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Anecdotes de réviseure 27

Ce n’est pas demain la veille que je serai au chômage, bottom line. Faut dire que le packaging de la récente réunion du service sur le branding avait un curieux framework, fait de taglines, de pitchs de vente et de benchmarks si nombreux que j’en ai presque oublié mon latin. Le CEO aussi, sûrement. Faut croire que le hall of shame ne concerne pas la langue et qu’il faut faire preuve de compliance pour améliorer le look & feel.

Il paraît que la réunion s’est déroulée en français. Mais pas celui que je connais et révise.

*illustrations de Nelleke Verhoeff

Ce que mots vous inspirent 977

L’air est plein du frisson des choses qui s’enfuient. (Charles Baudelaire)

*toile signe Holly Wojahn

L’infini 2

Soleil

je suis donc sans rêves
je reste sous mes paupières translucides
le monde redevient une orange sanguine
flux et reflux je ne refuse pas
le fruit qui me fait pleurer
le poids suspendu de la joie
et la responsabilité de tout
à l’instant où je ne fais rien
il n’y a pas de nuit
juste un peu d’espace
entre les étoiles

José Acquelin, L’infini est moins triste que l’éternité

*choix de la lectrice d’August Macke

La passion de Léna

Léna avait trois ans quand elle a rencontré Mélodie, une jeune violoniste qui joue dans la rue. Elle est fascinée, émerveillée, totalement subjuguée. Et elle n’a plus qu’une idée : apprendre le violon. Ses parents, n’ayant pas saisi la détermination qui dépasse l’engouement de la petite lui offrent une guitare en plastique, pensant bien faire. Mais ils ont tout faux. Léna sait ce qu’elle veut. Et l’obtiendra. Ce qui sera l’occasion d’une série de rencontre avec des professeurs que la petite rejette, car elle a une idée bien arrêtée de ce qu’elle attend de celui ou celle qui lui apprendra à « nourrir de notes » son violon. La rigueur et la sensibilité d’Anouchka conviennent à Léna qui a écarté quatre candidats.

Ainsi commence cette aventure qui unit Léna et la musique, une histoire d’amour qui lui permettra de faire face à chacun des obstacles qui se présentent et à affronter les pires douleurs. Car Léna n’est plus seule. Chacun des violons qu’elle serrera contre elle afin de le nourrir de notes et dont la taille variera en même temps qu’elle grandira sera pour elle aussi important qu’un être humain.

C’est cette passion que nous raconte Béatrice Hammer dans Le quatuor de Mélodie, dont le titre me semble mal choisi, ne trouvant son explication qu’à la toute fin du roman tout en insistant sur le personnage de Mélodie qui ne fait que des apparitions ici et là alors que Léna est le personnage principal. On pourrait aussi reprocher à l’auteure l’abondance de drames et la facilité avec laquelle la jeune fille de 14 ans se laisse séduire par un garçon qui a plus de 20 ans, deux choses qui m’ont beaucoup dérangée alors que j’ai aimé le personnage de Léna, sa volonté, son amour/besoin de la musique, et la façon de raconter de l’auteure. Mais je n’ai plus l’âge des jeunes filles auxquelles le livre st destiné. Et il est fort probable qu’elles aient un autre regard sur mes réticences.

Il n’en demeure pas moins que Le quatuor de Mélodie est un belle histoire d’amour entre une fillette et la musique.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots

Pour danser…

Elle rêvait de danser. Elle l’a fait. Elle rêvait de chanter. Elle le fait. Originaire de Bobo Dioulasso au Burkina Faso, Kady Diarra, issue d’une famille de griots, a le rythme, les notes et les chansons qui vont vous faire danser…


Wariko


Koungo


Noumou

Ce que mots vous inspirent 976

Que la lecture reste une porte magique sur l’imaginaire… tout en nous interrogeant sur nous, et notre univers. (Maxime Chattam)

*toile de Kurt Solmssen

L’infini 1

Buffet ouvert

l’amour est le degré zéro de l’infini
l’infini est le degré zéro de l’amour
l’amour est la puissance infinie du zéro
le zéro est la puissance infinie de l’amour
l’infini est l’énergie d’amour du zéro
le zéro est l’énergie d’amour de l’infini

José Acquelin, L’infini est moins triste que l’éternité

*choix de la lectrice de Pierre-Auguste Renoir

Les profonds chemins

Quelle belle découverte que Les profonds chemins, le plus récent de la Belge Françoise Houdart, partie à la recherche du peintre Victor Regnart, peintre du Borinage né en 1886 et mort en 1964, professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Mons, dont l’existence m’était totalement inconnue.

Or, dès le livre terminé, il me faut faire face à un grande tristesse. Le musée Georges Mulpas, à Élouges, où sont conservées certaines des œuvres les plus marquantes de l’artiste, est de l’autre côté de l’océan. Je ne pourrai donc combler sans attendre le désir de voir de près certains tableaux dont il est fait mention dans ce très, très beau roman qui prête voix à de nombreux protagonistes qui racontent à leur manière, leur lien ou leur unique rencontre avec Regnart.

Bâti comme un enquête, le roman est constitué d’une série de chapitres où s’entremêlent vrai, vraisemblable et vrai faux, la narratrice se glissant dans l’histoire, posant des questions, relevant des détails, révélant la passion de l’artiste pour certains sujets, ses techniques de graveur, mais surtout à quel point l’homme n’eut qu’une muse, Marie, à la fois sa cousine germaine et son épouse.

Roman-hommage, roman à tiroirs, lesquels semblent inépuisables, il invite le lecteur à emprunter les routes transversales, loin des grands boulevards de la renommée, ces routes qu’a choisies Regnart, parce qu’il aimait ce coin de pays qui l’avait vu naître et grandir, ces courettes qu’il a peintes comme nul autre, ce lieu déjà millénaire lorsqu’il commença à peindre. Et c’est accompagné par le regard vigilant de la narratrice omnisciente que le lecteur va ainsi faire connaissance avec l’homme, avec l’artiste, avec les siens. Ce Regnart méconnu qui croisera Kiki à Montparnasse, lira Radiguet, et se contentera d’être lui-même.

Un roman qui déploie l’énergie créatrice d’un artiste, dans une langue aussi poétique que picturale. Un roman remarquable.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

challenge.gif

Je voulais un cactus…

Et Armando m’en a trouvé un en Algarve. Un peu trop gros pour le rebord de ma fenêtre, par contre…

Ce que mots vous inspirent 975

La beauté de l’âme se répand comme une lumière mystérieuse sur la beauté du corps. (Victor Hugo)

*toile de Julia Thecla