Imagine la joie de peindre
les entrelacs de ton amour
imagine que le bonheur est un loukoum
sur un trottoir de Paris
et puis meurs
exerce-toi chaque jour
à la suffocation des roses.
Rachel Leclerc, Demains
*choix de la lectrice de César Pattein
Imagine la joie de peindre
les entrelacs de ton amour
imagine que le bonheur est un loukoum
sur un trottoir de Paris
et puis meurs
exerce-toi chaque jour
à la suffocation des roses.
Rachel Leclerc, Demains
*choix de la lectrice de César Pattein
Seuls les Montréalais de longue date ont connu Warshaw, l’épicerie-bazar du boulevard Saint-Laurent, fondée en 1932. Les autres en ont entendu parler, Warshaw ayant fermé ses portes en 2002. Lieu indescriptible et unique, l’endroit a fait l’objet d’un court métrage qui doit absolument être visionné par ceux qui n’en ont jamais eu vent avant la lecture de La folle de Warshaw, le roman de Danielle Phaneuf, publié en 2005.
C’est dans les allées de cet endroit-culte, fréquenté quotidiennement par « la folle de Warshaw » afin d’y faire la trouvaille du jour ou du siècle, que mous faisons connaissance avec cette acheteuse compulsive qui ramène chez elle légumes rabougris, bibelots un peu abîmés, babioles sans style pour tenir compagnie à celles qui trônent déjà partout. Armée de son caddie, elle va d’allée en allée, jamais rassasiée, en quête de ce qui pourra la satisfaire et remplacer pendant quelques heures ou quelques jours tout ce dont elle est privée.
Mais l’homme de sa vie ne se trouve dans aucune rayon. Et si jamais il y était, remarquerait-il cette femme de 46 ans aux rondeurs trop accentuées, accro aux soldes? Saurait-il détecter tout ce qu’elle a à offrir malgré ses crises existentielles entre deux prises d’anxiolytiques? Serait-il en mesure de lui faire oublier ses ex et d’éloigner d’elle l’attrait qu’elle éprouve pour la classique tentative de suicide dans le métro? Son cordonnier a bien essayé, si on peut appeler « essayer » le silence qui le frappe tant il est ému.
La folle de Warshaw est pourtant attendrissante et attachante avec tous ses travers et cette façon d’errer dans la vie qui l’empêche d’avancer. Elle peut même parfois être drôle. Et si vraie qu’on se dit qu’on l’a peut-être un jour croisée…
Il est parfois des romans qu’on dévore, parce que le style est alerte, la plume incisive et sans concession, et le personne principal admirablement dessiné. C’est le cas de La folle de Warshaw. Dommage que Danielle Phaneuf n’ait rien écrit depuis.
Titre pour le Défi Premier Roman 
Dans quelques heures, Sir Paul fera vibrer les plaines d’Abraham pour la deuxième fois en cinq ans. Des milliers de personnes seront au rendez-vous dont des sinistrés de Lac-Mégantic auxquels l’ex-Beatle a offert des billets. Home When Shadows Fall aura sûrement un sens bien spécial pour eux.
Un peuple ignorant de son histoire est comme un arbre sans racines. (Marcus Garvey)
*toile de Vania Elettra Tam
Le chaland quitte la rade au matin
passe entre nos mains de brume et de briques
elle est pour nous cette obstination des heures
un soleil en aumônière au-dessus du port
et toutes les quilles du fleuve percutant le ciel.
Mon amour à bout de nuits
nous avons remorqué des monuments de joie
mais désormais c’est la volonté de nos sangs
qui en échafaude à jamais la douleur
Rachel Leclerc, Demains
*choix de la lectrice de Joseph Laulié
Stanké publiait il y a tout juste un an Mémoires d’une enfant manquée, le premier roman de Brigitte Pilote, un roman essoufflant mettant en scène une fillette qui n’a rien à envier à Louisiane et Georgia, les deux sœurs de Motel Lorraine, qui vient de paraître.
