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Les vers de Bella 3

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Nocturne

Idées nocturnes, qui êtes-vous, qu’êtes-vous?
J’ai pitié de votre nudité timide.
Dommage, je n’ai pas la force de clore
les stores sur la pluie et les fleurs humides.

J’essaye d’écarter les ailes d’un chérubin
du minuscule enfer de la veilleuse.
Une branche de merisier, danseuse aveugle,
entame tristement son dernier acte.

Écrits nocturnes, qu,est-ce qui nous relie?
Vous êtes le discours de la nuit blanche.
Elle passée, vous n’appartenez à personne.
Faut-il vous conserver en sa mémoire?

Le jour aussi est blanc de brume, blanc de nuit.
Et regarder en bas de la falaise revient
à sortir un poignard de son souple fourreau :
tant paraît aiguisé l’argente de ces eaux froides.

La vie diurne est ruse, stratagème
pour rapprocher la nuit. Mais ma crainte grandit :
Et si la veille, dans la combe au-dessus du Ladoga,
le rossignol avait brûlé?

Non, mon Phénix est indemne, il sifflote :
Syllabe, syllabe — tiret, syllabe, tiret — tiret, tiret.
Le pointillé tâtonne, en quête d’un sens obscur,
et l’embarras des mots est plus doux que les mots.

Minuit tout rond. Chaque chose est neuve et fraîche.
Je sors des terres étrangères qui nous sont communes
pour revenir chez moi, dans le nocturne… quoi?
Dans le nocturne de ce qui me plaît.

Bella Akhmadoulina, Histoire de pluie et autres poèmes

*choix de la lectrice d’Assunta Genovesio

Les chignons

J’aimais le titre, j’aimais l’idée qu’on allait me raconter une histoire autour des chignons. Oui, j’aimais le titre et puis l’idée. Et c’est tout ce dont je me souviendrai. Le titre. Pour le reste, j’ai eu l’impression d’avoir été flouée. La sensation d’avoir lu des morceaux épars nullement reliés entre eux et dont je n’ai pas compris le sens. À moins que je n’aie pas trouvé le fil conducteur — s’il y en avait un?

Et pourtant, c’était un si beau titre. Mais ce n’est pas avec ce livre (récit, récits ou faux roman), malgré de belles images poétiques et certaines envolées réussies, que Geneviève Bergé me donnera envie de la découvrir davantage.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Titre pour le Défi Premier Roman

Les promenades d’Armando 8

Comme j’aime ces promenades en Algarve qu’Armando tisse pour nous depuis une dizaine de jours… Ça me console de ne pas être sur place!

Au coin de la rue

Pas besoin d’aller très loin pour faire de jolies découvertes!

Ce que mots vous inspirent 498

Nous sommes faits pour l’éternité mais nous ne savons pas pourquoi. (Elfriede Jelinek)

*illustration de Charles Folkard

Spécimens helvètes

Ce n’est pas parce que l’automne est arrivé que les fleurs ont déserté la Suisse. Ces quelques photos prises par Denise en sont la preuve.

Les vers de Bella 2

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Sonorité pressante

Sonorité pressante, depuis dix jours
je t’attends sur une route de campagne.
Et je t’attends encore sous la pleine lune.
Sonorité pressante, tu es là, tout près.
Viens tomber dans la fécondité de ma blessure.
Pourquoi te caches-tu en m’épiant?

Sonorité pressante, si lourde soit
ma faute, bien grande est ma douleur.
Quelle ouïe apprécies-tu, sinon la mienne?
La pleine lune me pardonne.
Mais nulle sonorité ne vient pour me guider.
Elle est absente. Pourquoi me dut-elle donnée?

Je ne partagerai ma lune avec personne,
elle n’aimera jamais que moi.
La lune découvre qu’elle est une avant-mort,
Sonorité pressante, je m’adonne
au jeu avec ton absence lunaire.
Sonorité pressante, pardonne-moi.

Bella Akhmadoulina, Histoire de pluie et autres poèmes

*choix de la lectrice de Milton Gershgoren

jeter l’encre

en réponse à un poème d’Olivier

jeter l’encre
à défaut de l’ancre
même si
toujours
toi mon port d’attache

(septembre 2011)

*toile de Delphin Enjolras

Un album qui a oublié l’essentiel

Il y a des titres qui vous donnent à rêver bien avant que vous ne les feuilletiez. Parfois, ils correspondent à vos espérances ou ils les dépassent. D’autres fois, c’est tout le contraire. Tel est le cas de Monsieur Manet a demandé du noir dont le titre m’avait absolument séduite. Hélas, seul le titre aura eu quelque effet. J’ai tourné la dernière page de cet album destiné aux jeunes en me demandant si eux y trouveraient leur compte car, en ce qui me concerne, je n’ai absolument rien compris de la démarche des concepteurs.

Oui, il est question de Manet. Mais aussi de Van Gogh, de Bonnard et de Renoir qui désirent l’un du jaune, l’autre du vert et le dernier du rouge. Mais qui sont-ils? Quand ont-ils vécu? Les enfants de huit ans, à qui cet album est destiné, ne le sauront jamais. Les quatre peintres n’auront servi qu’à présenter quatre couleurs.

En bref, un album qui a oublié l’essentiel.

Les promenades d’Armando 7

Décidément, Armando fait de bien jolies rencontres lors de ses promenades en Algarve…