Qu’importe si ma bouche refuse
d’être l’écho de la tienne
mon regard suffit
à remplir le silence
entre tes mots
Chantal Motard, Les enfarges du temps
*choix de la lectrice de Pierfrancesco Cittadini
Qu’importe si ma bouche refuse
d’être l’écho de la tienne
mon regard suffit
à remplir le silence
entre tes mots
Chantal Motard, Les enfarges du temps
*choix de la lectrice de Pierfrancesco Cittadini
Qui ne voit que le passé est borgne, qui oublie le passé est aveugle. (Proverbe russe)
*toile de Gregorio Prieto Muñoz
Écrire pour rester morte
aux jours insignifiants
écrire pour diviser l’absence
en pages noires
écrire sans espoir
car les désespérés avancent
elles aussi
Chantal Motard, Les enfarges du temps
*choix de la lectrice de Mary Alaine Thomas
La perte du temps est la plus irréparable, et c’est celle qui inquiète le moins. (Axel Oxenstiern)
*toile de Wyndham Lewis
On ne tue pas le temps
impunément
sans qu’il ne lui vienne
un jour
le goût de se venger
Chantal Motard, Les enfarges du temps
*choix de la lectrice de Leo Gestel
La poésie est une physique de l’émotion parce que les mots — même chargés de douleur — doivent être à leur place avec la justesse de l’inexplicable. (Tahar Ben Jelloun)
*toile de Pierre Mornet
Mes amours traînent les rues
entre deux portes claquées
jour contre jour
pour un billet que je n’aurai qu’après
mes amours traînent les rues
elles arrivent en retard
elles guettent sous les tables
elles espèrent le geste
mes amours traînent les rues
elles s’écrivent sans pronom
ne portent pas de titre
ne s’inscrivent nulle part
à mes dépens
mes amours se font vivre
Chantal Motard, Les enfarges du temps
*choix de la lectrice de Guy Cambier
L’ordre des choses est un beau désordre, bien rangé. Qu’il ne faut surtout pas déranger. (Yves Navarre)
*toile de Charles Chaplin
Vous n’avez pas lu les textes des envosmotistes qui ont été validés hier? Courez vite les lire! Une surprise vous attend. Je n’en dis pas plus!
*toile de Pamela Kay
C’est ta joie que j’écris
C’est ta joie que j’écris sur les neiges blanches
Sur l’écorce dure des arbres, à tous les carrefours
Pour me souvenir du chemin
Pour me souvenir de l’unique vérité
C’est ta joie que j’écris sur ma table de travail
Sur les croix du pardon
Sur le manger sans nappe des pauvres
Sur les pierres vieillies d’une rue oubliée
C’est ta joie que j’écris partout dans ma mémoire
Sur la couleur brusquement désunie d’une rivière
Sur un vieux désir
Qu’on n’arrive jamais à bien comprendre
C’est ta joie que j’écris sur les triomphes du jour
Afin qu’il me prenne par la main
Comme un enfant qui apprend à marcher
À nommer le pain, l’eau, les plantes, le sommeil
Les mots faciles de tout le monde
Pour me conduire loin à l’intérieur de la vie
Pour unir les yeux dans l’amitié de demain
Gatien Lapointe, Le temps premier
*choix de la lectrice de Warren B. Davis
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