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En compagnie de Pablo Neruda 3

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Que tout, que tout l’amour propage en moi sa bouche,
que je ne souffre plus un moment sans printemps,
à la douleur je n’ai vendu que mes mains seules,
maintenant, bien-aimée, que tes baisers me restent.

Couvre de ton parfum l’éclat du mois ouvert,
les portes, ferme-les avec ta chevelure,
quant à moi, n’oublie pas : si je m’éveille et pleure,
c’est qu’en dormant je ne suis plus qu’un enfant perdu

qui cherche tes mains dans les feuilles de la nuit,
et le contact du blé que tu me communiques,
étincelante extase et d’ombre et d’énergie.

Oh ma bien-aimée, rien d’autre que de l’ombre,
de l’ombre où tu m’accompagnerais dans tes songes
et là tu me dirais l’heure de la lumière.

Pablo Neruda, La centaine d’amour

*choix de la lectrice d’Eugene Edward Speicher

Paris, vers 1910

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C’est à Paris, autour de 1910, que se déroule l’action de Villa des Roses de l’auteur belge Willem Elsschot, plus précisément dans une pension tenue par un couple venu de province et où vivent des personnages de tous les horizons, des Français comme des étrangers et aucun Belge.

Certains sont là depuis longtemps, certains sont de passage, tous ne paient pas le même tarif et d’autres ne fréquentent la pension qu’aux heures de table. Ce sont ces petites histoires qui les lient, qui lient la logeuse (son mari est occupé par un procès qui dure des années et ne lui apporte aucune aide) à ses pensionnaires qui nous sont racontées finement. Des histoires qui prennent une autre tournure alors qu’arrive Louise, la nouvelle bonne et qui fera de ce roman aussi un roman d’amour.

Un roman d’époque, un roman de mœurs aussi, lequel a inspiré un film en 2002 qui a servi à la couverture du livre au moment de la réédition. Un roman qui vous fera sourire tant les personnages ont ceci de caricatural qu’on a l’impression de les connaître depuis toujours et d’être en mesure de prévoir leurs faits et gestes. Un roman qui invite lire d’autres titres de cet auteur qu’on commence à redécouvrir.

Lu dans le cadre du Challenge « Littérature belge ».

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Du jaune tout neuf!

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En cette saison! Et il y avait même des bourgeons…

La suggestion du 10 novembre 2010

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Tous les journaux ne parlent que de ça, m’a affirmé le lecteur peint par Liu Yue. Mais de quoi? Des trois ans du bleu dans mes nuages, voyons!

Les couleurs de mon sentier 3

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Un sentier où je vous emmène encore aujourd’hui, d’autant plus qu’il perd de ses feuilles chaque jour…

Ce que mots vous inspirent 272

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On a beau le saisir par les yeux, un texte reste lettre morte si on ne l’entend pas. (Hubert Nyssen)

*toile de Michaël Zancan

C’était il y a trois ans…

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Des nuages vinrent du bleu, un univers et un regard sur celui-ci. Et la blogosphère ne fut plus la même. Armando venait de se joindre à elle.

Il y a trois ans, du bleu dans mes nuages entrait dans nos vies.

Heureux bloganniversaire à celui qui l’anime inlassablement, avec fougue, avec humour, en musique, en photos et en mots. Et longue vie au bleu!

*toile de Rafal Olbinski

En compagnie de Pablo Neruda 2

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Oui, j’aime ce morceau de terre que tu es,
moi qui, parmi toutes les prairies planétaires,
ne possède pas d’autre étoile. L’univers
c’est toi qui le répètes et qui le multiplies.

En tes larges yeux il y a la lumière
qui des constellations vaincues vient jusqu’à moi,
ce sont les chemins qui palpitent sur ta peau
parcourus par le météore dans la pluie.

Tes hanches furent toute la lune pour moi,
le soleil, les plaisirs de ta bouche profonde,
et l’ardente lumière et tout le miel dans l’ombre

ce fut ton cœur brûlé par de longs rayons rouges :
je parcours de baisers la forme de ton feu,
ma petite planète, géographie, colombe.

Pablo Neruda, La centaine d’amour

*choix de la lectrice signée A. Lans

Un roman et quelques recettes épicées à la mexicaine

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Chocolat amer, le roman de la Mexicaine Laura Esquivel, dont on a tiré le film Les épices de la passion, a les défauts de ses qualités et les qualités de ses défauts, à savoir de la fantaisie, mais parfois frisant un fantastique trop débridé.

Pourtant, l’idée est on ne peut plus belle. Chaque chapitre nous donne à découvrir une recette tout en nous racontant l’histoire romancée de Tita, la grand-tante de l’auteure à l’heure de la Révolution mexicaine. Et si les huit premiers chapitres se tiennent malgré — ou grâce à — l’inventivité de Laura Esquivel, qui pourra déranger ceux qui aiment coller au vraisemblable des choses, les quatre derniers sont bâclés, sauf pour ce qui est de la partie cuisine de ceux-ci.

Plus ça va, plus on nage dans la confusion, plus on fait dans le flou, moins c’est clair en ce qui concerne les paramètres reliés aux jours, aux mois, aux années. Et plus le lecteur est dérouté, alors que l’auteure avait su bien le tenir jusqu’ici avec cette histoire de mœurs et de passion doublée d’une saga familiale dans un Mexique en pleine mutation.

Il n’en reste pas moins que Chocolat amer se laisse lire agréablement et qu’un lecteur moins pointilleux y trouvera sûrement son compte. Ou à tout le moins quelques recettes familiales presque authentiques. Je dis « presque », car sa nièce, qui est une de mes collègues, m’a affirmé qu’il manque ici des ingrédients et que cela a été fait volontairement par Laura Esquivel : on ne transmet pas des secrets de famille à tout le monde, juste l’essentiel de ce qui doit être su.