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La raclette de l’amitié

raclette

C’est quand on se retrouve autour d’une raclette, comme hier soir, qu’on réalise à quel point un tel plat est rassembleur. Tout le monde est à table, il n’y a personne à faire le service. Chacun va à son rythme, mélangeant morbier à des champignons, choisissant l’une ou l’autre viande, étalant son mélange sur du pain s’il en a envie. Tous y trouvent leur plaisir tandis que les conversations fusent de partout.

Quelle belle idée a eu Lucie hier de réunir les moustiquaires, la gang de filles du cegep, autour d’une raclette où il faisait bon plus de vingt ans d’amitié et de souvenirs. Oui, nous avons bien quelques rides de plus qu’à 17 ans. Et puis ? Oui, nous avons laissé des plumes dans la grande aventure de la vie. Et puis ? Oui, nous avons des souvenirs de repas, de concerts, de projets. Oui, il y a encore cette amitié, non pas qui dure, ce serait la restreindre, mais bien qui continue, qui évolue. Complices nous étions, complices nous resterons. Sans obligation, mais parce que nous en avons anvie. Et c’est là la beauté de l’amitié.

Nous étions toutes réunies, Lucie, Chantal et Marie-Josée, avec leurs compagnons de vie, des enfants qui, dans pas si longtemps que ça, auront l’âge que nous avions, et moi. Privilège rare que Lucie voudrait annuel, à chaque janvier. Et pourquoi pas ?

Nous aurons toujours 17 ans, n’en déplaise à certains. Et la vie passera. Il y aura toujours une raclette, véritable ou symbolique, pour nous réunir.

Une lettre qui réchauffe le cœur

alfredchalon

Il fait froid, parce que l’on regarde là où il n’y a pas de chaleur. [Alexandra David-Neel]

La recette que donne Alexandra David-Neel est toute simple. Une de celles à appliquer à la lettre autant que possible, ajouterai-je. Pourquoi en effet choisir le froid alors que la chaleur est parfois dans une lettre qu’on lit, comme le fait la lectrice d’Alfred Chalon ? Celle que j’ai lue et relue depuis le matin, arrivée au courrier du jour, en direct de La Louvière, m’a donné tant de bonheur. C’est si bon de constater le bonheur de Fabien. Il me semble avoir vu son sourire éclatant derrière chaque phrase alors qu’il me parle de cette vie qui va le mener jusqu’ici, près de moi, avec sa belle. Ce sera si bon de le savoir tout à côté, ce frère de cœur complice.

Oui, bientôt, cette belle amitié entamée grâce au net, devenue réelle, ne se vivra plus à distance. Et d’y penser me donne un immense sourire à moi aussi. Peut-être parce que Fa a terminé en me souhaitant pour 2007: Liberté, liberté et liberté.

Oui, il ne fait jamais froid quand quelqu’un nous écrit les bons mots.

Un autre regard

anderszorn

Et parfois des matins où on ressent le besoin de savoir, de tout connaître de ce qui gravite et bouge plus loin que soi, que son propre univers. Et parfois, telle la lectrice d’Anders Zorn lire le journal d’un bout à l’autre, pour se brancher sur la planète, savoir ce qui se passe ailleurs que dans sa bulle. Pas trop souvent. Il n’est pas toujours bon de savoir que la planète ne tourne pas rond, d’apprendre que tout va à l’envers. Alors poser là le journal. Se dire qu’on a assez à faire déjà sans vouloir à tout prix changer le monde et que donner un angle nouveau dans une discussion, c’est déjà beaucoup. Que chaque conversation où on affirme un point permet peut-être une plus grande ouverture.

Il ne s’agit pas de tout bouleverser, ni de vouloir changer quiconque. Juste d’être, de se dire, et si cela offre une nouvelle perspective, peut-être donnera-t-elle à notre interlocuteur une vision qu’il partagera avec d’autres, et ainsi de suite. On ne change pas le monde, mais on peut parfois lui donner un autre regard.

La lectrice revenue de tout

devissi

Que deviennent-elles celles dont le désir s’est éteint, qui n’éprouvent plus de passion pour rien, qui ont l’impression d’avoir tout vécu ? Vont-elles errantes, devant les rayons, à la recherche de ce qui pourra les allumer à nouveau, à l’instar de la lectrice de Blaise Devissi ? Finissent-elles par trouver ou leurs jours et leurs nuits se déroulent-ils ainsi ?

Comme je ne les envie pas, moi qui me passionne toujours pour quelque chose, qui suis en constant état d’émerveillement et de désir… Non, je ne veux jamais devenir comme elles, blasées, revenues de tout, sans rêve, vraiment pas. Je suis trop bien comme je suis, même si parfois mes rêves me semblent irréalisables, même si je prends le risque de me tromper, même si mes élans me font trouver ma bulle le plus bel endroit du monde…

Le jour où j’errerai ainsi, à me demander comment occuper mon esprit ou mon corps, sans trace de passion pour rien, je crois qu’il sera temps que je quitte la scène. Mais je ne suis pas pressée, vraiment, mais vraiment pas !

