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Un poème de Nohra

nohra

J’ai eu un magnifique cadeau aujourd’hui. Ça pourra vous sembler bête, mais pour moi c’est un vrai cadeau, un cadeau qui vient du cœur. Un cadeau que je conserverai précieusement.

J’ai eu les larmes aux yeux quand Nohra, mon amie d’Andenne qui a 10 ans, a voulu me faire lire ses derniers poèmes. Je connaissais déjà les trois premiers, mais je comprends maintenant que c’était pour me faire languir, que la surprise serait pour la fin.

Lali. Ainsi s’appelle le poème où elle raconte notre rencontre sur le net avec la complicité de sa maman. Et comment elle est entrée dans ma vie et moi dans la sienne.

Nous avons nos jeux, elle fait la maîtresse d’école, me donne des leçons d’histoire, m’initie à sa musique, m’explique comment me coiffer, me montre ses jupes et ses pas de danse. Et moi, je m’émerveille quand elle me pose des questions sur Montréal, quand elle veut savoir la signification d’un mot que j’ai utilisé.

Nohra est une poseuse de questions, pas une enquêtrice, mais une petite fille avide de connaissances. J’aime la soif qu’elle a et je fais de mon mieux pour répondre à toutes ses interrogations. Je suis « sa » Lali. Et ce poème écrit pour moi est un véritable cadeau. Merci, jolie Nono, tu éclaires la vie de tous ceux qui te croisent, le sais-tu ?

Prendre le parti du risque ou de l’erreur

Envoie toutes sortes de messages
Aux inconnus et lucioles de passage.
Prends le parti du risque de l’erreur
Le silence est toujours complice ou trompeur.

Raconte-toi.
(Yves Simon)

mainplume

Et je ne fais que ça, me raconter. D’aucuns appellent cela de l’exhitionnisme ou de l’étalage.
Je ne leur en veux pas, ils n’ont pas compris. Compris ce désir si fort de dire, de partager, d’aller au delà des images et des mots, qui est le mien. J’ai choisi de ne plus me taire.

Et si jamais une phrase, une émotion livrée ici faisaient sourire ou réfléchir quelqu’un ? Ce serait déjà beaucoup.

J’applique à la lettre les mots d’Yves Simon, lui qui me touche depuis plus de vingt ans avec ses romans et ses chansons. J’envoie toutes sortes de messages aux inconnus et lucioles de passages. Mais pas qu’ici. Partout où la vie m’emmène.

La gamine qui traçait avec application dans les nuages des mots qui allaient s’effacer n’est pas bien loin. Elle prépare la main de celle qui, ici, se raconte.

Sur ma branche

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Suis-je ici, sur ma branche en train de rêver ou alors déjà ailleurs ? Toujours cette impression de vivre plusieurs vies en même temps. Autant le café et le clavier sont bien réels, le premier chaud et corsé, l’autre invitant et omniprésent, autant celle qui savoure et qui tape a le cerveau et le cœurs qui vagabondent.

Toujours cette obsession d’apprendre, de découvrir, de dire, de partager. Toujours ces lieux qui se disputent mes pensées. Toujours ces moments qui ont laissé des traces profondes. Toujours ces signes semés ici et là et que je ramasse comme je ramassais les coquillages autrefois. Toujours ces mots qui se bousculent, les verbes et les adjectifs. Toujours ce besoin de dire, plus fort que tout.

Et moi, sur ma branche, qui me regarde écrire. Et moi qui écris et qui me regarde me regarder. Étrange impression. Voire même troublante. Et pourtant, elle est bien présente, cette impression. Pas de celles fugaces ou éphémères dont on a peine à se souvenir.

Et ce besoin de tout me rappeler, de ne rien laisser échapper, d’emmagasiner. Les tiroirs de ma mémoire sont infinis, je les remplis sans cesse et les ouvre, trouvant ici une plage, farfouillant pour retenir un baiser qui allait s’envoler d’un tiroir. Comme si tout ce que j’avais vécu allait servir à (me) raconter.

Suis-je sur ma branche en train de rêver à ce que j’écrirai ou suis-je ici en train d’écrire? Ou les deux?

16 ans, déjà…

tad

Elle sera artiste, m’a-t-elle confié il y a deux mois. Et photographe, c’est vraiment sa passion. C’est pour ça qu’en ce jour de ses 16 ans, j’ai choisi une photo de Tadoussac qu’elle a prise.

16 ans… Ma super filleule a déjà 16 ans. La puce qui n’avait que quelques heures quand je l’ai prise dans mes bras pour la première fois est une belle grande jeune fille qui me ravit. J’ai l’impression qu’on me l’a faite sur mesure. Je ne cesserai jamais de le dire: c’est le plus beau cadeau de ma vie.

