Souvenir
l’instant de sable
qui ne s’ouvre pas
désespérément immobile
sous la pesanteur de la lumière
dans la fuite du vent
Marcel Hennart, Traversée de l’instant
*choix de la lectrice de Marie-Laurence Gaudrat
Souvenir
l’instant de sable
qui ne s’ouvre pas
désespérément immobile
sous la pesanteur de la lumière
dans la fuite du vent
Marcel Hennart, Traversée de l’instant
*choix de la lectrice de Marie-Laurence Gaudrat
tranquillité,
mémoire endormie dans la pierre
qui ne sait plus au soleil qui la brûle
et l’envahit
dans le vide des nuits
son passé d’étincelle
Marcel Hennart, Traversée de l’instant
*choix de la lectrice d’Irit Bourla
ces secondes sans hâte d’un coeur qui ressemble
au mien, ces secondes
précises aiguilles qui maîtrisent ma chair lorsque
j’écoute
laquelle m’emplira de sa lumière si la dernière
s’arrête en ma plaie
ouverte à l’infini?
Marcel Hennart, Traversée de l’instant
*choix de la lectrice de Leslie Graff
Un instant, on sait d’avance qu’il n’est rien,
qu’il va éclater entre nos doigts,
sans même laisser une trace mouillée.
On le charge de notre souffle,
avec douceur, jusqu’à rupture,
en sa transparence insaisissable.
À peine un minuscule éclair au soleil pâle.
La vie scintille, c’est toute une vie.
Une éternité fond dans le néant.
Marcel Hennart, Traversée de l’instant
*choix de la lectrice de Carrie Graber
je ne serai jamais je ne suis déjà plus
je fus pour ne pas être
le tremblement de cette tige au soleil qui lui donne
forme
et ne sais en moi qui me cherche
en ce souvenir échappé où je m’efface et ne suis
même plus un souffle
en cet instant de mon poids végétal
Marcel Hennart, Traversée de l’instant
*choix de la lectrice de Louis Eysen
regard au seuil
en sa pénombre
où le monde attend une forme
regard
en son aurore différée
où grésille l’amour
regard en son soleil
brûlant les sources
regard, qui sans les paupières ne serait rien
regard douce prison des choses
tu en es l’âme éclatée de son vide
Marcel Hennart, Traversée de l’instant
*choix de la lectrice de José Luis Mazario
ce fétu
muet à l’horizon
n’est pas la mer, n’est pas le ciel
pour un peu le vent l’emporte, le vent l’efface
le sable, la vague à ses pieds
en le touchant prennent conscience
en son invisible, en son minuscule regard
le monde naît en ce fétu
Marcel Hennart, Traversée de l’instant
*choix de la lectrice de Gertrud Jakstein
Nous n’habitons pas la terre
elle nous habite
Nos corps en s’unissant
forment la ligne nouvelle
d’un horizon incertain
Anise Koltz, Chants de refus
*choix de la lectrice d’August Macke
Tous les poèmes
non écrits
pèsent sur moi
comme l’ombre accumulée
d’un été
Anise Koltz, Chants de refus
*choix de la lectrice de Christine Ilewski
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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