La seule vraie tristesse est l’absence de désir.
[Charles-Ferdinand Ramuz]

J’essaie, mais…

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J’essaie, j’essaie même très fort, je vous l’assure, mais c’est plus fort que moi. Je suis incapable de rester très longtemps dans le bruit ou au sein d’un large groupe. Ma tête devient vite prise dans un étau. Et je ne vois que m’éclipser comme seule issue possible. Parfois, je suis en mesure de tenir un peu plus longtemps, d’autre fois non. C’est pourquoi je suis disparue assez vite, laissant là les gens réunis dans un 5 à 7 bruyant soulignant le départ d’une collègue.

Dès que j’ai franchi le seuil, je me suis sentie étourdie. Une espèce de beat en continu qui servait lieu de musique, des conversations qui tentent de couvrir le tout. Ouf. J’ai tenu une heure, un véritable exploit.

Qu’on ne me tienne pas rigueur pour mon comportement, je vous le répète, j’essaie très fort. Mais après une journée à travailler, à être constamment dérangée, j’ai besoin de retourner dans ma forteresse. Ou si je sors, j’aime le faire seule, avec une seule personne ou alors en groupe restreint. Sinon, très vite, je ne suis plus là. Je me soustrais aux conversations, j’entre dans mon monde, je deviens observatrice. Et je n’ai plus le choix: il me faut partir.

Le bonheur, c’est d’écrire

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Et ce soir, la vie a coulé tout doucement entre la musique de Chopin, un peu de lecture, quelques recherches sur le net, un appel téléphonique d’un ami et quelques lignes écrites ou plutôt jetées là éparses avec l’espoir qu’elles deviennent peut-être autre chose que des phrases. Le bonheur, c’est un peu tout ça, et jamais de rien compliqué au fond.

Le bonheur, c’est d’être dans ma bulle et d’en sortir parfois. De faire des projets, de rêver… et d’écrire, d’écrire, d’écrire…

Un an plus tard

alan_patrick

Et il y a un an, je ne savais pas que tout allait basculer ce jour-là quand je me suis levée. Je ne me doutais pas que quelques heures plus tard, j’allais rentrer, l’âme en peine, en laissant derrière moi la moitié de ma vie. Je ne savais pas, je n’avais même jamais pensé à cette éventualité. Aurais-je dû? Le choc aurait-il été moins grand? Je n’en ai aucune idée.

Je sais seulement qu’il m’a fallu des semaines avant de pouvoir entrer à nouveau dans une librairie, comme celle peinte par Alan Patrick ou n’importe quelle autre, et m’y sentir bien et non plus en mal d’une vie que je n’avais plus, que je ne voulais plus avoir même si elle n’avait comblée à bien des égards toutes ces années.

J’aurai été libraire plus de la moitié de ma vie et nécessairement il en restera toujours quelque chose. Ce goût de partager ma passion pour les livres et les écrivains, cet amour pour le monde de la littérature, sûrement. Et un grand respect pour les libraires, les vrais, et non pas les vendeurs de livres, car il en reste encore quelques-uns, malgré tout.

Et maintenant, jeter un œil sur cette année où ma vie a changé, où un nouveau travail s’est offert à moi, où de nouvelles amitiés sont venues s’ajouter, où l’écriture a pris une très grande place, celle qu’elle avait avant, il y a longtemps. Et me sentir bien dans cette nouvelle vie où j’ai plus de temps pour ceux que j’aime et pour moi, et où je me sens tellement plus libre et appréciée. Et ne pas avoir de regrets. Ni pour cette vie d’avant, ni pour les amours avortées, ni pour ce que je n’ai pas toujours pris le temps de faire…

La douceur de vivre est là. Et même si le ciel est gris, même si parfois je me sens assaillie par une douleur ancienne ou récente, je ferai tout pour que le soleil brille en moi en permanence.

Puisse 2007 être à la hauteur de vos rêves

bonne_annee

Et voici tournée la dernière page de l’année 2006. Une année qui aurait été toute différente si vous n’y aviez participé. Conversations, sorties, courriels, fous rires, partages de toutes sortes, repas, promenades, petits mots laissés sur mon blog : de bien des manières, vous avez là.

Privilégier un moment de 2006 plutôt qu’un autre serait bien bête, car tous ces instants de partage sont autant de trésors. Même si l’année avait bien mal commencé pour moi. Je conserverai donc de cette année imparfaite le changement de cap puisque la vie s’est chargée de rectifier le tracé et de m’apporter plus que je n’avais demandé.