Ève, que te dire aujourd’hui sinon que je t’aime ? Que tu es un rayon de soleil ? Que quand je pense à toi, je souris ? Que j’ai en tête des souvenirs de nous tellement beaux qu’ils font briller mes yeux ?

Ève, que te souhaiter ? Que veut-on à 16 ans ? C’était il y a longtemps pour moi… C’était hier, aussi. Que désirais-je à 16 ans ? Voyager, écrire, aimer… il me semble. Peut-être souhaites-tu la même chose. Et peu importe ce que tu désires, c’est ton jardin secret. Tu n’as pas à le dévoiler.

Personnellement, je souhaite que tu restes toi-même, que tu ne plies pas devant les modes, que ta curiosité et ta soif d’apprendre ne te quittent jamais, et que tu saches trouver dans chacun des petits bonheur du quotidien de quoi t’émerveiller toute ta vie.

Et si passer ta vie à croquer des paysages et des gens est ce que tu veux, que tout fasse en sorte que tu puisses réaliser ce rêve… On a 16 ans une fois, paraît-il. Mais je n’y crois pas. On a 16 ans chaque fois qu’on a envie d’avoir 16 ans.

Bon annif, comme on dit en Belgique.
Je t’aime, Ève.

Le pouvoir d’évocation de certains objets

bol

Le café est-il meilleur dans un de mes trois bols rapportés de Soufflenheim que dans n’importe quelle tasse ? Les objets n’ont le sens qu’on veut bien leur donner. Mais il est vrai que quand j’utilise un de ces bols, il goûte autrement. Il goûte Strasbourg et le château du Haut-Koenigsbourg. Il goûte la tarte à l’oignon mangée sous la tente. Il goûte le panaché, mélange de bière et de limonade pétillante. Il goûte le bonheur des fous rires avec Liliane, Alice et Élisabeth.

Il goûte aussi mai 1983 et le souvenir du mariage de Liliane. Moi qui tiens le parapluie au-dessus de sa tête avant d’aller reprendre ma place dans le cortège. Et ses souliers qu’on vend en faisant monter les enchères parce que la ouate à l’intérieur – horreur que des souliers neufs qui font mal un jour pareil – vient de Montréal.

Oui, les objets un pouvoir d’évocation. Peut-être pas tous, mais beaucoup. Et j’aime me rappeler mes deux séjours en Alsace quand je sors mes bols. Car je souris.

Une série que je ne verrai qu’une fois

horloge

Faut-il faire un vœu quand les aiguilles marqueront 1 heure, 2 minutes, 3 secondaires, le 4e jour du 5e mois de l’année 6 ? Une suite comme celle-là n’est pas à la veille de se répéter… mais de là à faire un vœu ? Sans y croire, juste pour le plaisir de la chose, pourquoi pas ? Et deux fois plutôt qu’une puisque l’heure fatidique a déjà sonné en Belgique et que nous avons Chantal, Carine et moi, décidé de faire un vœu.

Qu’adviendra-t-il de ce souhait du 1-2-3-4-5-6? Un souvenir? Une baliverne? Une réalité? Tout cela n’a aucune importance. Le moment et le jeu en avaient. Et nous nous sommes amusées. Voilà tout.

Car tous ces vœux que l’on fait, c’est d’une certaine façon sans trop y croire. Comme pour défier le destin. Par jeu. Souffler des bougies d’anniversaire en fermant bien les yeux pour que le vœu se réalise. Ne pas marcher sur les craques du trottoir, car ça porte malchance.

Ce souhait du 1-2-3-4-5-6 se réalisera-t-il ? Je n’y crois pas trop, voire pas du tout, mais j’ai aimé qu’à trois, des deux côtés de l’Atlantique, on fasse chacune un vœu. Juste pour le plaisir d’en faire un.

Le joli mois de mai

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Ailleurs qu’ici, on souligne vraiment le mois de mai.
Et c’est joli, cette tradition d’offrir un brin de muguet. Je sais combien Jocelyne était heureuse que son frère débarque ce matin avec un bouquet à la main. Elle était toute émue de me raconter ça tout à l’heure. Et je sentais son sourire radieux.

Ce premier jour de mai, ce n’est ni une fête religieuse – plus personne ne connaît le mois de Marie -, ni un anniversaire, même si c’est la fête des travailleurs et jour férié dans nombre de pays. C’est une de ces journées gratuites qu’on peut souligner ou non.

J’ai envie d’un mois de mai formidable, d’un mois d’amitié, d’un mois où je trouverai du travail. J’ai envie que mai 2006 m’inspire et me chavire. Le petit vent de ce soir me procure juste assez d’ivresse pour y croire.

