Commentaires récents
Admin:
Archives:
Le premier tome d’une saga

chudnovsky

Plus que quelques pages et la lectrice de Pavel Chudnovsky aura terminé ce roman qui la ravit. Elle a eu beau étirer, faire des pauses, lire le plus lentement possible, elle a tout même avalé goinfrement page après page.

Vivement la suite qui l’attend à la librairie.

Mais d’abord, profiter de ces dernières pages, savourer le café, caresser les chats, rêver. Vivre, quoi. Plus que quelques pages et une nuit pour imaginer la suite. Demain, elle ira chercher le deuxième tome de la saga.

La ballerine

aldo gaverini

Que lisent les ballerines ? On peut se poser la question en contemplant la lectrice d’Aldo Gaverini qui, avant que la leçon ou la répétition ne débute, ne se mêle pas aux autres, préférant son livre aux conversations. Lit-elle quelque chose sur la danse ou autre chose ? La seule chose qu’on sache, c’est que cette lecture la passionne, et cela sans aucun doute. Tout dans son corps penché sur le livre, dans ses doigts qui tournent les pages, dans ses yeux écarquillés, indique à quel point elle aura du mal à abandonner le livre qu’elle tient pour quelques pas de danse, malgré son amour tout aussi grand pour le ballet.

Pendant que les enfants dorment

susan macdowell eakins

Comme il fait bon de lire à cette heure où tout est tranquille. La lectrice de Susan Macdowell Eakins le sait, elle qui en profite avant que la marmaille ne soit debout. Elle n’aura alors plus une minute à elle entre les repas, les lessives, les devoirs, celui qu’il faut mener là, celle qui veut des tresses et l’autre qui est à la recherche d’un bouton de la robe de sa poupée et qui pleure qu’il soit perdu.

Mais les enfants dorment encore, elle peut jouir du calme, elle qui ne pourra toucher à son livre avant le lendemain matin, puisque le soir, après une telle agitation, elle s’endort sans être capable de lire.

Puissent-ils rester encore un peu plongés dans le sommeil afin qu’elle puisse se laisser porter par quelque aventure. Le plus longtemps possible.

La petite lectrice chez son grand-père

adelaide claxton

La petite lectrice d’Adelaide Claxton a tout pour me plaire, mais vraiment tout. Elle est assise dans une pièce qui tient lieu de bibliothèque, dans une pièce où il y a tant de livres qu’il y en a par terre et sur la chaise. Une bougie sert d’éclairage aux éléments importants, à savoir le visage de la lectrice et le livre.

J’imagine celle-ci chez son grand-père qu’elle vénère et qui a pour elle plus d’affection que pour n’importe lequel de ces petits-enfants qu’il trouve trop turbulents et irrespectueux envers ses livres, alors que sa petite liseuse chérie, comme il l’appelle peut-être, est la seule à être autorisée à entrer dans ce lieu qui est le sien. Le vieil homme qui, toute sa vie, a lu, a amassé des bouquins – des ramasse-poussière, disait son épouse -, a trouvé chez cette dévoreuse de livres sa descendance, celle qui sera la gardienne des livres.

Ce ne sont pas un spectre et un chat noir qui vont la déranger dans sa lecture, elle est bien trop absorbée pour ça. Et si quelqu’un entrait, ce ne pourrait être que son grand-père, sur la pointe des pieds, pour la regarder avec amour.

Doux réveil

hang nguyen

Alors qu’il est un peu plus de quatre heures du matin dans mon corps et une de plus à l’écran de l’ordi, jusqu’à ce que je me fasse à l’idée qu’on a perdu une heure au cours de la nuit et que je change les paramètres ici, je trouve un magnifique billet de Richard sur En Vrac et sans Trac.

Lui que j’aime beaucoup lire et que je vous invite à aller visiter a écrit quelque chose de très beau à mon intention. Je répondrai tout simplement en lui offrant ce lecteur de Hang Nguyen pour lui dire que les lecteurs sont bienvenus au pays des toiles de lectrices – de plus en plus nombreuses – de ce blog.

Ce n’est pas parce que je néglige les toiles représentant des lecteurs au profit de tableaux illustrant celles-ci qui ont tant inspiré que je n’espère pas avoir quelques lecteurs !

Puisse cette journée être belle pour vous tous. La mienne est déjà belle, grâce à ce billet de Richard. Peu importe ce qui pourra arriver au fil des heures.

L’amatrice de dessins

jacques palyart

Elle a quitté ses livres quelques heures. Peut-être lisait-elle la biographie d’un grand peintre, ce qui a attiré la lectrice amatrice de dessins peinte par Jacques Palyart chez un artiste afin d’examiner les droites, les couleurs, les arrondis, afin de bien s’imprégner de ce qu’est le travail d’un artiste avant de retourner à sa lecture. Tout ça dans le but d’apprécier davantage ce qu’elle lit.

Il n’est pas impossible de plus qu’après de nombreuses questions visant à saisir les différences entre les matériaux, les techniques et les outils, elle reparte avec un croquis. J’ai envie de le lui souhaiter.

