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Après le paysage 3

On était revenu près des visages
on avait regardé de près
on avait défié

Mais l’on n’avait pas su dans le noir éclairé de la ville
approcher vraiment
jusqu’à

Et tout reste à distance
étrangement.

Franck Laurent, Après le paysage

*choix de la lectrice d’István Fanta-Alkony

Aussitôt lu, aussitôt oublié

« J’ai envie d’été et de départs.
De flâner, de rêver.
De dériver doucement entre la mer et les mots. »

Et c’est exactement ce que fait la narratrice de Jeune fille vue de dos pendant 150 pages qui sont autant d’instants glanés ici et là au fil de ce qui semble être une année, au cours de laquelle, désœuvrée, elle promène son mal de vivre un peu partout sur la planète, de Londres à Istanbul en passant par Lyon, sans savoir où elle va, ne se sentant jamais vraiment chez elle nulle part, et toujours prête à chercher ailleurs ce qu’elle ne trouve jamais. Ni dans les livres qu’elle dévore les uns après les autres et qu’elle mentionne au fil des pages, ni dans les lieux qui la séduisent plus quand elle songe à s’y rendre que quand elle est sur place.

« J’ai du mal à déployer mon horizon sur plus d’un mois sans projet, je suis en pointillé. »

En pointillé, mais aussi dans les marges, pas vraiment loin des clichés avec ce désir d’écrire qui tenaille la narratrice sans qu’elle n’arrive à s’y mettre, sans cesse happée par l’envie de départ, par la couverture d’un livre, par une fête qui s’organise, par des amis avec qui elle discute des heures sans avancer, mais avec cette obsession :
« Je passerais bien mes dernières années à lire,
à rêver, marcher, réfléchir,
et écrire. »

Le résultat est un roman qui a le ton du récit, proche de l’autofiction, alors qu’à l’instar de son personnage Céline Nannini ne semble bien nulle part et toujours en quête d’un ailleurs qui la retiendra et la poussera enfin à écrire. Un roman composé de chapitre très courts, le plus souvent en prose, mais parfois en vers, lesquels tiennent généralement en quelques lignes et ne dépassent pas une page et demie. Un roman décousu qui nous fait passer de lieu en lieu, de fête en fête, de livre en livre, avec détachement.

Le lecteur a en effet du mal à s’attacher à celle qui ne s’attache à personne. Malgré des jolies phrases, malgré des scènes bien décrites. À cause de certaines autres un peu bâclées ou qui semblent inutiles ou répétitives. Comme si l’éditeur avait eu peur de supprimer quelques phrases à un roman déjà court. Pourtant, le roman aurait gagné en force évocatrice si on avait éliminé les redites. Davantage encore si l’auteure avait fait autre chose que nommer les livres qu’elle lit, car elle tenait là un beau filon : lier ses livres à sa vie, à cette forme d’errance qui est devenue la sienne en attendant qu’elle trouve sa voie et sa voix.

On aurait aimé plus de rigueur dans la construction et la révision, car l’auteure a visiblement du souffle, le sens des descriptions et un réel talent pour l’écriture.

Jeune fille vue de dos se lit rapidement. Mais hélas, s’oublie aussi rapidement.

Texte publié dans

Titre pour le Défi Premier Roman

Clin d’œil…

Une vitrine de Québec semblait être au courant que dix jours après avoir pris cette photo, je prendrais la route vers le Maine…

Au fond de la cour…

Il y a un restaurant marocain. Faudra que j’aille voir ça de plus près la prochaine fois que j’irai à Québec…

Noël en mai

Je vous l’avais fait découvrir en avril, alors qu’il venait de neiger. Fin mai, en pleine canicule, la Boutique de Noël avait une autre allure!

Mais quel est donc le programme du jour?

Une dernière journée à Québec!

Après le paysage 2

Dans son gris de craie
Paris nous oublie
sous l’arbre qui bouge à peine
entre les parures de pierre
douces et lentes tout le jour
à chaque pas poussé avant
les pierres glissent doucement
à chaque pas risqué sous l’arbre
à chaque pas sous le ciel blanc
Paris nous glisse entre les doigts
à chaque verre à chaque pas
à chaque lumière tremblante
à chaque vitre de café
à chaque passante égarée
la vie s’absente lentement
et Paris oublie ses passants.

Franck Laurent, Après le paysage

*choix de la lectrice de Jean Laudy

Le maestro

Il s’appelle Francesco Lotoro. Vous avez peut-être entendu parler de lui, car depuis presque un quart de siècle il s’est fait le gardien et le diffuseur de la musique des camps de concentration.

Quand, en 1990, Francesco Lotoro a commencé à parcourir l’Europe afin de colliger tout ce qui a été composé dans les camps entre 1933 et 1945, jamais il n’aurait pu imaginer que le nombre d’œuvres de tous les genres dépasserait 4000. Pas plus qu’il n’a pensé, quand il s’est engagé dans ce projet, que cela deviendrait le projet de sa vie et qu’il mettrait de côté sa carrière de pianiste et de chef d’orchestre pour rendre accessibles à tous des opérettes, des chansons, des symphonies, du swing, de la musique rom, des pièces qu’on croyait oubliées ou dont nul n’avait plus connaissance.

C’est ce que nous raconte Thomas Saintourens dans Le maestro : À la recherche de la musique des camps, qui a rencontré Lotoro à Barletta, dans le sud de l’Italie, où il est à la fois une vedette locale et l’original du quartier. Le résultat est un magnifique hommage autant à l’archiviste qu’aux compositeurs, puisque l’auteur a choisi d’intercaler entre chaque chapitre consacré à la quête de Lotoro quelques pages sur un des artistes emprisonnés, lesquelles relatent à la fois des anecdotes sur le compositeur comme sur les pièces qu’il a laissées, sur comment elles ont été préservées et dans quelles circonstances Lotoro a pu être avisé de leur existence afin de les transcrire ou de les compléter à partir de notes. Et de les enregistrer : 24 CD ont en effet vu le jour. Et ce n’est là qu’un mince aperçu du grand projet de Lotoro.

Vous aurez compris que Le maestro : À la recherche de la musique des camps est un livre passionnant. Le talent de conteur de l’auteur y est pour beaucoup, car il nous dépeint si bien Lotoro, son quotidien et le lieu où il vit dès les premières pages que nous avons presque l’impression de le connaître quand se termine le livre et que nous n’avons plus qu’une idée en tête : écouter ces musiques à qui un homme a redonné la vie.

Titre pour le Challenge Des notes et des mots challenge-des-notes-et-des-mots-4.jpg

Suivons le guide!

Mais où va-t-il nous entraîner? Rue Buade ou côte de la Fabrique?

Des vitrines de rêve!

Les vitrines de la boutique Prestige Signature de la rue Saint-Anne, à Québec, ont de quoi attirer le regard. L’intérieur n’est ni plus ni moins qu’une caverne d’Ali Baba!