Une petite sieste ?

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Il y a des moments où plus on se débat contre la fatigue ou la lassitude, plus les yeux se ferment. Il peut être aussi bien deux heures de l’après-midi que sept heures du soir, rien à faire. Le corps ne veut plus suivre. Pourtant, nulle trace d’excès ou de nuits écourtées dans les jours qui précèdent. Mais les yeux s’embrouillent, les épaules tombent et le corps n’arrive plsu à rester droit.

La plupart du temps, je résiste, je fais du café, je vais marcher, je bouge.
Parce qu’il doit rester en moi une certaine dose de culpabilité face au « ne rien faire » pour plonger dans une sieste réparatrice ou peuplée de rêves. Mais aujourd’hui, j’ai été totalement incapable de contrer cette fatique qui m’a envahie d’un seul coup.

Mon corps s’engourdissait et le moindre mouvement me demandait le peu qu’il me restait d’énergie. J’ignore les raisons, ou plutôt ne veux pas les mettre sur le compte du fait que je n’ai dormi que quatre heures, que j’ai travaillé sur des traductions et révisé des textes non stop pendant huit heures, en oubliant de me sustenter. Mais pourtant, il y a de fortes chances que la raison soit là.

Alors, j’ai levé mes fesses de ma chaise et j’ai marché jusqu’au lit, presque zombie. Et j’ai fait une sieste dont je ne suis pas tout à fait sortie, car je ne me sens pas « réparée », mais toujours aussi flagada et pas très fonctionnelle.

Ai-je trop rêvé ? J’ai l’impression de n’avoir fait que cela pendant ma sieste. Rêver, rêver, rêver. Abandonner un paysage pour retrouver quelqu’un, me perdre dans les dédales et tourner la tête pour me retrouver ailleurs. Est-ce pour cela que je ne sens pas les effets bénéfiques ? Ou alors, parce que je sais que j’ai encore du travail et que ma tête s’y refuse ?

Et si je faisais du café pour y voir plus clair ?

Journée mondiale du livre et du droit d’auteur

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J’aime cette journée, même si je ne participe à aucune rassemblement.
J’aime qu’elle existe et qu’elle soit soulignée. Même si pour moi, c’est chaque jour la journée du livre.

Car il n’est pas de journées sans livre, sans touner les pages, sans m’enivrer de mots, sans partir à la conquête de l’imagination. C’est la seule chose qui me soit vitale, outre l’écriture. Je suis en manque sans lecture, un peu comme si l’air se rariéfait. Rien ne possède ce pouvoir de m’alimenter comme les livres. Rien.

J’ai bien essayé autre chose, mais ce n’était jamais ça.
Que j’ai bien du mal à décrire, mais qui me comble. Un sentiment de plénitude, de bien-être, d’accord avec moi-même.

C’est une belle journée aujourd’hui. Elle réunit dans l’universalité les amoureux des livres. Dont je suis.

Au revoir, Henri

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Louise et moi avons la même arrière-grand-mère. Nos grands-mères étaient sœurs, son père et ma mère cousins. La vie nous a mis en présence l’une de l’autre il y a quelques années. Et nous sommes l’une comme l’autre fières d’être petites-cousines.

Elle s’amuse avec les couleurs, je joue avec les mots. Le reste, c’est entre nous. La complicité, les conversations, les racines, le cœur.

Cet après-midi avaient lieu les funérailles d’Henri, son père. Mon beau cousin qui venait prendre des nouvelles de toute la famille à la librairie. Mon cousin aux yeux brillants et vifs. Qui a aimé la vie comme peu, qui a aimé Monique et ses filles d’un amour incomparable.

Je crois que ceux et celles qui sont aimés ainsi reçoivent tellement que ça leur donne plein d’amour à partager. Louise est comme ça. Elle donne sans compter, son temps, son énergie, sa fougue, son amour. Elle a eu beaucoup, elle donne beaucoup.

Est-ce cela, en dehors de nos affinités pour les arts, qui nous lie? Le fait que nous ayons toutes deux été beaucoup aimées par nos parents pour qui leurs filles étaient tout? C’est possible.

Je sais que ma Loulou est pour moi un cadeau du ciel. Elle n’est pas la seule.
Mais ce soir, c’est à elle que je pense. Elle a perdu, j’en suis certaine, l’homme qui l’a le plus aimée. Et cet homme, je suis heureuse de l’avoir connu. Être passé à côté d’un homme d’une telle bonté serait bien pire que le fait de le perdre.

Au revoir, Henri. Continue d’être une inspiration pour ceux qui ont eu le bonheur d’être des tiens.