Ce n’est que dans 24 heures que les textes déposés sur la scène livresque de la semaine seront validés. Vous avez donc amplement le temps d’écrire quelques lignes, avec ou sans ange pour vous inspirer.
*toile signée Le Caravage
Ce n’est que dans 24 heures que les textes déposés sur la scène livresque de la semaine seront validés. Vous avez donc amplement le temps d’écrire quelques lignes, avec ou sans ange pour vous inspirer.
*toile signée Le Caravage
Dis
est-ce que tu crois
en moi
qu’est-ce que tu crois
dis-moi
jure-moi qu’on n’est pas
les rois des cons toi moi
dis-moi dis-moi
dis-moi encore une fois
tiens-moi tiens-moi
tiens-moi bien dans tes bras
dis-moi qu’un jour
la peur
pour toujours toujours
meurt
la mort est une amie
qu’en penses-tu dis oui
dis-moi dis-moi
dis-moi encore une fois
tiens-moi tiens-moi
tiens-moi bien dans tes bras
est-ce que le temps
avance
comme un enfant
qui danse
est-ce qu’on dé-
couvre un jour
la beauté
pour toujours
on se trouvera
ou en haut ou en bas
on sera toujours deux
astres qui jouent des dieux
dis-moi dis-moi
dis-moi encore une fois
tiens-moi tiens-moi
tiens-moi bien dans tes bras
est-ce que tu m’aimes
encore
autant et même
plus fort
Brigitte Fontaine, Genre humain
*choix de la lectrice de Xavier J. Barile
Si vous aimez Jane Austen, les illustrations de Jess Purser, sur des pages de ses romans, devraient vous faire craquer. Notamment celle-ci, envoyée par Lysianne, mettant en scène les personnages de Raisons et sentiments.
L’adieu
Est-il vrai, mon amie,
Qu’il n’y a qu’un seul mot pour désigner
Dans la langue qu’on nomme la poésie
Le soleil du matin et celui du soir,
Un seul le cri de joie et le cri d’angoisse,
Un seul l’amont désert et les coups de haches,
Un seul le lit défait et le ciel d’orage,
Un seul l’enfant qui naît et le dieu mort ?…
Oui, je le crois, je veux le croire, mais quelles sont
Ces ombres qui emportent le miroir ?
Et vois, la ronce prend parmi les pierres
Sur la voie d’herbe encore mal frayée
Où se portaient nos pas vers les jeunes arbres.
Il me semble aujourd’hui, ici, que la parole
Est cette auge à demi brisée, dont se répand
À chaque aube de pluie l’eau inutile…
Yves Bonnefoy, Ce qui fut sans lumière
*choix de la lectrice d’Armando Barrios
Le plus bel hommage que nous puissions rendre à la vérité est d’en user. (James Russell Lowell)
*toile d’Ernesto Scheffel
Le tout, le rien
Te soit la grande neige le tout, le rien,
Enfant des premiers pas titubants dans l’herbe,
Les yeux encore pleins de l’origine,
Les mains ne s’agrippant qu’à la lumière.
Te soient ces branches qui scintillent la parole
Que tu dois écouter mais sans comprendre
Le sens de leur découpe sur le ciel,
Sinon tu ne dénommerais qu’au prix de perdre.
Te suffisent les deux valeurs, l’une brillante,
De la colline dans l’échancrure des arbres,
Abeille de la rie, quand se tarira
Dans ton rêve du monde ce monde même.
Et que l’eau qui ruisselle dans le pré
Te montre que la joie peut survivre au rêve
Quand la brise d’on ne sait où venue déjà disperse
Les fleurs de l’amandier, pourtant l’autre neige.
Yves Bonnefoy, Ce qui fut sans lumière
*choix de la lectrice de Maurice Barraud
Quand on fait partie d’une famille où il y a six pharmaciens et qu’on a étudié en littérature, on ne peut qu’avoir un sourire grand comme ça quand on trouve dans sa boîte aux lettres cette publicité du sirop pour la toux Dumas et fils, imaginé par l’illustrateur Claude Cachin.
Rien ne marque tant la vaste étendue d’un esprit que de pouvoir s’élever en même temps aux plus grandes choses et s’abaisser aux plus petites. (Charles Perrault)
*toile de Bartolomeo Schedoni
Tout est toujours à remailler du monde.
Le paradis est épars, je le sais,
C’est la tâche terrestre d’en reconnaître
Les fleurs disséminées dans l’herbe pauvre.
Yves Bonnefoy, Ce qui fut sans lumière
*choix de la lectrice de Kim Frohsin
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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