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La bonne position pour lire

linda horvay

Je sais bien qu’il n’y a pas de position ou d’endroit pour lire. Je sais. Mais quand je vois une lectrice allongée comme celle de Linda Horvay, j’admets que cette position est très, très confortable pour lire. Et elle le sait sûrement, cette lectrice.

Je l’imagine même en avoir tenté plusieurs avant de se décider pour celle-ci, qui était la toute première en fait, celle qui lui était venue spontanément. Comme si elle avait besoin de s’assurer que c’était bien la bonne. D’ailleurs, ne faisons-nous tous pas la même chose ?

Une lecture qui fait rougir

alexis grimou

Que peut bien lire la jeune lectrice d’Alexis Grimou qui lui fait ainsi les joues rouges ? Serait-elle en train de lire en cachette le journal intime de sa grande sœur dans lequel elle relate son premier baiser avec détails ou le trouble dans lequel la jeune fille s’est trouvée plongée ? Peut-être même y a-t-il là des choses qu’elle ne peut tout simplement pas comprendre parce que ces mots-là ne font pas partie de son vocabulaire?

Je m’aventurerais quand même à dire qu’elle lit des choses qui ne sont pas de son âge et qu’il va y avoir une jolie scène le jour où elle mentionnera négligemment un détail qu’elle ne peut connaître que si elle a lu le journal de sa sœur.

Samedi soir de lectrice

emmanuelleboblet

Les pâtes sont à gratiner, les CD sont choisis ainsi que le livre. La lectrice d’Emmanuelle Boblet a tout prévu. Rien ne la détournera de son samedi soir organisé avec minutie. Pas un coup de fil, rien. La soirée est elle et elle a bien l’intention de la goûter jusqu’au bout, même si elle s’endort sur sa chaise, le livre à la main.

Une grande partie du bonheur a été dans les préparatifs, dans le menu. Et dans le livre qui allait lui servir de compagnon. Elle a hésité longuement entre un de ceux de la pile des livres à lire et un à tirer des rayons. Un livre qu’on a lu il y a longtemps et qui nous rappelle d’agréables moments a gagné sur la nouveauté.

Rue de Furstenberg

musee delacroix

Il faisait beau et chaud en cette première semaine de mars 1986 à Paris. Jasmine avait même mis les vêtements à sécher dehors sur son balcon du boulevard de la République, à Boulogne-Billancourt. Il faisait beau et nous nous promenions en t-shirt, apportant un pull au cas où. C’était l’été en plein mois de mars et je traînais dans Paris.

Un des bonheurs de cette escapade de dix jours a été la découverte du Musée Delacroix, rue de Furstenberg. Moins prisé que les musées plus imposants, moins publicisé aussi, on pourrait le rater si on ne voulait à tout pris y aller. Et j’en avais l’intention, surtout que le musée est au cœur du Quartier latin, là où je finis toujours par échouer.

Un escalier, dès le seuil franchi, mène au musée-atelier de l’artiste qui a peint Frédéric Chopin et George Sand, dont la liaison avait alimenté l’imaginaire romantique de l’adolescente que j’avais été.

chopin_delacroix

george sand

Pour le reste, je ne connaissais que très peu l’artiste en dehors du tableau La liberté guidant le peuple. J’allais donc découvrir. Et ce qu’on trouve au musée en dehors d’un décor d’un autre siècle, des objets qui faisaient le quotidien du peintre, ce sont avant tout des toiles ayant pour thème le Maroc qu’il avait visité en 1832. Une véritable découverte et une belle entrée pour vouloir connaître davantage le peintre.

À qui a envie d’autre chose que des files d’attente au Louvre ou ailleurs, voilà bien un lieu à voir. Pour découvrir un peintre. Et aussi parce qu’autour il y a suffisamment de terrasses et de cafés pour que cette expédition soit parfaite.

Les lectrices drapées

albert joseph moore 1

albert joseph moore 3

albert joseph moore 2

Qu’elles soient lectrices ou non, tous les personnages féminins du peintre Albert Joseph Moore ont en commun une tenue faite d’un drapé ou composée de l’addition de plusieurs.

Or, il y a quelque chose de sensuel et de terriblement attirant dans une telle tenue. Comme si les lectrices étaient prêtes à être déballées, je n’ose pas dire dédrapées – le mot n’existant pas, mais vous auriez tout de suite saisi. Oui, l’une comme l’autre sont une invitation à d’autres plaisirs bien moins chastes que celui de la lecture.

Pour Jeanne

geoghegan

C’est fou comme cette aquarelle de Diane Geoghegan me fait penser à Jeanne, une amie de maman décédée il y a deux ans. Blonde comme la lectrice, elle n’en avait que pour le bleu et poussait l’originalité jusqu’à s’habiller en bleu de la tête aux pieds pour se mêler à son décor. C’était son souci du détail à elle. Et surtout pas pour passer inaperçue, car Jeanne était sûrement une des plus femmes extraverties et alertes de 80 ans qu’il m’ait été donné de rencontrer dans ma vie. Secrétaire de juge, elle avait fait le tour du monde et avait des anecdotes sur tout, les gens, les lieux. Tous, nous pouvions l’écouter pendant des heures, tant elle savait raconter avec humour et tendresse sa vie et ceux et celles qui l’avaient accompagnée.

