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En vos mots 379

AFAR_opener

Pour demeurer dans l’esprit des tenues de plage, c’est la lectrice imaginée par Malika Favre qui va passer la semaine avec vous, allongée, à voguer vers une destination que seul vous connaissez peut-être. Le temps que vous fassiez connaissance et la racontiez, en vos mots, comme vous le faites semaine après semaine depuis plus de sept ans.

Comme le veut l’habitude, aucun commentaire ne sera validé avant sept jours.

D’ici là bon dimanche à tous et bonne croisière!

Et si on parlait du désert 4

BLOMSTEDT (Väinö)

Le désert est bien plus qu’une pratique du silence et de l’écoute. Il est une ouverture éternelle. (Edmond Jabès)

(extrait du livre de Roselyne Chenu, Le désert)
*toile de Väinö Blomstedt

Et si on parlait du désert 3

BASCH (Andor)

Le désert ne cesse de parler à qui sait l’entendre. (Nadia Tadzi)

(extrait du livre de Roselyne Chenu, Le désert)
*toile d’Andor Basch

Et si on parlait du désert 2

ALMAGRO (Miguel)

La vérité du désert c’est le silence. (Sylvio Acatos)

(extrait du livre de Roselyne Chenu, Le désert)
*illustration de Miguel Almagro

Et si on parlait du désert 1

ACOSTA (Geri)- 1

Le livre était là, dans le sable. Invitant. Attendant un lecteur. C’est là que la lectrice peinte par Geri Acosta l’a trouvé. Juste à côté d’une pelle et d’un seau oublié ou abandonné. Puis, elle a commencé à feuilleter Le désert, un recueil de textes réunis par Roselyne Chenu. Elle s’est arrêtée quand elle a lu cette phrase de Pierre Nouilhan : Le désert est un espace où l’esprit voyage.

Puis, elle a déposé le livre là où il était pour que d’autres lecteurs et lectrices puissent y puiser, comme elle, une phrase à retenir.

Ce dimanche, vous l’aurez compris, il sera question du désert.

Les vers d’Anna 6

ASTRAIN (Marta)

Nous nous sommes quittés, c’est fini.
Il est mort, notre feu importun.
Il serait temps pour vous, mon ennemi,
D’apprendre à aimer vraiment quelqu’un.

Je suis libre, moi. Rien ne m’atteint.
Toutes les nuits, ma muse me veille.
Et la gloire clopine au matin,
M’agite son hochet à l’oreille.

Ne vous retournez pas sur le seuil,
Et surtout ne priez pas pour moi.
Le vent noir apaisera mon deuil,
Les feuilles qui tombent sont ma joie.

Oui, je bénis notre séparation,
Oui, j’accueille l’oubli sans tourment.
Et pourtant… à une autre, avoue donc,
Aurais-tu osé en faire autant?

Anna Akhmatova, Anthologie

*choix de la lectrice de Marta Astrain

Ce jour-là

COX (Kenyon) - 3

Ce jour-là, elle ne pensait pas à demain. Aux jours où son corps n’aurait plus la grâce de la jeunesse. Aux regards qui ne se poseraient plus sur elle. Au désir qui s’éteindrait, le sien comme celui de qui n’avait d’yeux que pour elle. Ce jour-là et pendant un certain temps.

Ce jour-là, elle n’imaginait pas les rides, le corps qui s’alourdit et s’affaisse. Ni l’absence de celui qui ne pouvait se lasser de la toucher.

Ce jour-là, elle avait dénoué sa longue chevelure. Puis ouvert son cœur et son bras. Le reste fait partie de ses souvenirs, de ceux qu’on attache avec un ruban et qu’on range dans un écrin. Avec un dessin de soi qui ne vieillira jamais.

*texte inspiré par un dessin de Kenyon Cox

De Hudson à Oka

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À l’ouest, la rivière des Outaouais. À l’est, le lac des Deux-Montagnes où j’ai jadis fait de la voile. Et pour passer d’une rive à l’autre, la traverse.
Souvenirs d’un dimanche beau et chaud.

Le sommet de la colline

Carmichael

Danièle s’étant arrêtée récemment au Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa, elle a profité de l’occasion pour m’envoyer cette jolie scène du peintre canadien Franklin Carmichael. Une toile dans laquelle j’entrerais volontiers.

Plume et papier

SPENCER (Niles) - 2

Avez-vous choisi d’éveiller la lectrice de dimanche dernier ou de la laisser dormir afin d’entrer avec elle dans ses rêves? C’est ce que nous saurons demain, à la même heure, et pas avant, ce qui vous laisse amplement le temps d’écrire quelques lignes. Plume et papier vous attendent.

*toile de Niles Spencer