Il a neigé jeudi. Il a encore neigé cette nuit. Et aussi ce matin. Et il va encore neiger ce soir. Bonne raison pour ne pas sortir et tirer un livre de la pile qui m’attend sur la table du salon. Et pour m’offrir une grande tasse de thé gingembre citron en écoutant la radio où s’enchaînent des titres d’une autre époque.
Ce n’est pas tout de suite que je me sentirai vraiment chez moi dans la maison familiale, mais je m’approprie les lieux peu à peu. Chaque fois que je passe chez moi, qui est de moins en moins chez moi puisque je n’y ai pas dormi depuis la mi-décembre, je vide la boîte aux lettres et je remplis des sacs. Vêtements, chaussures et articles de toilette ont été les premiers articles à transiter d’un endroit à l’autre. Puis, des bijoux, des foulards, des enveloppes, des cartes postales, des timbres, du papier à lettres. Du thé, des livres, des CD, un diffuseur, mon koala en peluche, les cahiers contenant mes poèmes, des paires de lunettes.
Mais il faudra encore du temps pour que je me sente chez moi, pas juste en transit. Tant que le grand ménage ne sera pas terminé, tant que la salle de bains ne sera pas adéquate, tant qu’un chauffagiste n’aura pas examiné la fournaise, tant qu’un spécialiste n’aura pas confirmé que les différentes craques dans les murs ne sont pas dues à un problème de structure, tant qu’il y aura de la peinture à faire, tant que je n’aurai pas installé mon bureau de façon définitive, tant que je n’aurai pas tous mes livres sous la main, tant que je ne passerai plus mon temps à faire des listes de ce que je dois penser à déménager lors de ma prochaine visite, je serai toujours une nomade.
Mais ça ne durera pas. Je pense qu’en octobre, voire avant cela si tout va bien, je n’aurai plus qu’un seul domicile.
Coup de foudre pour cette série de l’artiste britannique Frances Featherstone. Je pourrais d’ailleurs passer des heures à examiner les détails de chacun de ces décors où lire au lit est mis à l’honneur. Sans pouvoir choisir, au bout du compte, lequel me plait le plus. Et vous, avez-vous une préférence?
Je pourrais passer des heures à chercher des images sur la toile. Et c’eat ce que j’ai fait pratiquement tous les soirs depuis une dizaine de jours. C’est ainsi que j’ai fait connaisance avec l’artiste Thomas Little.
Tous les lundis, je me pose les mêmes questions. Pourquoi la fin de semaine a-t-elle passé si vite? Pourquoi me faut-il quitter la maison pour aller travailler et socialiser? Pourquoi ne puis-je pas passer l’avant-midi aur le sofa en compagnie d’une pile de livres? Et ça me revient. Je n’ai pas encore pris ma retraite. Et je me prépare un bol de café. Je peux au moins m’accorder ce plaisir.
Déjà le dernier dimanche de février, Et quel mois, devrais-je dire, car ce sont près de 75 cm de neige qui sont tombés sur Montréal entre le 13 et le 17. En fait, ce n’est que depuis hier matin que ma rue est déneigée et qu’on peut marcher sur les trottoirs. De quoi se réjouir… en espérant que nous ne recevrons plus de neige en abondance d’ici le printemps.
Et pour ce dimanche, je vous propose de faire vivre en vos mots, comme vous le faires si bien semaine après semaine, ce tableau de l’artiste Modupe Alatise Odusote. Prenez votre temps, aucun commentaire ne sera validé avant dimanche prochain. Et profitez-en pour lire les textes déposés sur la scène livresque de dimanche dernier, et même de les commenter si vous le souhaitez.
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