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Besoin de boutons?

Une petite visite chez Rix Rax s’impose si vous avez envie d’embellir un vêtement auquel vous tenez par des boutons qui sortent de l’ordinaire.

La boutique qui aura 25 ans l’an prochain a des allures de caverne d’Ali Baba, ce qui n’est pas pour me déplaire…

Ce que mots vous inspirent 497

On voudrait que tout soit encore à dire. (Louis Calaferte)

*toile de David Anderle

C’est l’automne!

Profitez de chaque minute de cette saison qui devrait vous en faire voir de toutes les couleurs!

Les vers de Bella 1

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Histoire de pluie et autres poèmes réunit des textes publiés entre 1957 et 2006 par la poète russe Bella Akhmadoulina, décédée à l’automne 2010. Traduits par Christine Zeytounian-Beloüs, ces poèmes d’une figure marquante de la littérature russe trop peu connue, sinon pas du tout, des francophones, nous donnent à découvrir une voix forte et ample, qui a d’emblée séduit la lectrice peinte par Amy Giust, qui a choisi ces vers à votre intention :

Hiver

Ô geste de l’hiver,
d’une froideur appliquée.
L’hiver a quelque chose
d’une tendre médecine.

Puisque la maladie
lui tend les mains, confiante,
du fond de sa souffrance
et de l’obscurité.

Cher hiver, soigne-moi,
mon front sera marqué
du baiser curatif
de ton anneau glacé.

La tentation grandit
de me fier aux mensonges.
Dévisager les chiens
et enlacer les arbres.

Pardonner, comme par jeu,
d’un élan, dans un virage,
finir de pardonner
pour pardonner à d’autres.

Copier ce jour d’hiver
et son ovale vide,
Être à jamais en lui,
comme une simple nuance.

Et cesser d’exister,
faire naître au-delà du mur
non mon ombre mais la clarté
que je ne cacherai plus.

Un roman belge, affirme l’auteur

Si le surréalisme, belge de surcroît, ne vous fait pas peur, Les trous de la rue Lartoil, roman paru en 1990 pour lequel Pascal Samain a reçu le Grand prix de l’humour noir, est tout à fait pour vous.

L’action se déroule en 1960 dans le Borinage (mais il n’est pas interdit de faire parfois appel au futur pour éclairer le présent) alors que le fils Ducoron, nanxieux comme son père, se pose des questions sur ses origines. Tout cela se passe rue Lartoil, où se côtoient d’improbables personnages, où on se livre à de curieux échanges et pas seulement des dialogues, dans une langue savoureuse aux mots souvent inventés mais dont on comprend aisément le sens sans ajout d’un lexique. Il y est question de la mort, du sens de l’existence, de la médecine (il y a chez les Ducoron une encyclopédie médicale aux planches anciennes qui sont reproduites dans le roman, laquelle appartient à la mère du gamin, spécialiste des piqûres), de la famille, du Congo, de l’amitié et de bien d’autres choses.

Il s’agit d’un roman belge. Si, si, et ce n’est pas péjoratif. Au contraire. L’auteur se plait d’ailleurs à le rappeler régulièrement au fil des chapitres, et il ne peut en être autrement. Belge. Parce que le surréalisme en est l’essence et que tout y est sérieux sans l’être, à moins que rien ne le soit. Un roman débridé. Savoureux de la première à la dernière page. Pour qui apprécie le surréalisme.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Les promenades d’Armando 6

Et voilà maintenant qu’Armando voit vert!

Une jolie fleur sur ma route

Et une qui savait danser de plus!

Ce que mots vous inspirent 496

Le mal du pays, c’est s’ennuyer de ces rares personnes qui nous comprennent à demi-mot. [Bernard Arcand]

*toile de John White Alexander

Les poèmes de Nérée 3

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Fleurs d’aurore

Comme au printemps de l’autre année,
Au mois des fleurs, après les froids,
Par quelque belle matinée,
Nous irons encore sous bois.

Nous y verrons les mêmes choses,
Le même glorieux réveil,
Et les mêmes métamorphoses
De tout ce qui vit au soleil.

Nous y verrons les grands squelettes
Des arbres gris, ressusciter,
Et les yeux clos des violettes
À la lumière palpiter.

Sous le clair feuillage vert tendre,
Les tourterelles des buissons,
Ce jour-là, nous feront entendre
Leurs lentes et molles chansons.

Ensemble nous irons encore
Cueillir dans les prés, au matin,
De ces bouquets couleur d’aurore
Qui fleurent la rose et le thym.

Nous y boirons l’odeur subtile,
Les capiteux arômes blonds
Que, dans l’air tiède et pur, distille
La flore chaude des vallons.

Radieux, secouant le givre
Et les frimas de l’an dernier,
Nos chers espoirs pourront revivre
Au bon vieux soleil printanier.

En attendant que tout renaisse,
Que tout aime et revive un jour,
Laisse nos rêves, ô jeunesse,
S’envoler vers tes bois d’amour!

Chère idylle, tes primevères
Éclosent en toute saison;
Elles narguent les froids sévères
Et percent la neige à foison.

Éternel renouveau, tes sèves
Montent même aux cœurs refroidis,
Et tes capiteuses fleurs brèves
Nous grisent comme au temps jadis.

Oh ! oui, nous cueillerons encore,
Aussi frais qu’à l’autre matin,
Ces beaux bouquets couleur d’aurore
Qui fleurent la rose et le thym.

Nérée Beauchemin, Les floraisons matitunales

*choix de la lectrice signée H. Binford Harrell

Tous ces gens, Mariana…

Maria Judite de Carvalho est trop peu lue, malgré ses quelques livres traduits en français, notamment l’éblouissant recueil de nouvelles Chérie?, que j’ai beaucoup aimé et dont je vous ai parlé dans un billet que vous pourrez (re)lire ici.

C’est avec Tous ces gens, Mariana… que la peintre et écrivaine native de Lisbonne a fait son entrée en littérature en 1958. Elle avait alors 37 ans, soit à peu près l’âge de Mariana, le personnage de ce court récit qui met en scène une femme à qui on vient de détecter une maladie mortelle. Le temps d’une centaine de pages, Mariana fait le tour de sa vie, se remémore certains moments, se rappelle les trahisons, revoit des visages. Elle le fait sans s’apitoyer sur elle-même ni étaler ses défaites et ses regrets, mais en constatant les choses, tout bonnement.

D’une certaine manière, Mariana n’attendait plus rien de la vie. La nouvelle à laquelle elle fait face ne l’étonne pas. Comme si tout avait été écrit depuis longtemps. Depuis ce jour où son mari est parti avec une autre. Depuis cet accident où elle a perdu un enfant. Depuis toujours. Et c’est peut-être la raison pour laquelle Mariana accepte l’idée de la fin et voit dans l’échéance une forme de soulagement. Le combat est fini. La tristesse des jours ne sera plus. Le fardeau de la vie va enfin disparaître.

Il y a dans le récit de Maria Judite de Carvalho, non pas de la tristesse, ni même un renoncement, mais une espèce de sérénité face à la mort qui va bientôt prendre dans ses bras celle qui a, à ses yeux, suffisamment vécu et, de plus, vécu ce qu’elle avait à vivre. Un livre bouleversant, grave, avec des images indélébiles d’un Paris que l’auteure a connu, ayant fui le régime de Salazar et vécu quelques années en France et en Belgique. Un beau livre, un très beau livre, à l’écriture fluide et imagée, qui donne à réfléchir sur le sens de la vie.

Titre pour le Défi Premier Roman