Un blanc-coca pour rêver

peket

Parce que je veux croire que je vais partir et que je boirai du blanc-coca sur place dans trois mois et demi, je me suis servi un petit mélange bien wallon, à savoir du peket nature avec du coca.

J’étirais ma bouteille depuis mon retour en juillet 2005, mais ce soir j’avais trop envie de croire que je vais partir et je voulais ajouter du poids à cette foi en trinquant à celle-ci. Étonnant pour moi de me servir ainsi un verre d’alcool – dilué – alors que je suis seule. C’est ce que je me disais en regardant sur le comptoir une bouteille de vin ouverte il y a quatre semaines et que je n’ai pas touchée depuis.

Mais ce soir, je suis dans ma bulle, je rêve et j’écris et ce n’est pas un un blanc-coca qui va me faire perdre la tête. Ce sera différent le soir où j’irai à Liège à la Maison du Peket pour une dégustation de genièvre (l’autre nom du peket), car la carte en offre 250 différents, la plupart fruités. Ce soir-là, je risque de rentrer sur les rotules, mais bon je serai en vacances, si prétexte il faut!

Des notes, du rythme et du bonheur

scott cossu

Certaines musiques ressemblent à la douceur de vivre, à un coucher de soleil sur la mer, à la tendresse. C’est le cas de l’album Stained Glass Memories de Scott Cossu qui a tourné sur le lecteur toute la journée. Sans que je ne me lasse. Mélange de musique celtique, aux accents parfois folk, ce disque est souvent classé dans la section nouvel âge. Et pourtant, c’est tellement limiter cette musique en la répertoriant comme telle…

Car la musique de Scott Cossu, c’est la vie, c’est un world beat avec des racines universelles, avec un piano qui a des airs de ragtime et une guitare qui tire comme dans le blues dans Cajun Kitchen Blues. C’est aussi le vent du large qu’on entend dans certaines pièces comme It’s a wonderful life. Il n’y a que du bonheur ici. Des notes, du rythme et du bonheur.

De clarté et de noirceur

albert anker 1

albert anker 2

Qu’elle soit de noir vêtue et assise dans le noir ou en robe claire dans la clarté, la lectrice du peintre suisse Albert Anker reste aussi attentive. Elle est de cette race de lectrices qui ont toujours un livre sur elles. Et qui, dès qu’elles ont un peu de temps, peu importe le lieu, le sortent de leur sac ou de leur poche.

Lectrice avide, elle va ainsi de livre en livre, s’abreuvant à ces histoires qui la font voyager et percevoir une partie de ce qui constitue l’être humain avec tout ce qu’il comporte de constradictions. Et elle va ainsi de livre en livre, jamais rassasiée, dans le noir et dans la clarté, en robe noire noire et en robe claire.

Trente ans à écrire

joaquin mateo

J’avais quinze ans et j’écrivais des poèmes. Nuit et jour, jour et nuit. Lesquels je tapais ensuite à la machine dans un décor moins enchanteur que celui peint par Joaquin Mateo, mais qui dans mon esprit d’alors aurait été celui idéal pour l’écrivaine que je voulais devenir.

J’avais quinze ans et j’écrivais des poèmes pendant les cours de biologie, de chimie et de physique. Je passais mes journées à faire des rimes, à utiliser des mots savants que j’avais lus dans des livres. J’aimais particulièrement utiliser aux confins; je trouvais entre toutes cette image on ne peut plus poétique. Et dramatique, car c’est à cet âge-là qu’on l’est le plus.

J’avais quinze ans. C’était il y a trente ans. Et j’écrivais un poème qui s’appelait Adolescence retrouvée, comme si je l’avais perdue. Il m’arrive de sourire en relisant les textes de cette époque. Comme j’étais triste et mélancolique, comme je me réfugiais dans l’écriture parce que je me sentais incomprise. J’étais une adolescente, quoi !

Mais si je remonte ainsi dans le temps, c’est parce que je me rends compte que cette année signera un anniversaire. Mes premiers textes publiés auront trente ans dans quelques mois. Combien en ai-je écrits depuis? Je préfère ne pas compter. Entre les poèmes et les nouvelles publiés dans des magazines littéraires, les chroniques, les critiques dans d’autres revues, la pièce jouée et les deux romans pour enfants qui auront, eux, dix ans et tous les textes dans des cahiers, les débuts de roman, les poèmes qu’il faudra colliger un jour, les textes de chansons qui n’ont pas été chantés, les billets ici, ça fait bien de l’encre et du papier. Mais c’est peut-être aussi la preuve que pendant trente ans j’ai été vivante et que j’ai tenté de poursuivre ce rêve né de ce premier recueil collectif tiré à 700 exemplaires, dont il m’en reste deux seulement.

Du papier, des stylos, une machine à écrire même pas électrique et j’étais heureuse. Du papier, des stylos, un ordinateur et je suis toujours heureuse. J’écris.