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Chaque livre un appel

Entrer dans une bibliothèque, une librairie, une bouquinerie.
Naviguer d’un quatrième de couverture à l’autre.
Voyager, ne se poser nulle part.
Enfin, pas tout de suite, pas si vite.
Prendre le temps.
Car chaque livre un appel.
Tourner les pages, retenir une phrase, un titre.

Puis, partir.
Les bras chargés.
Sans se retourner.

*toile de Bas Sebus

Un arbre de chez nous

Il a inspiré a l’écrivain québécois un des plus beaux romans de notre littérature.
Cet arbre est un amélanchier.

Ce que mots vous inspirent 926

Un homme est riche de tout ce dont il peut se passer.
(Henry David Thoreau)

*toile de Lovis Corinth

Illuminures 1

Imaginez la vie
sans l’arbre qui vous cache
imaginez la nuit
sans l’ombre d’un doute.

Roland Giguère, Illuminures

*choix d’une lectrice anonyme de l’École anglaise, vers 1900

Pour trouver en soi le chemin des pas perdus

Claude-Emmanuelle Yance s’est fait remarquer dès 1987 alors qu’elle remportait le prix Adrienne-Choquette avec Mourir comme un chat, un recueil de nouvelles sensible et intelligent où le thème de la mort était déjà abordé. La mort est un coucher de soleil, qui paraît un quart de siècle plus tard, est en quelque sort le prolongement de ce que l’auteure avait tracé dans les grandes lignes sans s’attarder aux détails, lesquels forment l’ossature de son premier roman.

La mort est un coucher de soleil s’adresse à Alexis, technicien informatique de la narratrice, qu’elle connaissait très peu, même si la relation d’affaires qui les unissait dépassait le cadre de celle-ci. Il parlait parfois de lui, de sa femme qui souffrait d’allergies. Une fois, peut-être deux, ses enfants l’accompagnaient. Mais Alexis ne viendra plus. Alexis s’est donné la mort.

Le suicide de cet homme d’une quarantaine d’années la bouleverse au-delà du raisonnable. À un point tel qu’elle aura besoin de parler de lui à quelqu’un pour comprendre ce qui l’a poussé à faire ce geste. La mère d’Alexis acceptera de la rencontrer et finira par lui confier le sac qu’il traînait partout avec lui, car pas plus son épouse qu’elle-même ne se sentent le courage de l’ouvrir. S’y trouve un carnet où Alexis a inscrit ses doutes, ses questions, ses rêves. Sa mort n’est pas un hasard; c’est un acte réfléchi, mûri au fil des ans, devenu l’unique choix, même s’il manquait à Alexis des éléments clés sur ses racines.

La mort d’Alexis sera suivie par celle d’Alice, qui vivait dans la même résidence que le père de la narratrice. Comme Alexis, elle a choisi l’heure de sa mort. Elle l’avait même écrite à la fin du cahier qui a été prêté à la narratrice par une amie d’Alice parce qu’il lui a semblé qu’elle était la personne toute désignée pour le lire.

L’intérêt que porte la narratrice à ces deux morts a quelque chose de troublant pour le lecteur, encore plus quand celle-ci tente de les exorciser comme s’il lui était vital de le faire. Les raisons qui nous seront dévoilées à la toute fin dépassent tout ce que nous avons pu imaginer et ouvrent à une réflexion qui transgresse l’histoire. Quel rapport chacun de nous entretient-il avec la mort et jusqu’à quel point désirons-nous choisir l’heure de la nôtre?

La mort est un sujet grave. Claude-Emmanuelle Yance, en faisant s’exprimer trois voix distinctes sur le sujet, ne l’adoucit pas, mais elle lui apporte la lumière du soleil couchant. Une lumière qui conserve à certains détails des zones d’ombre tout en nimbant le reste de couleurs qui retirent à la mort sa froideur.

« Pourtant, qu’y a-t-il de plus important que le mystère que chacun transporte en soi à travers les jours et les nuits de sa courte vie? » écrit la narratrice à Alexis alors qu’elle ne sait rien encore de sa motivation ni du geste d’Alexis.

C’est le livre fermé qu’on comprendra qu’il était question d’elle. Et de chacun de nous.

Titre pour le Défi Premier Roman

Texte publié dans

Inspirée par les mots

Elle a choisi de s’appeler Mary Paints. Et inspirée entre autres par les mots, comme le prouvent ces quelques scènes, elle vous invite à la visiter.

Ce que mots vous inspirent 925

Le poème est une prise de conscience
des pouvoirs du poète
sur le temps, qu’il arrête,
les sentiments, qu’il rend à leur nature sublime,
sur le réel, qu’il perce, transmue, déplace,
pour en montrer l’essence et la pérennité
.
(Jean Rousselot)

*toile de Shanequa Gay

Les vers de Claire 5

Hôte de cette terre
malgré moi foulant sa poussière et ses prés
je gaspille la vie fraîche
et m’entretiens volontiers
avec l’été si calme sous les ponts
accrochée au convoi des soleils
il y a longtemps que j’agite mon mouchoir
pour perdre la mémoire de la mort

Claire Genoux, Poèmes 1997-2004

*choix de la lectrice de John Currin

Parce qu’on n’est jamais sûr de rien avec elle

Tatie Géraldine a quatre fois l’âge de Sophie. Mais elle ne les fait pas. Et de toute façon, elle ne sait pas quel âge elle a et n’a pas envie de le savoir non plus. Elle préfère à toute choses ses crayons de couleurs et ses peluches.

Tatie Géraldine croit même au père Noël, pour tout vous dire. Alors que Sophie, qui a le quart de son âge, n’y croit plus.

Tatie Géraldine ne sait pratiquement rien faire. Sauf dessiner. Merveilleusement, aux dires de sa nièce qui, un samedi sur deux, a la tâche de la surveiller quand sa mère doit s’occuper à autre chose.

Tatie Géraldine vit dans une autre maison avec d’autres grandes personnes qui ont gardé leur âme d’enfant. Et Sophie, du haut de ses neuf ans, même si elle trouve parfois que c’est beaucoup de boulot une tatie comme Géraldine, l’adore. Parce qu’elle ne cesse de l’étonner. Parce qu’on n’est jamais sûr de rien avec elle.

Tatie Gribouille, une histoire signée Mathis où la tendresse prend toute la place et fait fi des handicaps. Un bijou. Rien de moins.

Un pommier?

Un pommier? Pas un pommier? À vous de me le dire! Je sais juste que cet arbre était bien joli!