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Si on parlait des pères 1

Parce que c’est leur jour, parce que leur présence marque nos jours, que leur absence a une incidence aussi grande, parce qu’ils sont importants et que nous les aimons, pères et grands-pères sont aujourd’hui à l’honneur, dans des scènes livresques, afin de mettre en évidence quelques citations sur l’art d’être père, à commencer par celle-ci offerte au personnage de l’illustrateur Richard Sargent :

Devenir père n’est pas difficile. L’être l’est, cependant. (Wilhelm Busch)

Les vers de Louis 4

À Miss Winnie Howels

Bravant dans ses rigueurs notre zone neigeuse,
Tourterelle échappée à l’Orient vermeil,
Qui donc a dirigé ton aile voyageuse
Vers nos pays du Nord oubliés du soleil?

Toi dont Venise, au chant de sa lagune heureuse,
Berça le premier rêve et le premier sommeil!
Quel caprice a conduit ta course aventureuse
Vers nos bords où l’été n’a qu’un tardif réveil?

Oh ! je le sais, enfant ! A la plus pure flamme
Ton père, doux poète, alluma ta belle âme;
Et, fier de nous montrer un cœur comme le tien,

Après avoir – conteur à la voix sympathique! –
Chanté notre pays sur sa lyre exotique,
Il t’envoya vers nous pour faire aimer le sien!

Louis Fréchette, Les oiseaux de neige

*choix de la lectrice de Thomas Coke Ruckle

Et vous?

Voilà une semaine qu’il examine la lectrice de dimanche dernier et qu’il se demande comment il pourra la séduire avec des mots puisque rien ne semble la déranger tant son livre la passionne. Et vous, avez-vous trouvé les vôtres?

*toile d’Alois Heinrich Priechenfried

Les vers de Louis 3

Amitié

À Mlle N***

Je connais un petit ange
Lequel n’a jamais mouillé
Sa blanche robe à la fange
Dont notre monde est souillé.

C’est lui qui donne le change
Au pauvre cœur dépouillé
Que l’amour, vautour étrange,
D’un bec cruel a fouillé.

Cet ange, qui vous ressemble,
Sous son aile nous rassemble
C’est la divine Amitié.

Son regard est doux et calme;
Il m’offre sa chaste palme…
En voulez-vous la moitié?

Louis Fréchette, Les oiseaux de neige

*choix de lectrice de Salvador Tuset

Ce que mots vous inspirent 689

Être sage, c’est éviter de se retrouver dans des situations qui feraient de la sagesse une nécessité. (Doug Larson)

*toile de Charles van den Daele

Les vers de Louis 2

Le printemps

A Mlle ***

Voici le Printemps, la saison des roses.
Plus de rameaux nus, de gazons jaunis;
Plus de froids matins ni de soirs moroses
Voici le Printemps et ses jours bénis.

Voici le Printemps : aux fleurs demi closes
La brise qui vient des bois rajeunis
Murmure tout bas de divines choses…
Voici le Printemps, la saison des nids.

Enfant, tout cela chez vous se révèle;
Chez vous, comme au sein de la fleur nouvelle,
La coupe d’ivresse offre sa liqueur.

Pour vous nul besoin que le temps renaisse
Vous avez la vierge et sainte jeunesse;
C’est votre printemps, la saison du cœur.

Louis Fréchette, Les oiseaux de neige

*choix de la lectrice de Soldi

Ce que mots vous inspirent 688

On voyage autour du monde à la recherche de quelque chose et on rentre chez soi pour le trouver. (George Moore)

*illustration de Peter Newell

Les vers de Louis 1

C’est un très vieux livre que la lectrice peinte par Christina Robertson a choisi de faire découvrir aux lectrices du soir. En effet, le recueil Les oiseaux de neige du poète québécois Louis Fréchette, qui constitue une suite aux Fleurs boréales, a été publié en 1886. Un recueil duquel elle a tiré ces vers :

Juillet

Depuis les feux de l’aube aux feux du crépuscule,
Le soleil verse à flots ses torrides rayons;
On voit pencher la fleur et jaunir les sillons
Voici les jours poudreux de l’âpre canicule.

Le chant des nids a fait place au chant des grillons;
Un fluide énervant autour de nous circule;
La nature, qui vit dans chaque animalcule,
Fait frissonner d’émoi tout ce que nous voyons.

Mais quand le bœuf qui broute à l’ombre des grands chênes
Se tourne haletant vers les sources prochaines,
Quel est donc, dites-vous, ce groupe échevelé

Qui frappe les échos de ses chansons rieuses?
Hélas! c’est la saison des vacances joyeuses…
Comme il est loin de nous ce beau temps envolé!

Ce que mots vous inspirent 687

Le monde déteste le changement, c’est pourtant la seule chose qui lui a permis de progresser. (Charles Franklin Kettering)

*toile de Mahaut Carpentier

Le silence 5

certains matins tout se pare
d’ombre silencieuse
comme si la lumière hésitait
à quitter l’autre côté du monde
le monde des chemins perdus
— dérives irrémédiables —
où se consument
tant d’images évanouies
de vies trop courtes
d’histoires sans issue

Catherine Fortin, Le silence est une voie navigable

*choix de la lectrice de Joseph Stella