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Les poèmes de Pouchkine 5

DAWSON (Joseph) - 1

Le désir fait brûler mon sang,
d’amour tu m’as l’âme blessée.
Donne tes lèvres : tes baisers
me valent la myrrhe et le vin.
Penche sur moi ta tête tendrement
que je goûte un sommeil sans trouble
jusqu’au souffle joyeux du jour
qui chassera l’ombre nocturne.

Alexandre Pouchkine, Poésies

*choix de la lectrice de Joseph Dawson

Les poèmes de Pouchkine 4

DAVID (Doris) - 3

Passe l’amour, meurt le désir;
La lumière froide nous sépare;
Qui se souvient d’un rendez-vous secret,
Des rêves, de la joie des années passées?…
Qu’une seule feuille
Conserve un peu de ce souvenir.

Alexandre Pouchkine, Poésies

*choix de la lectrice de Doris David

Les poèmes de Pouchkine 3

DAKUR (Vishalandra) - 1

Mon nom pour toi mais qu’est-il donc?
Il va mourir, comme l’écho plaintif
d’une vague brisant sur la rive lointaine
ou comme un bruit nocturne au fond d’une forêt.

Sur un feuillet d’agenda griffonnée,
sa trace restera muette,
tels les signes, sur une tombe,
d’une langue indéchiffrée.

Qu’est-il pour toi? Désormais oublié
sous tant et tant de passions nouvelles,
il ne peut plus te livrer en pâture
de souvenirs purs ou attendrissants.

Mais vienne un jour de peine, alors, dans le silence,
répète-le, mélancolique,
et dis : mon souvenir n’a pas péri,
il est au monde un cœur où je survis.

Alexandre Pouchkine, Poésies

*choix de la lectrice de Vishalandra Dakur

Les poèmes de Pouchkine 2

DAISAY (Karine) - 7

Quand un poète en son extase
Vous lit son ode ou son bouquet,
Quand un conteur traîne sa phrase,
Quand on écoute un perroquet,
Ne trouvant pas le mot pour rire,
On dort, on baille en son mouchoir,
On attend le moment de dire:
Jusqu’au plaisir de nous revoir.

Alexandre Pouchkine, Poésies

*choix de la lectrice de Karine Daisay

Les poèmes de Pouchkine 1

D'AGUANNO (Carla) - 8

Je revois l’instant merveilleux
où devant moi tu apparus,
vision à peine ébauchée,
claire image de la beauté.

Accablé jusqu’au désespoir,
assourdi par le bruit du monde,
J’entendis longtemps ta voix tendre
Et rêvai de tes traits aimés.

Les ans passèrent. Les tempêtes
au vent jetèrent tous mes rêves
et j’en oubliai ta voix tendre
et les traits purs de ton visage.

Mes jours se traînaient silencieux
dans une sombre réclusion,
sans génie, sans inspiration,
sans vie, sans amour et sans larmes.

Quand sonna l’heure du réveil,
devant moi tu réapparus,
vision à peine ébauchée,
claire image de la beauté ,

et mon cœur s’est remis à battre,
ivre de voir ressusciter
le génie et l’inspiration,
la vie et l’amour et les larmes.

Alexandre Pouchkine, Poésies

*choix de la lectrice de Carla D’Aguanno

Mise en pages 3

GRAFF (Leslie) - 11

de mon écriture couchée j’allonge un peu les verticales
mais je n’utilise pas de rimes
et si j’en vois je les corrige en admettant jusqu’à leurs opposées
alitée verticale

Emmanuelle Imhauser, Mise en pages

*choix de la lectrice de Leslie Graff

Mise en pages 2

MACNICOL (Elizabeth Bessie)

Que je sois là ou ailleurs
que faire ailleurs
que voir ailleurs
que donner ailleurs
aller voir ailleurs si j’y suis
j’y suis
qui suis-je ailleurs
qui suis-je ici
d’ailleurs je ne suis pas
je suis d’ici
je vis ici
sans ailleurs
sans être ailleurs
je n’y suis pas
je ne vous suis pas
êtes-vous ailleurs
êtes-vous ici
suivez-moi
allons ailleurs.

Emmanuelle Imhauser, Mise en pages

*choix de la lectrice d’Elizabeth Bessie MacNicol

Mise en pages 1

ALMA-TADEMA (Lawrence) - 13

c’est parce que passent les nuages
que le temps n’est pas gris partout
c’est parce qu’ici pleuvent les phrases
que la pluie froide lave
qu’emmitouflées sous trop de couches
les mots en camisoles sombres nourrissent des appétits d’orage

Emmanuelle Imhauser, Mise en pages

*choix de la lectrice de Lawrence Alma-Tadema

Épitaphe 7

KINSER (Karen) - 11

Et nous mourions

Et nous mourions
Sur des plages désertes
Et les violons dansaient
Comme des gitanes affolées
Où es-tu?
Où sont tes flancs que baisaient les mers?
Où sont tes pupilles oscillantes d’horizons?

Hubert Wallot, Épitaphe

*choix de la lectrice de Karen Kinser

Épitaphe 6

KEISER (Carol) - 5

L’horizon

L’horizon repose au loin
Comme deux lèvres fermées
Le ciel que balaie
Un vent tiède égaré
Est comme un jour tendre
Qu’on voudrait caresser
Mais pourtant inaccessible.
Voici ce sourire de l’aube
Qui naît comme un baiser
Qui s’épanouit dans mon cœur
Et y suscite le désir
Et la soif du départ
J’entends ton appel
Ô toi dont l’idée
Me poursuit
Désir inutile.

Hubert Wallot, Épitaphe

*choix de la lectrice de Carol Keiser