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La neige (d’Émile Verhaeren)

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La neige tombe, indiscontinûment,
Comme une lente et longue et pauvre laine,
Parmi la morne et longue et pauvre plaine,
Froide d’amour, chaude de haine.

La neige tombe, infiniment,
Comme un moment –
Monotone – dans un moment;
La neige choit, la neige tombe,
Monotone, sur les maisons
Et les granges et leurs cloisons;
La neige tombe et tombe
Myriadaire, au cimetière, au creux des tombes.

Le tablier des mauvaises saisons,
Violemment, là-haut, est dénoué;
Le tablier des maux est secoué
À coups de vent, sur les hameaux des horizons.

Le gel descend, au fond des os,
Et la misère, au fond des clos,
La neige et la misère, au fond des âmes;
La neige lourde et diaphane,
Au fond des âtres froids et des âmes sans flamme,
Qui se fanent, dans les cabanes.

Aux carrefours des chemins tors,
Les villages sont seuls, comme la mort;
Les grands arbres, cristallisés de gel,
Au long de leur cortège par la neige,
Entrecroisent leurs branchages de sel.

Les vieux moulins, où la mousse blanche s’agrège,
Apparaissent, comme des pièges,
Tout à coup droits, sur une butte;
En bas, les toits et les auvents
Dans la bourrasque, à contre vent,
Depuis Novembre, luttent;
Tandis qu’infiniment la neige lourde et pleine
Choit, par la morne et longue et pauvre plaine.

Ainsi s’en va la neige au loin,
En chaque sente, en chaque coin,
Toujours la neige et son suaire,
La neige pâle et inféconde,
En folles loques vagabondes,
Par à travers l’hiver illimité monde
.

(Émile Verhaeren)

*toile de Vladimir Chelakov

Il neige sur Liège

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Il neige il neige sur Liège
Et la neige sur Liège pour neiger met des gants
Il neige il neige sur Liège
Croissant noir de la Meuse sur le front d’un clown blanc
Il est brisé le cri
Des heures et des oiseaux
Des enfants à cerceaux
Et du noir et du gris
Il neige il neige sur Liège
Que le fleuve traverse sans bruit

Il neige il neige sur Liège
Et tant tourne la neige entre le ciel et Liège
Qu’on ne sait plus s’il neige s’il neige sur Liège
Où si c’est Liège qui neige vers le ciel
Et la neige marie
Les amants débutants
Les amants promenant
Sur le carré blanchi
Il neige il neige sur Liège
Que le fleuve transporte sans bruit

Ce soir ce soir il neige sur mes rêves et sur Liège
Que le fleuve transperce sans bruit
.

(Jacques Brel)

*toile d’Ion Popescu Negreni

La neige (d’Anne Hébert)

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La neige nous met en rêve
sur de vastes plaines,
sans traces ni couleur

Veille mon cœur,
la neige nous met en selle
sur des coursiers d’écume

Sonne l’enfance couronnée,
la neige nous sacre en haute mer,
plein songe,
toutes voiles dehors

La neige nous met en magie,
blancheur étale,
plumes gonflées
où perce l’œil rouge de cet oiseau.

Mon cœur;
trait de feu sous des palmes de gel
file le sang qui s’émerveille
.

(Anne Hébert)

*toile de Sarah Joncas

Chanson pour les enfants l’hiver

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Dans la nuit de l’hiver
galope un grand homme blanc
c’est un bonhomme de neige
avec une pipe en bois
un grand bonhomme de neige
poursuivi par le froid
il arrive au village
voyant de la lumière
le voilà rassuré.

Dans une petite maison
il entre sans frapper
et pour se réchauffer
s’assoit sur le poêle rouge,
et d’un coup disparait
ne laissant que sa pipe
au milieu d’une flaque d’eau
ne laissant que sa pipe
et puis son vieux chapeau
.

(Jacques Prévert)

*toile de Lisa Schneider

C’est l’hiver!

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Ils sont dans les rues, ils s’apprêtent à partir, ils viennent de rentrer. Ce qu’on sait, c’est qu’ils sont habillés pour le froid, un froid glacial de février comme nous en connaissons un chez nous, un froid moins incisif pour ceux d’ailleurs. Ce sont les lecteurs et lectrices de ce dimanche, emmitouflés sous leurs bonnets, écharpe autour du cou, boutonnés jusqu’au col ou s’apprêtant à le faire. Comme les lectrices de Valeri Mashnitski.

Et pour nous faire sentir en hiver, même si nous rêvons du printemps à des degrés plus ou moins différents, quelques citations, poèmes et chansons accompagneront nos lecteurs et lectrices chaudement vêtus. Et rien ne vous empêche de vous préparer un bol de chocolat chaud!

Qu’à cela ne tienne!

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Comme le lecteur d’Ilya Yefimovich Repin vous venez de découvrir que ce samedi était consacré aux nouvelles débridées ou alors vous avez raté les dernières parce que vous étiez au lit? Qu’à cela ne tienne, ce n’est pas parce que nous voici dimanche que vous ne pouvez pas ajouter des commentaires, loin de là! Comme disait l’autre, « Où y a de la gêne, y a pas de plaisir! »

Sur les traces de Pessoa 13

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C’est au tour de la lectrice de Gene Gould de tourner les pages des Poèmes païens de Fernando Pessoa. Avec émotion. Il en est ainsi des mots qui ramènent à soi.

Sois donc ton propre maître
Sans pour autant fermer les yeux.
D’une main ferme serre
Dans la mortaise de ton toucher
Le monde qui t’entoure.
Contre ta paume percevant
Autre chose que ta paume.

De retour le 7 mars

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Le lecteur de l’artiste John Pascarelli peut se réjouir. La date des prochaines nouvelles débridées est annoncée dans le journal. Et celle-là est une vraie de vraie nouvelle et qui plus est, confirmée par l’équipe de rédaction du journal du pays de Lali.

Circulez, y a rien à voir!

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Scoop de dernière minute… Le supposé porte-parole de Pedro aurait été inventé par Inès elle-même qui ne dort pas depuis des siècles, attendant le réveil de son amoureux le 14 février 2009. Elle aurait inventé ce personnage de porte-parole pour que la foule se déplace ailleurs afin qu’elle puisse embrasser son amoureux en privé, loin des flashes et des paparazzis.

*toile de Joseph Holston

À paraître

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Devant la discordance des pénitences infligées par les prêtres aux paroissiens lors de confessions, le Vatican a réuni une équipe de spécialistes qui seront chargés d’écrire le Petit manuel du péché afin de normaliser les pénitences. Ainsi, plus besoin aux croyants d’aller dans un pays plus laxiste que le leur pour se confesser. Encore une preuve de la mondialisation…

*toile d’Emily Patrick