Ce jour-là, elle ne pensait pas à demain. Aux jours où son corps n’aurait plus la grâce de la jeunesse. Aux regards qui ne se poseraient plus sur elle. Au désir qui s’éteindrait, le sien comme celui de qui n’avait d’yeux que pour elle. Ce jour-là et pendant un certain temps.
Ce jour-là, elle n’imaginait pas les rides, le corps qui s’alourdit et s’affaisse. Ni l’absence de celui qui ne pouvait se lasser de la toucher.
Ce jour-là, elle avait dénoué sa longue chevelure. Puis ouvert son cœur et son bras. Le reste fait partie de ses souvenirs, de ceux qu’on attache avec un ruban et qu’on range dans un écrin. Avec un dessin de soi qui ne vieillira jamais.
*texte inspiré par un dessin de Kenyon Cox

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