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Un dimanche à Bruges 7

RIBARD (Nancy)

Et le trop-plein des gouttières avait beau dégouliner, le tunnel des ponts suinter des larmes froides, les peupliers du bord de l’eau frémir comme la plainte d’une frêle source inconsolable, Hugues n’entendait plus cette douleur des choses; il ne voyait plus la ville rigide et comme emmaillotée dans les mille bandelette de ses canaux.
(Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte)

*illustration de Nancy Ribard

Un dimanche à Bruges 6

RENEDO (Ricardo)

Le temps coule en pente, sur un lit sans pierres… Et il semble que, vivant, on vive déjà d’éternité.
(Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte)

*toile de Ricardo Renedo

Un dimanche à Bruges 5

PESCHKE (Christian)

La ressemblance est la ligne d’horizon de l’habitude et de la nouveauté.
En amour principalement, cette sorte de raffinement opère : charme d’une femme nouvelle arrivant qui ressemblerait à l’ancienne!

(Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte)

*toile de Chrstian Peschke

Un dimanche à Bruges 4

PERREAULT (Jeannette) - 17

La ville, elle aussi, aimée et belle jadis, incarnait de la sorte ses regrets. Bruges était sa morte. Et sa morte était Bruges. Tout s’unifiait en une destinée pareille. C’était Bruges-la-Morte, elle-même mise au tombeau de ses quais de pierre, avec les artères froidies de ses canaux, quand avait cessé d’y battre la grande pulsation de la mer.
(Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte)

*toile de Jeannette Perreault

Un dimanche à Bruges 3

PEARCE (Bryan)

Les villes surtout ont ainsi une personnalité, un esprit autonome, un caractère presque extériorisé qui correspond à la joie, à l’amour nouveau, au renoncement, au veuvage. Toute cité est un état d’âme, et d’y séjourner à peine, cet état d’âme se communique, se propage à nous en un fluide qui s’inocule et qu’on incorpore avec la nuance de l’air.
(Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte)

*toile de Bryan Pearce

Un dimanche à Bruges 2

PAUWELS (Jos) - 10

Mais plus tard, resté seul, il s’était ressouvenu de Bruges et avait eu l’intuition instantanée qu’il fallait s’y fixer désormais. Une équation mystérieuse s’établissait. À l’épouse morte devait correspondre une ville morte. Son grand deuil exigeait un tel décor. La vie ne lui serait supportable qu’ici. Il y était venu d’instinct. Que le monde, ailleurs, s’agite, bruisse, allume ses fêtes, tresse ses mille rumeurs. Il avait besoin de silence infini et d’une existence si monotone qu’elle ne lui donnerait presque plus la sensation de vivre.
(Georges Rodenbach, Bruges-la-Morte)

*toile de Jos Pauwels

Un dimanche à Bruges 1

BROOKS (Nicholas Alden)

L2 4 février 1892 débutait la parution en feuilleton, dans les pages du Figaro, de Bruges-la-Morte de l’écrivain belge Georges Rodenbach. Ce roman, considéré comme un chef-d’œuvre du symbolisme, m’avait séduite il y a quelques années, comme le prouve ce billet publié ici. Ce qui m’a donné l’idée de le laisser ouvert sur la table en ce dimanche afin que tous ceux qui passeront au pays de Lali puissent trouver là des phrases ou des paragraphes qui leur sonneront peut-être envie de ce plonger dans ce roman.
En commençant par cette citation :
On ne jouit du bonheur, comme de la santé que par contraste. Et l’amour aussi est dans l’intermittence de lui-même.

*toile de Nicholas Alden Brooks

Le premier mot 3

MARCHELIDON (Hervé)

Je me rêve dans chaque pas du temps,
J’aime dans le plus sanglant combat.

J’éprouve, doubles, mes ressemblances.

Gatien Lapointe, Le premier mot

*choix de la lectrice d’Hervé Marchelidon

Le premier mot 2

BLANCHET (Fanny)

Le jour, dis-je, ma solitude brille,
Le seuil du fleuve s’ouvre, infini;
J’ai tous les yeux de mon amour.

Gatien Lapointe, Le premier mot

*choix de la lectrice de Fanny Blanchet

Le premier mot 1

BOYER (Richard)

À chaque détour du chemin,
Sur chaque visage du temps,

Souffle cherchant sa chair,
Mot entre vie et mort,

J’esquisse une intolérable caresse.

Gatien Lapointe, Le premier mot

*choix de la lectrice de Richard Boyer