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La blessure 3

COLLANDRE (Françoise) - 15

J’ai longtemps vécu d’espoir
Embarqué par l’illusion
Un doux mensonge à soi
Une promesse et du vent

Sur les lèvres gercées du temps
Sur le corps meurtri par l’attente
Dans la clarté des évidences
J’ai vu l’aimée
Avancer vers l’horizon où j’ai enfoui mon visage

L’ai-je vue ou imaginée
Je sais qu’elle existe
Je sais son sourire qui affole les regards
Je sais les yeux mouillés de brume
Les mains prêtes à recevoir

Je sais qu’elle viendra un jour
Ramasser ce qui subsistera de mes solitudes
Elle m’emmènera là où on dépose
Les âmes et les armes.

Tahar Ben Jelloun, Que la blessure se ferme

*choix de la lectrice de Françoise Collandre

Ce que mots vous inspirent 2206

CONSTAN (Mirian)

C’est la surprise, l’étonnement qui nous oblige à évoluer. (Edgar Morin)

*toile de Mirian Constan

La blessure 2

CIUCURENCU (Alexandru) - 1

Le trait
Seulement le trait
Chemin vers la montagne qui s’élève
Voie vers le nu
Le dépouillé
Le renoncé
L’écriture à peine visible
Tombe les syllabes de la plume
Qui perd l’encre et le sang.

Tahar Ben Jelloun, Que la blessure se ferme

*choix de la lectrice d’Alexandre Ciucurencu

Ce que mots vous inspirent 2205

COMELLES (Rosa) - 10

Avec le nouveau jour viennent des forces nouvelles et de nouvelles pensées. (Eleanor Roosevelt)

*toile de Rosa Comelles

La blessure 1

ALPHONSE (Fritzner) - 2

Le silence de l’Aimée
Est un meurtre tranquille
Il blesse sans tuer
Il inquiète et fait monter la fièvre
C’est un mur froid qui avance
Broie ce qu’il rencontre
Le tout sans faire de bruit.

Tahar Ben Jelloun, Que la blessure se ferme

*choix de la lectrice de Fritzner Alphonse

Ce que mots vous inspirent 2204

CLARK (Christopher) - 4

On se lasse de tout sauf de comprendre. (Virgile)

*toile de Christopher Clark

Les poèmes d’Amaru 4

BUENO (Antonio)

Autrefois, nous ne formions qu’un corps;
Et puis tu fus l’amant,
Et moi, une amante désespérée;
Maintenant, tu es l’époux,
Je suis l’épouse. Quoi d’autre?
De ma vie misérable, dure comme un diamant,
Voilà le fruit!

Amaru, La Centurie

*choix de la lectrice d’Antonio Bueno

En vos mots 576

CANELLA (Antonio) - 1

Le printemps est à nos portes, dit-on. Je veux y croire, malgré les flocons des derniers jours, malgré le froid qui tarde à nous quitter. J’ai si hâte de lire dehors, comme le fait la lectrice peinte par Antonio Canella, qui s’est installée au pays de Lali pour la semaine. Le temps que vous nous la racontiez en vos mots, comme vous le faites depuis onze ans déjà.

Ce n’est que dimanche prochain que les commentaires déposés d’ici là seront validés. Comme je viens de le faire pour les poèmes inspirés par l’illustration de dimanche dernier, que je vous invite d’ailleurs à lire.

D’ici là, souhaitons que le printemps prendra ses aises chez moi comme il le fait déjà ailleurs!

Les poèmes d’Amaru 3

BOTERO (Fernando) - 21

Elle a vu qu’ils étaient seuls dans la chambre,
Elle s’est lentement redressée sur le lit;
Alors qu’il feignait le sommeil,
Elle a longuement contemplé le visage de son époux;
Sans retenue, elle lui a donné un ardent baiser.
Quand elle a vu
Frémir la saillie de sa joue,
La jeune femme, honteuse, a baissé la tête :
Son bien-aimé l’a embrassée en riant.

Amaru, La Centurie

*choix de la lectrice de Fernando Botero

Les poèmes d’Amaru 2

BORMANN (Lisa) - 8

Sa colère apaisée, elle tint dans ses mains
La lune de son visage
J’avais tout épuisé,
Mon seul refuge était de tomber à ses pieds
Contenues jusqu’alors au-dedans des paupières,
En foule se pressant à la frange des cils,
D’un coup ses larmes dévalèrent
La pente de ses seins, proclamant mon pardon.

Amaru, La Centurie

*choix de la lectrice de Lisa Bormann