou autre utilité, mais hier je ne l’ai pas fait, estimant que la personne qui m’avait transmis quelque chose à faire suivre le tenait de sources sûres. Or, ce n’est pas le cas.

Je ne divulguerai pas ici le contenu de la rumeur, là n’est pas mon intention. Mais je me demande à quoi cela peut servir de travestir l’information, de les inventer de A à Z dans certains cas, si ce n’est que pour nuire à la réputation de quelqu’un. Ou alors de tester jusqu’à quel point une information même bidon fera le tour du monde.

S’il faut absolument tester les possibilités du net, pourquoi ne pas alors plutôt transmettre une bonne nouvelle qui fera sourire tous ceux qui la liront ?

Je m’en veux. Je fais partie de ceux et celles qui ont propagé cette fausse information. J’ai rectifié le tir (éclairée par Patricia), mais peut-être que ce que j’ai diffusé hier soir a-t-il déjà été envoyé à d’autres et que certains ne se donneront pas la peine de faire suivre mon rectificatif. Oui, je m’en veux.

Raisonnable? Vous avez dit raisonnable?

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Être raisonnable, c’est quoi au juste? Bien déjeuner et ne pas se faire un bol de soupe à minuit? Ne surtout pas passer une nuit blanche à lire? Se taire au lieu de parler ou alors absolument tourner sa langue sept fois dans la bouche avant de le faire?

Être raisonnable, c’est quoi? Se priver pour ses vieux jours? Ne pas sortir en plein orage? Éviter les dangers?

Alors, non, je ne serai jamais raisonnable. Je n’attendrai pas de ne plus pouvoir marcher pour me promener la nuit dans les villes et les lieux de passages. Non, je ne ferai pas des enquêtes sur les gens pour m’assurer de leur bonne foi et suivrai ce que dicte mon cœur. Non, je ne poserai pas le livre, sous prétexte qu’il est deux heures du matin. Non, je ne ferai pas de ménage quand il fait un soleil invitant. Non, je ne dirai pas que c’est beau ou que c’est bon, quand je ne le pense pas.

Non, je ne serai pas raisonnable, car l’être, ce serait me mentir. Et ça, je ne sais pas faire. Je ne sais être que moi, avec mes contradictions et mes rêves. Il n’y a rien de raisonnable dans tout ça.

Je laisse les autres être raisonnables si ça leur chante. Mais qu’on ne me demande surtout pas de l’être.

Non, le monde ne va pas bien

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Je me sens toujours ambivalente face à ces fêtes quasi obligatoires, ou à tout le moins incontournables, les anniversaires comme les dates fixées comme des rappels. Comme aujourd’hui, jour de la fête des Mères, celui de l’année où il y a le plus d’appels téléphoniques dans le monde entier.

Les gens le font-il parce qu’ils ont envie de le faire ou par culpabilité pour tous ces autres jours où ils ne donnent pas un coup de fil? Je suis dubitative face à cette journée désignée. Trop de mères reçoivent des bouquets achetés à la course ou une boîte de chocolats choisie au hasard. Question de souligner l’événement et donner l’impression que maman n’a pas été oubliée. Combien de cartes avec des cœurs et des « je t’aime » à profusion ont été achetées?

Faut-il vraiment une journée comme celle-ci? Pour se faire pardonner pour toutes les autres où le manque de temps — raison la plus utilisée pour excuser le silence — se joue de l’amour?

Et qu’en est-il des oubliées, de celles qui se disent que, peut-être ce jour-là, elles auront enfin des nouvelles de leurs enfants, ceux-ci qui ont pensé à les placer dans des baraques tout confort pour ne pas qu’elles leur demandent de l’aide?

Oui, j’ai du mal avec une fête comme aujourd’hui.

Et pourtant, j’irai tout à l’heure manger chez ma sœur et j’offrirai des CD à ma mère. Comme je lui en offre quand j’ai envie, pas juste aujourd’hui. Je vois plus cette occasion comme celle de nous réunir qu’autre chose. Mais je sais qu’ailleurs ce n’est pas la même chose, que cette fête est peut-être une des deux de l’année où des enfants manifestent leur amour par des cadeaux… en même temps que tout le monde…

Non, je n’aime pas ces fêtes fabriquées pour culpabiliser les uns, créer de l’attente chez d’autres et simuler que tout va bien dans le meilleur des mondes. Le monde ne va pas bien quand on ne dit « je t’aime maman » qu’un dimanche par année.