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Poésies des femmes 26

GUERIN (Paula)

je ne sais plus
si nous avons existé
avant la poésie
ou comment
non plus si nous vivions
légitimes parmi les mots
Nous n’avons plus d’yeux
pour percer l’évidence des saisons
plus d’oranges ni de mains
pour éterniser
les pulsations et la lumière
sous la peau

Hélène Boissé
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Paula Guerin

Poésies des femmes 25

GUGLIELMO

Quand je te dis

Quand je te dis que je te possède,
je dis que ton existence possède son espace
à l’intérieur de moi.
Je te dis que ton existence à l’extérieur de moi
m’est parvenue
et que te voilà double.
Ton double ne partira pas en mer jeudi.
Si tu ne reviens pas de la mer, toi,
c’est ton double qui va se charger de ton existence,
et pour longtemps.

Suzanne Jacob
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Guglielmo

Poésies des femmes 24

GUILLAUMIN (Armand) - 17

nous trouvons
plus de mémoire
dans la pierre
que dans les yeux
de nos amants

Célyne Fortin
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice d’Armand Guillaumin

Poésies des femmes 23

GUTHERZ (Carl)

Dans le désert du nord
Elle invente un air de blues
Le blues à sa portée
Le blues bel amour
Le blues inventé
Pour aller droit au cœur des mots
Des mots western qu’il ne dit plus
Qu’elle n’entend plus
Des mots qui disent tout
Même s’ils ont l’air de rien
Elle est restée là vieille et morte
Sur un lac d’acide

Louise Desjardins
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Carl Gutherz

Poésies des femmes 22

GUTIERREZ LOPEZ (Carlos)

l’espace comme une ombre froide installée

je lisserai bien mon image
pour y étaler la nuit dans son étendue

Louise de Gonzague Pelletier
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Carlos Gutierrez-Lopez

Poésies des femmes 21

GUTZWILLER (Sebastian)

Revenir très loin
où ça ne pensait pas

Tresser
l’âme égarée
aux primaires
pulsions

Partir
vers l’intime
contrée

Étrange chevelure
à démêler

Madeleine Gagnon
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Sebastian Gutzwiller

Poésies des femmes 20

LIBERA (Cyprian)

L’univers naît en toi
Et tu ne le sais pas
Ta tête bascule lourde
Lourdes des multitudes d’amours
Que tu ne connais pas
Lourde du mouvement des astres
Que tu ne connais pas
Lourde du temps et de l’espace
De formes et d’étendues inconnues
Ta tête bascule dans la nuit

Sans le savoir tu es répandu sur l’univers

Élaine Audet
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Cyprian Libera

Poésies des femmes 19

LIBOR (Jessica)

Nos paroles se frottent les yeux
Tout se tient encore par la main
Rien ne veut être seul

Cécile Cloutier
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Jessica Libor

Poésies des femmes 18

LEVY (Sue) - 1

quand la nuit se consume
en caresses de feu
nos mains se fondent
nos mains s’épuisent
claviers inassouvis.

Les tempêtes sur nos corps
forent des cratères
les tempêtes sur nos corps
tournent en arc-en-ciel
combien de temps encore
mourrons-nous sur nos lèvres?

Marie Laberge
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Sue Levy

Poésies des femmes 17

LENN (Misha)

Nocturne de l’absence

Tendre et profond est l’antre de l’absence
qui a tendu sur moi
des voûtes de mélodies insoupçonnées

elle me parle mais sa voix sourd de mon silence
elle a des gestes de vivante qu’elle tire de l’oubli
son visage est celui des fidélités disparues

ô ma morte-vivante mon enfant aux mains de feu
ma citadelle déserte mon ciel inconsolé
mon berceau lourd mon beau jardin pulvérisé

lorsque tu me rappelleras
lorsque tu m’emprisonneras
efface de mon regard jusqu’au reflet du souvenir

Éva Kushner
(dans Anthologie de la poésie des femmes au Québec des origines à nos jours de Nicole Brossard et Lisette Girouard)

*choix de la lectrice de Misha Lenn