Memphis, tel est l’endroit désigné par le pendule de Sonia, qui gagne sa vie comme voyante au hasard de motels plus ou moins miteux où elle s’installe quelque temps avec ses filles, Louisiane dite Lou et Georgia, avant de quitter les lieux précipitamment en laissant une ardoise derrière elle. Il en est ainsi depuis ce jour d’avril 1968 où elle a commis l’irréparable. Ce jour-là, elle a offert à Louisiane une petite sœur. Une petite fille qu’elle a volée à sa mère sous les yeux de celle-ci. Non pas pour demander une rançon, mais parce qu’elle avait envie d’avoir un autre enfant. Tout simplement.
Ce même jour d’avril, à des kilomètres de Montréal, Martin Luther King était assassiné au Motel Lorraine, à Memphis. Devant la chambre 306. Celle-là même qu’en ce jour de 1977 Sonia a décidé de louer malgré le drame qui s’y est déroulé il y a neuf ans. De toute façon, le pendule a décidé et elle n’a plus rien à perdre; il y a si longtemps qu’elle a choisi l’errance.
Pour Lou et Georgia, laissées le plus souvent à elles-mêmes, c’est l’occasion de se lier non pas avec d’autres enfants, mais des adultes : Jacqueline, la femme de chambre du motel; Lonzie, son frère photographe qui a fait un séjour en prison; Grace, la directrice de la chorale; et quelques autres dont nous apprendrons le parcours de fil en aiguille, à mesure que se préciseront les choix de vie des deux sœurs.
Si l’aînée a choisi de se priver de nourriture afin de correspondre aux nouveaux critères de la beauté féminine qui n’ont guère changé depuis cette époque, ce qui devrait lui permettre de participer au Carnaval de coton annuel, la benjamine à la voix enchanteresse veut à tout prix se démarquer grâce à sa voix et se tailler une place de choix au sein de la chorale locale.
Dans cette ville où les mots de Martin Luther King traînent encore, presque quinze ans avant que le Motel Lorraine ne devienne le National Civil Rights Museum, se joue le destin de trois personnes qui ont dit ou diront, à l’instar du pasteur, I had a dream…
Un rêve. Sonia, Lou, Georgia en avaient un, propre à chacune.
Brigitte Pilote, qui n’a jamais mis les pieds à Memphis, a choisi d’y camper son deuxième roman, un roman qui possède un rythme soutenu plutôt que la vitesse grand V déstabilisante du premier et qui nous propose un regard sur une époque, lequel démontre un sens de l’histoire aigu et avisé.
Avec Motel Lorraine, dont les héroïnes sont attachantes, l’auteure nous livre un roman psychologique qui tient la route, si on oublie le fait que les petites semblent très bien se débrouiller en anglais sans qu’on sache pourquoi. Après tout, ce détail est-il si important? Motel Lorraine mérite qu’on s’y arrête et peut laisser croire que le troisième roman de Brigitte Pilote sera encore meilleur.
Allez, ne soyez pas timides! Laissez-vous séduire par El Fuego, le CD marquant le 25e anniversaire du groupe québécois Quartango.
D’abord, par Cafetin de mi Barrio :
Puis, par Lo Que Vendra :
Et finalement, par Adios Muchachos :
Alors? Conquis?
Ne jugez rien sur l’apparence, ne jugez jamais rien que sur des preuves. Il n’y a pas de meilleure règle. (Charles Dickens)
*toile de Rae Andrews
Toi et moi infléchis par le temps et l’espace
nous tombons sous les parallèles de la terre
dispersés dans nos veilles
dispersés dans nos quêtes
Et nos maisons, nos rêves, nos armes
dorment sous les forêts, les villes
avec la lourdeur des choses primaires
ou inachevées, se réclamant toujours
de la poussière et du sang, au fond des océans
d’une manière ancienne de naître et de vivre.
Rachel Leclerc, Demains
*choix de la lectrice de Constant Le Breton
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Fait avec amour (❤️) par WHC
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