Puisse 2007 vous garder émerveillés devant un soleil qui se lève, heureux du rire des enfants, bouleversés par quelques lignes ou une envolée de notes, avides de tout goûter, curieux d’en apprendre toujours davantage sur les sujets qui vous passionnent, ouverts d’esprit et libres de vos opinions.

Puisse 2007 vous donner la santé pour réaliser les projets qui vous tiennent à cœur, surtout les moins raisonnables, et un émerveillement constant devant ces petites choses du quotidien qui paraissent parfois insignifiantes mais qui sont porteuses de bonheur.

Merci d’être là, quelque part au bord de ma vie, depuis toujours, depuis des dizaines d’années ou quelques semaines, et de me laisser telle que je suis, entière et parfois sauvage, d’autres fois sociable, mais jamais tiède.

Et parce que l’amitié ou l’amour ne se comptent pas en heures et en secondes passées ensemble, même si celles-ci ne sont pas négligeables, à défaut d’être présente à tous, je vous porte en moi et je ne suis jamais bien loin même si je suis dans mon monde de mots.

Bonne année 2007 à vous qui avez fait de 2006 une année porteuse de projets et de rêves qu’il me tarde de réaliser.

* Texte envoyé par courriel à ceux qui comptent pour moi et à ceux qui ont laissé leurs coordonnées ici en même temps qu’un commentaire. Mais il s’adresse à tous ceux qui s’aventureront à parcourir les pages de Lali.

Adieu 2006

arbreruebeaubien

Et 2007 est déjà là. Dans quelques jours, les sapins naturels seront recyclés, les autres rangés dans leur boîte ainsi que leurs décorations. Chacun aura festoyé à sa manière.

Peut-être que d’autres auront, comme moi, scruté à la loupe l’année qui vient de se terminer. Qu’y auront-il trouvé ? Des petites joies, des grandes, des déceptions, des moments de grâce, des fous rires, des instants de panique, des soleils qui se lèvent, des déceptions, des changements de cap. Un peu de tout ça, sûrement. Car la vie est ainsi, un savant mélange de toutes ces choses qui nous font dire que nous sommes en vie.

Et moi, que vais-je retenir de 2006 ? Sûrement le passage de ma vie de libraire à celle de réviseure-traductrice, dans un premier temps. Et puis des amitiés, des anciennes comme de nouvelles. Et des lectures, de la musique. Et puis l’écriture, même si elle me rend de plus en plus solitaire, moi qui l’étais déjà.

Quelques bleus à l’âme par moments, bien vite remplacés par mes pas de danse sur le plancher du salon ou sur le trottoir. Le goût du café ou du chocolat sur la langue, plaisirs indéfectibles.

Un souper belge à la maison. Les concerts dans la rue. Le vent dans mes cheveux. Une baignoire pleine de mousse. Ces heures à marcher ici et là, au hasard de la ville. L’odeur des lilas.

Et les rires des enfants qui jouent devant chez moi et qu’il fait bon entendre quand les fenêtres sont ouvertes en été. Un chat qui laisse mes doigts caresser son doux pelage. Une pluie fine qui tombe sur mes épaules nues. Les livres, toujours les livres. Et le cœur qui s’emballe.

Et toutes ces images presque fugitives qui ont un goût d’absolu.

Une phrase qu’on retient. Une autre qui s’envole. Des mots qui se dérobent. Et tout ce qu’on voudrait être en mesure de dire et qu’on ne sait pas faire. Et le silence comme compagnon quand la musique se tait.

Et une toile qui parle de soi. Des regards complices. Et puis, tout ce qui nous retient, parfois, sans qu’on puisse en connaître les raisons.

Et ces après-midis à lire au lit. Et l’écureuil juché sur le bord de ma fenêtre ce matin, qui avait l’air de se demander ce qu’il pouvait bien faire là, au deuxième. Et un baiser sur un coin de rue, comme un cadeau.

Et tous ceux que j’aime, sans qui je ne serais pas ce que je suis.

Adieu 2006.
2007 et ses aventures m’attendent.

Des envies de prendre le large

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Des envies de tout mettre dans deux valises et de partir quelques jours. D’aller aérer mon esprit et de prendre des photos. De m’imprégner de lieux que je ne connais pas. D’odeurs, comme de couleurs.

Des envies de solitude, de silence, de vent qui fouette le visage. Des envies de prendre le large, comme il en arrive parfois. Des envies que je ne serai pas en mesure de vivre autrement que par des promenades dans ma ville chérie qui, je le souhaite, m’apporteront autant de plénitude que tous ces ailleurs convoités.

Des envies d’océan, de villes, de montagnes, de paysages à couper le souffle.

Il y en a eu tellement déjà. Au pire, je trouverai dans ma boîte à souvenirs de quoi alimenter mon envie de partir. Au mieux, quelqu’un me proposera une virée quelque part.

J’irai là où le vent fera voler ma chevelure. Dans mes images heureuses ou ailleurs.