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Les contrerimes 2

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Sur l’océan couleur de fer
Pleurait un chœur immense
Et ces longs cris dont la démence
Semble percer l’enfer.

Et pais la mort, et le silence
Montant comme un mur noir.
… Parfois au loin se laissait voir
Un feu qui se balance.

Paul-Jean Toulet, Les contrerimes

*choix de la lectrice de Jules Pascin

Quand Aggie devient Maggie

J’aime les histoires qui finissent bien. Du moins, les histoires pour enfants qui finissent bien. Et Aggie change de vie de Malika Ferdjoukh finit bien. À mon grand soulagement. J’ai eu si peur que la petite Aggie, orpheline maltraitée, traînant sur les docks en compagnie de son chien afin de détrousser les riches pour s’offrir de quoi manger, devenue Maggie grâce à la supercherie d’un détective privé, perde tout le jour où on découvrirait le pot aux roses. Non pas les jolies robes, la belle chambre, mais l’amour d’une famille.

Or, Malika Ferdjoukh a choisi de ne pas punir davantage Aggie déjà tant blessée par la vie. Elle a choisi de ne pas jouer les moralisatrices. Elle a choisi l’amour. Et surtout de ne pas retirer l’amour qui a été donné.

Cela nous donne un bien joli roman, sans longueurs, fait de moments tissées de tendresse, un roman qui n’est pas sans faire un clin d’œil aux orphelins de la littérature que vous reconnaîtrez sans les reconnaître. Oui, un bien joli roman. Dommage que ma filleule n’ait plus neuf ans. Il va sans dire que je lui aurais offert ce livre.

En 67, tout était beau…

En 67 tout était beau
C’était l’année de l’amour, c’était l’année de l’Expo
Chacun son beau passeport avec une belle photo
J’avais des fleurs d’in cheveux fallait tu être niaiseux…

Voilà ce que j’ai chanté quand j’ai croisé cette plaque de voiture qui n’est pas d’hier. Et si vous voulez chanter vous aussi, c’est par ici

Ce que mots vous inspirent 490

gotay-de-anderson-zulia-3.jpg

Le monde est un livre ouvert. Autour de nous, en nous, il nous présente ses messages, les infinies variations de sa beauté, et ses certitudes. Chacun peut y lire directement ce qui lui est offert, et offert à tous. Il lui suffit d’ouvrir sa curiosité, son intelligence et son cœur. (René Barjavel)

*toile de Zulia Gotay de Anderson

Bonnes vacances Denise!

Puisses-tu trouver dans le Vaucluse des coins aussi agréables que celui que tu as photographié en Suisse il y a quelques jours.

Les contrerimes 1

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C’est le titre du recueil de Paul-Jean Toulet qui a attiré l’attention de la lectrice de David Oyens. Les contrerimes. Et ce sont les vers tirés de ce recueil qui l’ont séduite. Si bien qu’elle a choisi ceux-ci à votre intention :

Nocturne

Ô mer, toi que je sens frémir
A travers la nuit creuse,
Comme le sein d’une amoureuse
Qui ne peut pas dormir;

Le vent lourd frappe la falaise…
Quoi ! si le chant moqueur
D’une sirène est dans mon cœur —
Ô cœur, divin malaise.

Quoi, plus de larmes, ni d’avoir
Personne qui vous plaigne…
Tout bas, comme d’un flanc qui saigne,
Il s’est mis à pleuvoir.

Ça rime et ça rame 10

Bruxelles

Bruxelles lance au gré des courbes ses tramways
Et ses piétons et ses autos et leur tourmente
Au travers des quartiers établis sur des pentes
Et cousus par les fils conducteurs du trolley.

La foule emplit les cinémas et les tavernes —
Mais les vieux brabançons, l’entendement troublé,
Longent en hésitant, comme des exilés,
Les pignons découpés et les bétons modernes.

René Verboom, dans Ça rime et ça rame de Liliane Wouters

*toile du peintre belge Nicaise de Keyser

Ça rime et ça rame 9

Quand il eut dessiné

quand il eut dessiné sur le sol
un grand cercle

certains virent un soleil une lune
d’autres la terre
d’autres une pomme de terre
d’autres encore un cercle
et d’autres rien
que la poussière

il avait le gros doigt du pied droit tout sale
il alla se laver à la source

il regarda son visage dans l’eau
un cercle lui aussi
un soleil une lune
la terre
ou une pomme
ou rien qu’un peu d’eau
agitée

Yvon Givert, L’ombre de l’alouette, dans Ça rime et ça rame de Liliane Wouters

*dessin de Gustave Courbet

Ça rime et ça rame 8

Automne

Nul soleil
au jardin,
sauf dans l’arbre
et sa fanfare de feuilles.

Nul mouvement
au jardin,
sauf les gestes légers du vent
dans l’accomplissement de la lumière.

Nulle parole
au jardin,
sauf un murmure de papier,
l’aumône des feuilles
vers le sol pauvre.

Marie-Claire d’Orbaix, dans Ça rime et ça rame de Liliane Wouters

*illustration de Tatiana Cordoba