C’est à elle que je dédie cette toile qui lui ressemble. Je suis certaine qu’elle aurait aimé cette lectrice fondue au décor, prête à s’animer.

La lectrice de Robert Delaunay

delaunay 1

delaunay 2

Est-ce le peintre ou la modèle/lectrice qui a décrété que le tableau n’atteignait pas le résultat escompté et qu’il demandait d’être refait ? Qui des deux, Robert Delaunay ou elle, a décidé qu’une deuxième interprétation de la pose était nécessaire ?

J’imagine mal une lectrice se permettre d’affirmer qu’elle n’aime pas telle couleur. Elle critiquera bien davantage la perception qu’a eue l’artiste de ses formes, ne s’imaginant pas ainsi, puisqu’on se voit rarement de dos. C’est donc probablement Robert Delaunay lui-même qui a eu l’idée de refaire le tableau. Aucune femme qu’on a peinte, peu importe le résultat, ne se plaindra d’avoir inspiré un artiste.

Changement d’heure

wouter verrips

Est-ce l’heure qu’on avance cette nuit dans la majorité des provinces canadiennes pour nous coller à celle états-unienne qui me pousse ainsi vers l’été et vers cette toile de l’artiste néerlandais Wouter Verrips ?

Si j’ai bien compris la raison du changement d’heure, une bourse va ouvrir plus tôt ainsi et ce sera économiquement rentable pour tout le monde. Je vais aller au plus simple en ce qui me concerne. Une heure de plus dans le noir le matin pour écrire et une heure de plus le soir en pleine clarté. Tout ça avant que l’été n’arrive enfin et que je puisse, telle cette lectrice, aller m’asseoir dehors et profiter de la lumière. Car autant j’aime lire au petit matin alors que le jour entre tout doucement, autant j’aime lire le soir dans un fauteuil, à la bougie dans ma baignoire et en plein jour, dehors.

Et comme j’ai hâte de me retrouver épaules nues ainsi. De sentir le vent chaud les caresser tandis que je serai absorbée par un livre. Affaire à suivre.

L’album de photos

alain lacaze

Est-ce pour feuilleter un album de photos que la lectrice d’Alain Lacaze s’est réveillée en pleine nuit ? Et avec cette nécessité de voir une photo plus qu’une autre ?

J’aurais bien du mal si pareille urgence s’imposait à moi, sauf s’il s’agit de photos numériques prises depuis un an, car toutes les autres sont dans une énorme boîte et non pas dans des albums. Je n’ai jamais pu m’astreindre à cette tâche. Même si je sais que le résultat est un objet invitant bien plus agréable à faire voir que des photos qu’on sort d’enveloppes. Mais je ne l’ai pas fait. Et j’admire ceux qui le font, qui ont cette patience.

Mais quelle photo peut bien demander qu’on se lève dans la noirceur de la nuit pour la voir ?

Bientôt Huy ?

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(Photos de Daniel Durwael)

6000 km. Ce n’est pas vraiment le bout du monde. Mais trop loin pour aller y passer la soirée. Et pourtant, ce serait formidable de pouvoir dire à mes amis belges de me rejoindre à Huy pour une soirée. Qu’on va se retrouver sur la grand-place et qu’on va parler, parler jusqu’au matin. Qu’ils seront tous là.

Puis-je déjà y rêver alors qu’il est trop tôt pour poser les dates de mes vacances ? Puis-je me vraiment espérer être en Belgique fin juin pour l’anniversaire de Sébastien ? Puis-je espérer squatter le sofa de Carine à Andenne ? Puis-je déjà me projeter dans le temps et me dire que oui c’est possible ? Que je vais à nouveau me promener dans les rues de Huy avec Nathalie ? Que je vais voir Verviers avec Jocelyne ?

Tellement de choses se sont produites ces derniers dix-huit mois, des bonnes et des moins bonnes, que j’ai un peu de mal à voir si loin dans le temps. Alors qu’au fond trois mois et demi, c’est si court. Que ce sera vite passé.

Il me tarde de revoir Paris, de faire un crochet par la Champagne avant de retrouver ma Belgique tant aimée, parce qu’il y a tant de gens que j’aime dans ces trois endroits. Mais en même temps quelque chose me retient de trop rêver afin de ne pas être déçue. Je l’ai été suffisamment récemment pour ne pas me jeter à corps perdu dans ce projet de voyage. Et pourtant, comme j’aimerais déjà savoir la date à laquelle je pourrai partir. Comme je voudrais déjà être en mesure d’annoncer que j’arrive.